•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
chronique

Congédiements dans la LNH : les têtes roulent et la confiance ne règne pas

Dans le sens horaire, en partant d'en haut à gauche : Mike Yeo, Joel Quenneville, John Stevens et Todd McLellan, les quatre entraîneurs congédiés jusqu'ici cette saison dans la LNH.
De gauche à droite et de haut en bas: Mike Yeo, Joel Quenneville, John Stevens et Todd McLellan, les quatre entraîneurs congédiés jusqu'ici cette saison dans la LNH. Photo: Getty Images et Associated Press
Martin Leclerc

Après une saison marquée par une sécurité d'emploi sans précédent – aucun entraîneur n'avait été congédié au cours du calendrier 2017-2018, une première depuis l'expansion de 1967 –, il fallait bien s'attendre à voir les DG ressortir leur guillotine du placard.

Les entraîneurs tombent comme des mouches ces temps-ci dans la LNH.

John Stevens (Los Angeles) et Joel Quenneville (Chicago) avaient été relevés de leurs fonctions début novembre, après seulement une quinzaine de matchs. Et voilà que mardi, en l’espace de 12 heures, les Blues de Saint Louis ont montré la porte à Mike Yeo et les Oilers d’Edmonton ont mis fin à leur association avec Todd McLellan.

Même si à peine le quart du calendrier est franchi, les statistiques montrent que 80 % des places dans les séries éliminatoires sont déjà cristallisées à l'Action de grâces américaine. Pour le suspense, on repassera! Les points bonis distribués aux équipes en cas de défaite en prolongation servent uniquement à faire illusion et à entretenir l’espoir jusqu’au mois d’avril chez le plus grand nombre possible de partisans.

Or, nos voisins du sud mangeront de la dinde et célébreront leur Action de grâces jeudi. Ce n’est donc pas un hasard si Yeo et McLellan n’ont pas eu droit à plus de clémence de la part de leurs patrons.

***

Sans expliquer en détail les déboires particuliers des Kings, des Blackhawks, des Blues et des Oilers, il est utile de rappeler que peu importe le nombre de Coupes Stanley remportées dans le passé, ce n’est jamais une bonne nouvelle quand le noyau d’une équipe vieillit.

Avec un âge moyen de 29,5 ans, les Kings forment la plus vieille équipe de la LNH. Et les Blackhawks, dont tous les piliers sont trentenaires, viennent au 7e rang à ce chapitre. Pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué, les Penguins de Pittsburgh forment la deuxième équipe pour l'âge et occupent le dernier rang dans l’Est. Leur entraîneur, Mike Sullivan, est aussi en danger.

Par ailleurs, le vieil adage selon lequel les bons gardiens font les bons entraîneurs fonctionne aussi dans le sens inverse.

Les Blackhawks ont commencé la saison sans leur gardien numéro un Corey Crawford et, en l’absence de ce dernier, le vétéran Cam Ward a maintenu un taux d’efficacité de ,891. Les Kings, qui ont très peu de ressources en attaque, ont commencé la saison avec leur numéro un, Jonathan Quick, qui a perdu ses quatre départs (,845) avant d'être blessé. À Saint Louis, Jake Allen (,895) s’est encore affaissé, tandis qu’à Edmonton, Cam Talbot n’a pu offrir mieux qu’un taux de ,888, ce qui a fini par lui coûter son poste.

***

Quand une équipe ne gagne pas, l’entraîneur en paie généralement le prix. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

Dans les quatre cas qui nous occupent, par contre, on note une tendance intéressante. Ce qui ressort le plus des congédiements de Stevens, Quenneville, Yeo et McLellan, c’est le statut précaire dans lequel se retrouvent leurs remplaçants.

Avant la fin des camps d’entraînement, un cadre supérieur d’une organisation de la LNH m’avait prédit que l’âge d’or que traversaient les entraîneurs de la LNH tirait à sa fin.

« Regarde ce qui s’est produit la saison dernière : les six entraîneurs les mieux payés de la ligue (Mike Babcock, Joel Quenneville, Claude Julien, Alain Vigneault, Todd McLellan et Bruce Boudreau) ont soit raté les séries, soit été incapables de franchir un seul tour éliminatoire. Et pendant ce temps, des entraîneurs moins coûteux comme Bruce Cassidy, John Hynes ou Jared Bednar ont dépassé les attentes pour une fraction du prix. Il y aura éventuellement un retour du balancier », arguait mon interlocuteur.

Le balancier a désormais frappé trois des entraîneurs apparaissant sur la liste des mieux rémunérés.

Et le balancier fait en sorte que les Kings (Willie Desjardins), les Blues (Craig Berube) et les Oilers (Ken Hitchcock) ont tous procédé à des nominations intérimaires. Comme témoignages de confiance, on a déjà vu mieux!

Quant aux Blackhawks, ils ont choisi de remplacer l’un des meilleurs entraîneurs de l’histoire de la LNH (Quenneville) par Jeremy Colliton. Ce dernier a seulement 33 ans et compte une seule saison d’expérience derrière le banc d’une équipe de la Ligue américaine. On s'accorde sur le fait qu’il ne sera ni coûteux ni difficile de remplacer Colliton s’il ne fait pas le travail d’ici la fin du calendrier. Cet engagement prudent permettra par ailleurs de digérer le contrat de Quenneville, à qui l’on doit encore plus d’une saison et demie de salaire, soit plus de 9 millions de dollars.

***

Il sera par ailleurs très intéressant de voir si ces quatre congédiements/embauches rapporteront de réels dividendes. Les DG concernés eux-mêmes n’en semblent pas convaincus.

Depuis que Jeremy Colliton a pris les commandes des Blackhawks, cette équipe présente une fiche de ,500 (2-2-2), identique au rythme qu’elle maintenait avec Quenneville (6-6-3).

Dans le cas des Kings, ils présentent une fiche de 3-4 depuis que Willie Desjardins est aux commandes. C’était 4-8-1 avant son arrivée. Le nouvel entraîneur a raffermi la défense, mais l’attaque (dernière dans la LNH lors du renvoi de Stevens) a encore plus régressé.

Souhaitons par ailleurs bonne chance à Craig Berube et à Ken Hitchcock qui n’ont qu’une soixantaine de matchs pour redresser des situations peu commodes. Ils peuvent déjà apercevoir au-dessus de leur tête la même épée de Damoclès qui a fauché leur prédécesseur.

Hockey

Sports