•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
chronique

Nouvelle formule éliminatoire : pourquoi est-ce trop compliqué pour les universités?

Des joueurs du Rouge et Or de l'Université Laval célèbrent un touché.
Des joueurs du Rouge et Or de l'Université Laval célèbrent un touché. Photo: U Sports
Martin Leclerc

BILLET - Samedi à Québec, le Rouge et Or de l'Université Laval et les Mustangs de l'Université Western ont disputé un match grandiose pour l'obtention de la Coupe Vanier. Un véritable délice pour les amateurs! Cependant, une fois la victoire de 34-20 de Laval concrétisée, la même bonne vieille question flottait dans l'air : pourquoi faut-il attendre jusqu'à la finale nationale avant d'assister à des matchs éliminatoires de qualité au football universitaire canadien?

Les entraîneurs des programmes de football de tout le pays se sont réunis à Québec dans les 48 heures précédant le match de la Coupe Vanier. Ils étaient là pour réfléchir sur l’implantation d’une nouvelle formule éliminatoire qui ferait en sorte que les quatre meilleures formations au Canada puissent participer aux demi-finales nationales. Mais incroyablement, ils ont quitté la Vieille Capitale sans parvenir à s’entendre.

La formule éliminatoire actuelle fait en sorte que les champions des quatre associations de U Sports (Ouest, Ontario, Québec et Atlantique) se qualifient automatiquement pour les demi-finales nationales. Cela fait en sorte que, la plupart du temps, les champions de l’Atlantique se font piétiner en demi-finale, alors qu’une équipe aspirant légitimement à la Coupe Vanier est écartée du carré d’as parce qu’elle s’est inclinée en finale québécoise.

Des demi-finales à sens unique ont aussi lieu entre l’Ouest et l’Ontario.

En demi-finale canadienne, il y a 10 jours, le Rouge et Or a écrasé les X-Men de l’Université St. Francis Xavier par la marque de 63-0. C’était gênant. Pendant ce temps, les Carabins de l’Université de Montréal, qui n’avaient accordé qu’un seul touché en trois matchs à l’unité offensive du Rouge et Or, étaient à la maison, éliminés de la course.

***

L’entraîneur en chef des Carabins, Danny Maciocia, est membre du comité de compétition du football U Sports. Même si le nouveau format éliminatoire n’a pas été décidé en fin de semaine, il pense que le dossier chemine bien et qu’une nouvelle formule serait en vigueur dès 2020.

« Nous avons échangé pendant cinq ou six heures et, pour la première fois en huit ans, j’ai senti qu’une certaine forme de pression s’était installée pour qu’on parvienne à une solution. Le statu quo n’est plus une option. Nous sommes rendus là », affirme-t-il.

Un rapport commandé par U Sports recommandait une nouvelle formule éliminatoire à six équipes (les quatre champions des associations plus deux équipes repêchées au pays). Mais cette proposition a été battue décisivement.

Quand les entraîneurs des quatre coins du pays se sont quittés vendredi dernier, plusieurs scénarios d’éliminatoires à huit équipes restaient sur la table à dessin.

« Il est clair dans mon esprit qu’un championnat devrait opposer les meilleures équipes entre elles. J’aimerais qu’on parvienne à mettre en place un système rassemblant les quatre ou les huit meilleures équipes.

« Parfois, les gens disent que la Coupe Dunsmore (la finale québécoise) est digne d’un match de la Coupe Vanier. Alors, je souhaiterais que Montréal puisse un jour affronter Laval en finale nationale. Ou que Western puisse jouer contre McMaster ou Laurier dans le match ultime. Bref, que les meilleures équipes puissent s’affronter. Ce n’est pas compliqué quand on le dit comme ça, mais ce n’est pas évident de déterminer comment se rendre jusque-là », explique Danny Maciocia.

Danny MaciociaDanny Maciocia Photo : Facebook/Carabins

***

On retrouve 27 équipes de football universitaires au pays. Toutes n’ont pas les mêmes moyens financiers et toutes n’accordent pas la même importance au football.

Au sein de certains établissements, l’équipe de football est une véritable locomotive, pour l’image notamment, alors que d’autres organisent des équipes par simple souci d’animation de la vie étudiante, sans réellement vouloir investir (entraîneurs et recrutement) pour gagner des matchs.

Les dirigeants des universités de l’Atlantique appartiennent au deuxième groupe. Ils ne s’en sont pas cachés en fin de semaine. Mais en même temps, ils exigent qu’on tienne compte de leur présence historique dans la confection du calendrier éliminatoire.

La question financière est extrêmement importante dans ce débat parce que le Canada est vaste et que les déplacements (avion, logement, nourriture) peuvent coûter jusqu’à 50 000 $ pour un seul match éliminatoire.

Ces disparités suscitent des frustrations qui, selon Maciocia, ont été amplement exprimées lors des rencontres des derniers jours.

« Au moins, les discussions ont lieu et nous échangeons des idées. Je pense que nous avons tous besoin d’approfondir un peu notre réflexion et de nous rencontrer à nouveau. Il faudrait que la prochaine rencontre prenne l’allure d’un mini-sommet auquel participeraient, cette fois, les directeurs sportifs. En tant qu’entraîneur en chef, je peux avoir une opinion sur ce qui serait bon pour le circuit. Mais est-ce qu’on a les moyens de le faire? C’est une autre question. »

Le football universitaire canadien, semble-t-il, restera dysfonctionnel pour au moins une autre saison. Et à compter de 2020, si tout se passe bien, on verra surgir quelque chose qui ressemblera davantage à un véritable championnat national.

Ce serait génial.

Football

Sports