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Après avoir fait tourner les têtes en Europe, Émile Legault se voit avec l'Impact

Le latéral droit de l'équipe canadienne de soccer, Émile Legault, s'adresse aux médias au tournoi de Toulon
Émile Legault, au tournoi de Toulon Photo: Soccer Canada
Radio-Canada

Contrairement à ce qui a été avancé par certains médias, Émile Legault n'a jamais signé de contrat avec le Celtic de Glasgow. Le défenseur latéral québécois est passé bien près, mais se retrouve aujourd'hui sans équipe. Et l'Impact de Montréal figure parmi ses premiers choix.

Un texte de Christine Roger

Émile Legault reste méconnu des amateurs de soccer québécois, mais il est probablement l’un des plus beaux espoirs au pays. Le latéral droit de 18 ans a quitté le Québec avec sa mère à 12 ans pour déménager en France. Rapidement, il a été repéré par le centre de formation d’Auxerre.

D’abord attaquant, il a su se démarquer grâce à son endurance et à sa puissance. En peu de temps, ses entraîneurs l’ont converti en milieu de terrain, puis en défenseur latéral.

Sa performance au Tournoi de Toulon, en juin dernier, a tout changé. Jamais il n’avait bénéficié d’une telle visibilité et, rapidement, des agents et des recruteurs ont démontré un intérêt.

Parmi eux, le prestigieux club écossais du Celtic de Glasgow. On lui a alors offert un essai de deux semaines. S’il répondait aux attentes, il obtiendrait un contrat professionnel et serait le latéral droit de l’équipe dans la Ligue de la jeunesse de l'UEFA.

« Toulon, c’est un tournoi U-21. J’avais 18 ans, j’ai bien fait, j’ai été titulaire à presque tous les matchs et j’étais solide. Je pense que c’est ce qui les a convaincus », explique à Radio-Canada Sports le joueur originaire de Saint-Lambert.

Émile Legault était bien conscient qu’une telle occasion ne risquait pas de se représenter de sitôt. Pendant son essai, il a notamment affronté l’équipe réserve de l’Olympique de Marseille et les joueurs U-19 de Manchester United. Il a suffisamment impressionné les dirigeants de l’équipe pour obtenir une offre de contrat.

« Simplement d’avoir une offre, je n’en revenais pas. C’est prestigieux quand même. C’est mon rêve depuis que je suis enfant. Mais quand ça n’a pas fonctionné, j’étais vraiment déçu et choqué », confie-t-il.

Mésentente

C’est finalement une mésentente entre son club de formation, Auxerre, et le Celtic qui aura fait avorter le tout. Glasgow réclamait une preuve écrite attestant que le joueur n’avait jamais reçu d’offre professionnelle, ce à quoi l’équipe française n’a pas consenti. Pourtant, jamais il n’avait été question d'un « statut » professionnel à Auxerre.

Certains médias écossais ont rapporté que l’entente ne s’était pas concrétisée en raison d’un problème de permis de travail. Émile Legault, qui a la double citoyenneté canadienne et française, assure que ce n’est pas vrai.

Le Québécois a été le premier surpris de voir l’ampleur qu'a prise l'histoire, surtout en Écosse. Il lisait qu’il avait signé un contrat de trois ans avec le Celtic, qu’il allait prendre part au prochain match. Il a bel et bien passé un mois en Écosse, mais jamais il n’a apposé sa signature sur le document.

Je n’avais même pas signé que, dans la rue, on me demandait de prendre des photos et de signer des autographes. C’est complètement fou le soccer là-bas.

Émile Legault

Il a ensuite tenté de retourner à Auxerre, où l’entraîneur et le directeur technique l’ont accueilli à bras ouverts. Mais, encore une fois, c’est sur le plan administratif que ça n’a pas fonctionné.

« Le président du club ne voulait pas que je revienne. Pour lui, ça ne se faisait pas d’aller en essai ailleurs, puis de revenir », explique-t-il.

Jouer avec l’Impact?

Émile Legault s’est toujours senti privilégié parce qu'il a un parcours hors du commun comme jeune joueur de soccer québécois. Mais pour la première fois, il a l’impression que la malchance s’acharne sur lui. Il est maintenant de retour au Québec et tente de se trouver une nouvelle équipe afin de poursuivre sa progression.

Il ne cache pas qu’il aimerait se joindre à l’Impact de Montréal. Ce serait pour lui le scénario idéal en ce moment.

En juillet dernier, Émile Legault s'est même entraîné une semaine avec les joueurs du Bleu-blanc-noir.

« Rémi Garde m’a dit qu’il était content de moi et qu’il voulait essayer de m’intégrer à l’effectif. Il avait envie de travailler avec moi. Mais il faisait face à des contraintes contractuelles. »

« J’ai beaucoup suivi Rémi Garde avec l’Olympique Lyonnais. Alors d’avoir de tels commentaires de sa part, j’ai trouvé ça très flatteur », ajoute-t-il.

Depuis la fin de son aventure européenne, les discussions ont repris avec l'état-major de l’équipe.

J'aimerais jouer à Montréal. Ça demeure un rêve. Jouer devant ma famille serait incroyable.

Émile Legault

Le défenseur n’a cependant aucune idée de ce que l’avenir lui réserve. Pour le moment, il veut s’offrir un maximum d’options afin de faire un choix éclairé. France, MLS, USL, CanPL : aucun scénario n’est écarté.

« Je veux aller à un endroit où je pourrai me développer, où je pourrai jouer, dit-il. Si je ne joue pas, ce n'est pas très bénéfique pour moi. »

La Coupe du monde de 2026

Émile Legault compte sur ses présences avec l’équipe canadienne U-20 pour gagner en visibilité. Il aurait pu décider de représenter la France sur la scène internationale, mais ça n’a jamais vraiment été une option pour lui.

Il aimerait jouer à Montréal et pour un grand club européen. Dans ses priorités, il y a aussi le Mondial de 2026, coorganisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique.

« Dès qu'il y a eu l'annonce, je me suis vu en 2026, à 26 ans, c'est quand même parfait. Et après ça, en plus, au Canada, devant ma famille, ce serait beau », conclut-il.

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