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Les grands détours d’Antoine Gélinas-Beaulieu

Antoine Gélinas-Beaulieu lors des sélections nationales à Calgary

Antoine Gélinas-Beaulieu lors des sélections nationales à Calgary

Photo : Arno Hoogveld/Anneau olympique de Calgary

Radio-Canada

Patineur de vitesse au parcours et aux méthodes d'entraînement atypiques, Antoine Gélinas-Beaulieu est l'exemple même que ce n'est pas parce que l'on tourne toujours dans le même sens que l'on tourne nécessairement en rond. À 26 ans, il savoure sa première année dans la division A de la Coupe du monde de longue piste.

Un texte d’Olivier Paradis-Lemieux

Après une brillante carrière junior, particulièrement en courte piste, où il a été sacré vice-champion du monde au combiné en 2010, Antoine Gélinas-Beaulieu a disparu des radars à l’automne 2012. Une mononucléose combinée à un surentraînement l’a mené à prendre un peu de recul face au sport de haut niveau. Des voyages puis le désir d’entreprendre des études en cinéma ont ensuite fait que cette pause s’est étirée… quelques années.

La passion pour le patinage de vitesse ne l’a jamais quitté et l’athlète de Sherbrooke, qui s’entraîne à Québec, est revenu à la compétition il y a trois ans, cette fois en longue piste, sans toutefois se qualifier immédiatement pour l’équipe nationale. L’an dernier, ses performances aux sélections canadiennes lui permettaient d’intégrer l’équipe dans la division B, alors qu’il ratait de peu sa qualification olympique en janvier.

« L'an passé, c'a été une année vraiment phénoménale pour moi, même si je ne suis pas classé pour les Jeux olympiques. J'ai eu une grosse progression. J'ai amélioré tous mes records personnels. Quatre secondes au 1500 m, 12 secondes au 5000 m. C'était une année un peu surprenante pour moi. Juste d’être passé proche de participer aux Jeux, c'était une grosse réalisation », raconte le patineur depuis une chambre d’hôtel japonaise.

À sa première Coupe du monde cette saison, la semaine dernière à Obihiro, il a pris le 10e rang au 1000 m et le 12e au 1500 m, les deux distances pour lesquelles il s’est qualifié dans la plus haute division.

« C'est une première pour moi d’être dans le groupe A au 1000 m et au 1500 m [et de] courser contre les meilleurs. Je vais vraiment pouvoir voir ma progression au cours des prochaines années. C'est en se mesurant avec les meilleurs, et pas juste avec soi-même, qu'on peut s'améliorer. »

À Québec

Contrairement à nombre de ses coéquipiers de longue piste qui vivent et s’entraînent à l’année à Calgary, ou encore d’autres qui partagent la glace de l’équipe de courte piste à Montréal comme Alex Boisvert-Lacroix, Antoine Gélinas-Beaulieu continue de s’entraîner exclusivement à Québec, même après la fermeture de l’anneau de glace Gaétan-Boucher.

« C'est là que j'habite et je vais faire comme je fais durant l'été. C'est beaucoup de volume d'entraînement et des entraînements d'intensité, mais pas nécessairement sur la glace. Je touche la glace en Coupe du monde, c'est là que je pratique beaucoup ma technique, et aux sélections aussi à Calgary », révèle-t-il.

Ainsi, le régime d’entraînement de Gélinas-Beaulieu est loin d’être celui que l’on s’imagine pour un patineur de vitesse longue piste en pleine saison de compétition : vélo ou ski de fond, tout dépendant des conditions climatiques, course à pied et évidemment du courte piste. Mais même s’il a besoin des compétitions pour retrouver ses sensations sur la glace en longue piste, le patineur arrive à conserver l’état de forme nécessaire pour faire partie de l’élite canadienne et mondiale.

« Quand j'étais sur l'équipe nationale de courte piste, on s'entraînait deux fois par jour sur la glace, raconte-t-il. C'est beaucoup de vitesse, beaucoup d'endurance musculaire, faut être habitué à ce type de douleur qui ne peut pas se répéter ailleurs. Il n'y a pas une autre façon de répéter la douleur d'une course de courte piste.

« Mais en longue piste, je dirais qu'il y a des sports qui ressemblent plus à ça, observe Gélinas-Beaulieu. Je peux faire du roller blade l'été, je peux faire du vélo, beaucoup. Ça se ressemble énormément. C'est bâtir une forme générale, une forme musculaire, d'avoir de la distance, de l'endurance-vitesse, et tout le système cardiovasculaire. C'est plus complet comme entraînement. J'ai moins besoin de ne faire que ça. »

En quête d'un brevet complet

À sa deuxième saison avec l’équipe nationale de longue piste, Antoine Gélinas-Beaulieu n’a que la moitié du brevet d’un membre de l’équipe de développement. Le grand objectif de sa saison est justement que ses résultats sur les ovales lui permettent d’obtenir le brevet complet d’athlète.

« L'été, il faut que je jongle travail et entraînement, dit-il sans amertume. Je travaille dans un restaurant tout l'été. Je vais à l'école aussi durant la saison. Je fais quatre cours à l'université pour avoir accès à des bourses, ce qui me permet de concentrer mon énergie sur mon sport. D'avoir cette sécurité, ce brevet complet, ça me donnerait plus de liberté, je n'aurais plus besoin de travailler l'été ou d'avoir des cours. »

Antoine Gélinas-Beaulieu insiste sur le fait que son horaire, fort chargé, ne bloque pas sa progression, comme en font foi ses résultats récents, mais il est conscient qu’il peut avoir « des effets sur la récupération et sur le volume d'entraînement ».

« Dans l'idéal, dans un an ou deux, ce serait de pouvoir me concentrer à 100 % sur le patin en prévision des Jeux olympiques », conclut le patineur qui participe ce week-end à sa deuxième Coupe du monde de la saison, à Tomakomai, au Japon.

Radio-Canada Sports présente en webdiffusion la Coupe du monde de Tomakomai, au Japon. Cliquez ici pour le détail de calendrier de diffusions.

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