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Erik Guay annonce sa retraite

Erik Guay avec sa médaille d'or du super-G.

Erik Guay avec sa médaille d'or du super-G aux mondiaux 2017

Photo : La Presse canadienne / Gian Ehrenzeller/AP Photo

Radio-Canada

Après 25 podiums en Coupe du monde et 2 titres de champions du monde, le skieur alpin le plus décoré de l'histoire canadienne prend sa retraite à 37 ans. Erik Guay en a fait l'annonce jeudi, à Lake Louise, 24 heures après que son coéquipier Manuel Osborne-Paradis s'est fracturé une jambe à l'entraînement.

Un texte d'Olivier Paradis-Lemieux

« Ç’a été une décision qui n’a pas été facile. Ça fait longtemps que j’y pense. Mais tout récemment, avec les blessures de mes coéquipiers, j’ai décidé de prendre ma retraite. Après avoir discuté avec mon épouse, mon frère, mes collègues et mes entraîneurs, j’ai décidé que le cœur n’était plus à la bonne place, alors c’était le temps de passer à autre chose. »

« Ça s’est passé quand même assez rapidement, parce que ça ne fait que quelques heures que j’en ai parlé avec mon équipe. C’est une décision très personnelle, je l’avais déjà prise, mais je l’ai expliquée à mes entraîneurs et à mes proches », a-t-il raconté à Radio-Canada Sports.

En janvier dernier, des blessures récurrentes au dos l’avaient forcé à renoncer à participer à ses quatrièmes Jeux olympiques, à quelques jours de l’ouverture de ceux de Pyeongchang. Il abandonnait son rêve d’ajouter la médaille olympique qui manquait à son palmarès après être passé tout près trois fois (4e à Turin en 2006, deux fois 5e à Vancouver en 2010).

Entrevue avec Erik Guay

Déjà, il était certain qu’il ne se rendrait pas jusqu’aux Jeux de Pékin en 2022. Mais Guay avait décidé de disputer une 16e saison sur le circuit de la Coupe du monde afin de défendre son titre de champion du monde du super-G, acquis en 2017 à Saint-Moritz, 6 ans après celui de descente gagné à Garmisch-Partenkirchen.

Il a participé mercredi à la première de trois descentes d'entraînement de la Coupe du monde de Lake Louise, qui ouvre la saison 2018-2019. Mais après avoir vu Osborne-Paradis être évacué par hélicoptère après une violente chute, il a pris le 69e rang à 4 secondes du meneur.

« Tout ce à quoi je pensais dans le portillon, c’était à Manny, a relaté Guay en conférence de presse. J’étais derrière la ligne de départ et j’étais incapable d’avoir la concentration nécessaire et j’ai su que c’était le temps. »

J’ai probablement pris la décision de prendre ma retraite dans le portillon. Quand Manny a chuté, je me suis dit que je devrais peut-être prendre le télésiège et redescendre la montagne. Ça m’a tout pris pour faire la descente.

Erik Guay

Une semaine plus tôt, la saison d'un autre de ses coéquipiers, Broderick Thompson, a pris fin en raison d'une blessure à un genou survenue à l'entraînement à Nakiska, là où le Français David Poisson a perdu la vie il y a un an.

C’est un sport à haut risque, je le sais. J’accepte ces risques quand je compétitionne pour des podiums. Mais en ce moment, mon ski n’est pas au niveau pour atteindre le podium. Je trouve que les risques ne valent pas les récompenses en ce moment. Alors, c’est le temps de passer à autre chose.

Erik Guay

Le skieur de Mont-Tremblant avait demandé encore six mois de patience aux femmes de sa vie, sa femme Karen et ses filles Maude, Marlo, Leni et Logann. Elles n’auront finalement pas à attendre un peu plus pour qu’il raccroche définitivement ses skis. Mais avant, il prendra part au super-G de Lake Louise, dimanche, qui prendra la forme d'un dernier tour d'honneur.

« C’est drôle. La première fois que je suis monté sur le podium, c’est en 2003, ici, à Lake Louise. Et je pense que c’est une bonne place pour prendre ma retraite. J’ai passé tellement de jours ici en ski. Je connais très bien les ouvreurs de piste, ceux qui travaillent sur la piste. Et je pense que c’est la bonne place pour dire au revoir à un sport que j’ai toujours aimé [...] Je pense que je vais faire le super-G pour rendre hommage aux bénévoles, remercier les amateurs et mes entraîneurs pendant la descente », a-t-il ajouté.

Même s'il n'a jamais mis la main sur une médaille olympique, le double champion du monde et quintuple vainqueur en Coupe du monde affirme ne pas avoir de regrets.

J’ai été très choyé de pouvoir voyager à travers le monde, j’ai eu beaucoup de succès en ski. En ce moment, je suis en santé, j’ai une belle famille à la maison. Je n’ai vraiment pas de regrets.

Erik Guay

« Je vais toujours avoir de très beaux souvenirs en ski. À Garmisch, la première fois que je suis monté en haut d'un podium [en 2007]. Le globe de cristal que j’ai remporté [en 2009-2010], les Championnats du monde à Garmisch [en 2011], les Championnats du monde à Saint-Moritz [en 2017]. J’ai tellement de beaux souvenirs et je pense que ça va me rester longtemps », a conclu le nouveau retraité de la compétition.

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