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Le DG Kavis Reed est sous « haute surveillance », dit le grand patron des Alouettes

Gros plan d'Andrew Wetenhall en point de presse

Les Alouettes n'ont pas participé aux éliminatoires depuis quatre ans.

Photo : La Presse canadienne

La Presse canadienne

Le grand patron des Alouettes, Andrew Wetenhall, est inquiet et insatisfait de son équipe, notamment de son directeur général Kavis Reed, qu'il critique sans détour après une autre saison de misère.

« Cette équipe n'a pas gagné sous Kavis au cours des deux dernières années. Je pense que l'expression "sous haute surveillance" s'appliquera dans son cas », a-t-il déclaré au cours d'un long entretien téléphonique qu'il a accordé à La Presse canadienne de ses bureaux de New York.

« À sa troisième saison en fonction, un directeur général a suffisamment d'éléments en place que l'on devrait voir des résultats », a-t-il ajouté.

Avec une fiche de 8-28 au cours des deux dernières campagnes, les opérations football ont failli à leur tâche.

« [L'objectif cette saison] était de participer aux éliminatoires [...] Si nous avions pu amasser sept ou huit victoires, ça aurait été le cas. Alors oui, les attentes l'an prochain, c'est de participer aux matchs éliminatoires. »

Ultimement, pas l'an prochain, mais dans un avenir raisonnable, il faudra avoir une équipe aspirant à gagner la Coupe Grey. Qu'elle gagne ou non, c'est secondaire. Mais elle doit être de calibre pour l'emporter.

Andrew Wetenhall

Le copropriétaire des Alouettes est aussi inquiet des liens effrités entre les Montréalais et son équipe.

« Je pense que nous nous sommes éloignés de la communauté, explique-t-il. Auparavant, peut-être que notre lien était plus fort en raison de notre fiche, car nous avons gagné tant de matchs. Mais nous n'avons pas offert de bonnes performances sur le terrain au cours des dernières années. Nous devons donc rebâtir ces deux aspects. C'est pourquoi nous nous impliquons de plus en plus dans la communauté afin de regagner son appui. Dans les deux cas, le travail est en cours.

« La vente de billets est en baisse. Ça a un réel impact sur notre organisation, avant tout financier. Nous investissons beaucoup dans cette équipe [...] Alors oui, nous sommes inquiets par ce manque d'appui. »

Tourner en rond

Andrew Wetenhall estime également que les baisses d'assistance ont une incidence sur le terrain.

Nous avons perdu l'avantage de jouer au stade Percival-Molson. C'était un endroit bruyant, intimidant, où il était difficile de jouer pour nos adversaires. Les gouverneurs des autres équipes nous ont dit que ce n'était plus le cas.

Andrew Wetenhall

À son avis, l'équipe se trouve dans un cercle vicieux.

« Comme nous sommes incapables de remplir nos gradins comme avant, ça fait en sorte qu'il est plus difficile d'attirer des joueurs dans notre marché, dit-il. Les foules sont importantes, car elles ont une incidence directe sur les finances du club. Elles ont aussi des implications compétitives. »

Entreprise déficitaire

Tout au long de cet entretien, Andrew Wetenhall a parlé des Alouettes comme d'une entreprise. C'est ce que l'équipe représente à ses yeux : un investissement, pas un passe-temps.

Pour la famille Wetenhall, l'objectif n'a jamais été d'engranger de fortes sommes avec l'équipe, mais l'opération doit avoir du sens d'un point de vue économique.

« Ça n'a jamais été une entreprise qui nous a fait faire de l'argent depuis que nous en sommes propriétaires. Nous avons fait d'importants investissements dans les premières années, mais aussi plus récemment au stade Percival-Molson avec l'aide de fonds publics. Chaque année ou presque, nous devons réinjecter de l'argent afin d'assumer les frais de l'équipe, lance-t-il.

« Nous n'avons été profitables que lorsque nous avons accueilli un match de la Coupe Grey [2008, NDLR], puisque l'équipe hôtesse obtient une part des profits générés par cet événement. »

Nous n'avons jamais fait d'argent avec cette équipe. C'est particulièrement vrai de nos jours. Nous perdons des sommes considérables dans cette aventure.

Andrew Wetenhall

« Oui, ça doit avoir du sens financièrement, poursuit M. Wettenhall. Mais je ne vous dirai pas à partir de quel point ça n'en a plus, car je ne veux pas donner de chiffres. Je dirai par contre que nous voulons ramener cette concession à un point où elle est viable. Cela signifie donc d'avoir beaucoup plus de gens dans les gradins que présentement. »

Les Wetenhall aiment toujours autant Montréal et les Alouettes. Ils demandent à leurs partisans un peu plus de patience.

« Montréal est un marché aussi exigeant que n'importe quel autre en ce qui concerne les victoires. Mais ce que j'aimerais, c'est que les Montréalais continuent d'encourager leurs équipes quand celles-ci sont en transition. C'est tout ce que nous demandons aux Montréalais », conclut-il.

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