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Chronique

La tête haute et avec le sourire, Erik

Erik Guay exhibe sa médaille d'or de la descente des Championnats du monde de 2011.

Erik Guay exhibe sa médaille d'or de la descente des Championnats du monde de 2011.

Photo : Getty Images / Clive Mason

Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

BILLET - Est-ce que le reste du Canada peut m'entendre, please? Erik Guay est le plus grand skieur de l'histoire canadienne! Je suis pas mal sûr qu'il suivra les traces des deux autres candidats pour ce titre, Steve Podborski et Ken Read, en devenant un leader qui saura inspirer et influencer au-delà de son sport.

Au fil des années, Erik est devenu plus qu’un athlète avec qui je travaille. J’ai eu la chance de faire quelques voyages de ski avec lui et chaque fois, il m’impressionnait par son désir d’apprendre et de comprendre. Ce n’est pas pour rien qu’il est devenu un si grand champion. Il demandait toujours le fameux « pourquoi » à ses entraîneurs.

Erik, ce n’est pas un pion. Il ne fait rien pour rien. Il doit savoir, comprendre et croire au « pourquoi ».

Il n’est pas du genre à crier haut et fort s’il n’est pas content de quelque chose. D’abord, il va tenter de comprendre et, ensuite, il passera à l’action. Voilà pourquoi son analyse des parcours a été sa plus grande force. Ajoutez à cela de bonnes sensations sur les skis et vous aviez l’athlète le plus précis du circuit.

Ce désir de perfection lui a sûrement coûté quelques médailles. Mais si l'on prend du recul et que l’on regarde sa carrière dans son ensemble, force est de constater que son approche était la bonne. Oui, un Jan Hudec a pu se faufiler sur un podium olympique de façon spectaculaire avec le bronze à Sotchi. Mais s’il faut choisir la meilleure carrière entre la sienne et celle d’Erik, le choix est facile.

Les gens font des Jeux olympiques une obsession. En ski alpin, il y a plus que ça. Il y a un circuit de Coupe du monde extrêmement relevé, qui ne fait de cadeau à personne, avec une riche histoire. Pour nous, Canadiens, c’est difficile de comprendre que de gagner à Kitzbühel est aussi important que de gagner aux Olympiques.

La descente masculine est la discipline la plus imprévisible des Jeux d’hiver. La différence entre le premier et le trentième reste très mince. C’est aussi la discipline la plus touchée par des changements (aussi légers soient-ils) dans les conditions environnantes, comme un coup de vent ou une ombre (oui une simple ombre mal placée) au bon ou au mauvais moment.

Le succès dépend de bien d’autres facteurs, comme de la technologie des skis et du hasard de l’ordre de départ, qui peuvent faire la différence entre la victoire et la défaite. Bref, vous comprenez maintenant pourquoi une médaille olympique en ski alpin n’est pas une fin en soi et ne doit pas, à elle seule, déterminer la valeur d’une carrière.

Voilà pourquoi mon seul « conseil d’ami » à Erik avant l’annonce de sa retraite a été de lui dire de parler aux médias et aux gens de façon très positive avec la tête bien haute, surtout lorsqu’on allait inévitablement lui demander s’il avait des regrets pour ce qui est des Olympiques.

Les vrais champions en ski alpin, ceux dont on se souvient le plus, ne sont pas les héros d’un jour. Ce sont les champions de multiples Coupes du monde, les vainqueurs de plusieurs grandes courses et de Championnats du monde.

Un modèle

J’aimerais maintenant vous parler de l’homme, du leader tranquille qu’est Erik Guay.

Comme je le disais plus haut, Erik est un penseur, un gars qui mène et inspire avec ses actions. Partout où il passe, il laisse sa marque par sa simple, mais sincère, présence. Je le vois encore prendre le temps de parler à un jeune skieur à Tremblant, alors que je savais très bien à quel point il était pressé. Cette présence-là, on la sent partout, même au gym, où il prenait toujours le temps d’encourager les autres clients au passage.

Il était un peu le Jean Béliveau du ski alpin canadien.

Souvent, Erik me demandait ce que je ferais dans telle ou telle situation et ce que je ferais pour changer la structure du ski alpin au Canada. Son sport lui tient à cœur et je pouvais sentir son désir de changer les choses.

Le matin de l’annonce de sa retraite, Erik termine notre échange de messages textes en disant : « Merci Dom pour tout ton support et ce que tu fais pour le sport, il faut plus de gens comme toi. » Et moi de lui répondre : « Quelque chose me dit qu’aujourd’hui il y en a un de plus dans ce groupe ;-). »

Bravo pour tout ce que tu as accompli et pour l’homme et le père que tu es!

Dominick Gauthier et Erik GuayAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dominick Gauthier et Erik Guay

Photo : Dominick Gauthier

Dominick Gauthier a participé aux Jeux olympiques de Nagano, en 1998, en ski acrobatique (bosses). Il est cofondateur de la fondation B2dix.

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