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chronique

Une Ligue canadienne pas si canadienne

Le drapeau canadien en reflet sur la coupe Grey

Le drapeau canadien en reflet sur la coupe Grey

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Jean St-Onge

BILLET - On l'appelle la Ligue canadienne de football, mais au cours des 40 dernières saisons, un seul Canadien a été choisi joueur par excellence. Il s'agit de Jon Cornish, des Stampeders de Calgary, en 2013.

Au cours de la même période, les très américaines ligues majeures de baseball ont eu plus de joueurs par excellence canadiens avec Larry Walker (1997), Justin Morneau (2006) et Joey Votto (2010).

Cette année encore, le titre de meilleur joueur de football canadien est allé un Américain, Bo Levi Mitchell.

L’arrivée de deux nouvelles ligues de football professionnel aux États-Unis pourrait avoir un effet positif sur les footballeurs canadiens en leur faisant de la place sur le terrain.

Si plusieurs Américains décident de rester chez eux, les équipes de la LCF pourraient devoir utiliser plus de joueurs canadiens à des postes de partants en attaque et en défense, plutôt que de les confiner aux unités spéciales comme c’est le cas en ce moment.

Il faut dire que plusieurs décideurs de la Ligue canadienne sont Américains et certains ont encore des préjugés envers les footballeurs canadiens.

Sept des neuf directeurs généraux et sept des neuf entraîneurs-chefs sont originaires du pays de Donald Trump.

Porte ouverte aux footballeurs québécois

Le football québécois a connu un essor exceptionnel avec l’arrivée des universités francophones dans le circuit canadien.

Au cours des cinq dernières années, 69 joueurs du RSEQ ont été repêchés.

Cette année, même si une soixantaine de joueurs des universités québécoises ont signé des contrats dans la LCF, à peine une dizaine d'entre eux peuvent être considérés comme des partants.

Sans surprise, c’est à Ottawa, sous la gouverne du directeur général franco-ontarien Marcel Desjardins, que l’on retrouve le plus de joueurs du RSEQ avec 10.

Quatre anciens joueurs du circuit québécois ont été partants avec le Rouge et Noir pendant la majeure partie de la saison : Jean-Christophe Beaulieu, Julian Feoli-Gudino, Jason Lauzon-Séguin et Antoine Pruneau.

Jean-Christophe Beaulieu a capté 22 passes, un sommet pour lui, et il a marqué un touché contre les Alouettes.

Du côté des Alouettes, il y avait autant de joueurs québécois, mais plusieurs ont développé leur football à l’extérieur de la province, comme Jesse Joseph, Martin Bédard et Jean-Gabriel Poulin.

Martin BédardAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Martin Bédard

Photo : Alouettes de Montréal / Dominick Gravel

Le vétéran Cory Watson, des Lions de la Colombie-Britannique, a de nouveau été le joueur québécois le plus utilisé en attaque. L’ancien des Stingers de Concordia a capté 38 passes pour 406 verges et 3 touchés. Les Lions étaient dirigés par Wally Buono, un des deux entraîneurs-chefs canadiens.

Plusieurs joueurs issus des universités québécoises ont trouvé le moyen de s’illustrer sans être considérés comme partants.

La révélation de l’année a peut-être été le polyvalent Sean Thomas Erlington, des Tiger-Cats de Hamilton. L’ancien demi offensif des Carabins a porté le ballon 34 fois, a capté 7 passes et retourné 15 bottés d’envoi, en plus de marquer un touché en récupérant un botté bloqué contre les Alouettes, naturellement...

Sean Thomas-ErlingtonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sean Thomas-Erlington

Photo : Tiger-Cats de Hamilton

En Saskatchewan, Alexandre Gagné et Alexandre Chevrier ont été des leaders sur les unités spéciales. Gagné a mené l’équipe avec 22 plaqués et son ancien coéquipier du Vert & Or a également bien réussi avec 14.

Les Canadiens sont là

S’ils n’y étaient pas obligés, pensez-vous que les décideurs américains utiliseraient beaucoup de joueurs canadiens?

Les équipes de la Ligue canadienne doivent avoir 21 joueurs nationaux en uniforme à chaque match, pour un total de 189 dans la ligue. L’ennui, c’est que seulement sept Canadiens par équipe doivent être partants en attaque ou en défense.

La plupart des équipes vont avoir huit partants nationaux, mais pas nécessairement parce qu’ils les trouvent bons.

C’est essentiellement parce que ça leur donne un petit coussin en cas de blessure.

Si un de vos joueurs canadiens est blessé, il peut être remplacé par n’importe qui. Si vous avez le nombre minimal en uniforme, vous devez remplacer le blessé canadien par un Canadien, qui n’est pas toujours le premier choix de l’entraîneur.

Les quarts ne sont pas inclus dans le ratio des joueurs nationaux et internationaux.

Les quarts sont apatrides dans la LCF. Il n’y a donc aucun avantage à avoir un quart canadien en uniforme. Il ne compterait même pas comme l'un des 21 joueurs nationaux en uniforme.

En 2018, il y a eu en moyenne 72 partants nationaux. Mais, de ce nombre, plusieurs n’ont de Canadien que le passeport.

Alex Singleton des Stampeders montre sa joie après avoir réussi un plaqué lors d'un match face aux Argonauts de Toronto.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le secondeur Alex Singleton est le représentant des Stampeders pour trois des six honneurs individuels de la LCF.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Le secondeur Alex Singleton, des Stampeders de Calgary, qui a mené la ligue pour les plaqués, a été recruté par le Rouge et Noir d’Ottawa comme joueur américain à l’Université Montana State. Comme sa mère est née à Toronto et possède un passeport canadien, Singleton a pu obtenir sa citoyenneté canadienne à temps pour être admissible au repêchage et le Rouge et Noir l’a perdu au profit des Stampeders, qui l’ont repêché au 6e rang.

Vous souvenez-vous de Ben Cahoon, qui a longtemps été le receveur le plus fiable des Alouettes? Il a passé une partie de son enfance en Alberta. Même s’il a joué tout son football amateur aux États-Unis, il était considéré comme un joueur canadien.

En venant s’ajouter aux Canadiens d’ici comme Éric Lapointe, Bruno Heppell, Pat Woodcock, et Sylvain Girard. Cahoon a permis aux Alouettes de gagner leur première Coupe Grey en 25 ans.

Les Alouettes de 2018 ont eu la chance de pouvoir compter sur d’excellents Canadiens à des positions non traditionnelles pour les joueurs nationaux, comme les secondeurs Henoc Muamba et Chris Ackie, en plus du demi de coin Tevaughn Campbell.

Hénoc Muamba, dans la pénombre, regarde la caméra.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Hénoc Muamba, des Alouettes de Montréal

Photo : Radio-Canada / Alain Decarie

Malheureusement, ils ont laissé partir Ackie à la date limite des échanges, après avoir aussi cédé ses compatriotes Patrick Lavoie et Phillip Blake.

Le noyau canadien des Moineaux devra donc à nouveau être rebâti au cours de la saison hivernale.

On a longtemps dit que l’équipe qui possède les meilleurs joueurs canadiens devient automatiquement un aspirant à la Coupe Grey. Les Stampeders de Calgary et le Rouge et Noir d’Ottawa en sont de beaux exemples.

Les Stampeders comptent sur Alex Singleton au centre de leur défense et le meilleur receveur de passes du Rouge et Noir est Brad Sinopoli, des joueurs que toutes les équipes de la LCF apprécieraient, sans égard à leur passeport.

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