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Commotions cérébrales : Bernie Nicholls encore inquiet après l'entente avec la LNH

Il la soulève au-dessus de sa tête.
Bernie Nicholls avec la coupe Stanley en 2012 Photo: Getty Images / Bruce Bennett

L'ancien joueur vedette de la Ligue nationale de hockey (LNH) Bernie Nicholls affirme qu'il souffre toujours d'étourdissements et de pertes de mémoire causés par les commotions cérébrales.

Au cours de sa carrière, il a réalisé plusieurs exploits inoubliables, comme inscrire 70 buts en une saison, remporter la Coupe Stanley et participer trois fois au match des étoiles. Mais aujourd’hui, ce sont pour les petites choses de la vie que sa mémoire refuse de coopérer. Et ça l’effraie.

Que ce soit les numéros de téléphone, les adresses, les moments importants passés avec ses parents et ses amis. Parfois, il oublie même le nom de ses anciens coéquipiers.

Maintenant âgé de 57 ans, Nicholls est persuadé que ses pertes de mémoire n’ont rien à voir avec la vieillesse. Il jette plutôt le blâme sur les coups à la tête qu’il a reçus au cours de ses 18 saisons dans la LNH, de 1981 à 1999.

« Je suis certain d’avoir au moins subi une demi-douzaine de commotions cérébrales, mais aucune n’a été diagnostiquée », soutient celui qui a aussi souffert d’étourdissements et de maux de tête au cours de sa carrière.

Je ne pense pas que le cerveau des joueurs intéressait qui que ce soit à l’époque.

Bernie Nicholls

Il fait partie d’un groupe de plus de 300 anciens joueurs qui ont intenté une poursuite en justice contre la LNH pour sa négligence concernant le traitement des commotions cérébrales. La semaine dernière, la LNH annonçait une entente à l’amiable. La cause a pris forme lorsqu’il a été démontré que les commotions cérébrales avaient endommagé le cerveau de plusieurs anciens joueurs décédés.

L’entente monétaire de près de 9 millions de dollars américains, qui doit être entérinée par toutes les parties, n’est pas une reconnaissance de responsabilité aux yeux de la LNH.

Dans une cause similaire qui l’opposait à ses joueurs, la NFL avait consenti une somme de 1 milliard de dollars américains.

Nicholls est toutefois heureux que cette bataille tire à sa fin.

Les gars qui ont besoin d’aide pourront maintenant l’obtenir et c’est tout ce qui compte pour moi.

Bernie Nicholls

Des symptômes qui n’en finissent plus

La façon dont la Ligue a refusé de reconnaître les dangers des coups à la tête a convaincu Nicholls de la pertinence de la poursuite.

Au cours d’un match contre les Flames de Calgary, il se souvient que ses entraîneurs avaient reconnu qu’un coup de coude lui avait fracturé la mâchoire.

Ils pouvaient très bien conclure que j’avais subi une commotion, mais ils ne s’en préoccupaient pas. Ils m’ont demandé si je pouvais continuer à jouer. Je leur ai dit que je pouvais et j’ai repris le match.

Bernie Nicholls
Il est en action sur la glace.Bernie Nicholls avec les Sharks de San José Photo : Getty Images / Glenn Cratty

Deux présences plus tard, il a reçu une mise en échec qui l’a envoyé tête première dans la bande.

« Je suis presque certain que je venais de subir deux commotions cérébrales en 10 minutes, raconte-t-il. Ils ne nous ont jamais vraiment protégés quand les gars subissaient des coups à la tête. »

Il soutient qu’il n’a jamais été soigné pour une commotion ni pendant sa carrière ni après. Même s’il juge ses symptômes mineurs en comparaison avec ceux d’autres anciens joueurs, il éprouve beaucoup de frustration quand il oublie une simple liste d’épicerie.

C’est épeurant quand tu te mets à penser qu’il y a quelque chose qui cloche là-haut.

Bernie Nicholls

« On ne peut pas soigner ou améliorer ce que nous ne pouvons même pas mesurer »

Dans l’entente à l’amiable, la LNH s’engage à payer les coûts d’examens neuropsychologiques, à verser une indemnité de 22 000 $ à chaque joueur et jusqu’à 75 000 $ pour des traitements médicaux.

« C’est très intéressant de constater qu’ils acceptent de verser tout cet argent pour des traitements médicaux au lieu de soins psychiatriques. C’est de ça que les joueurs auront besoin en premier lieu », dit Ravi Menon, un professeur de biophysique de l’Université Western qui s’est penché sur les commotions cérébrales au hockey.

Menon explique que les scientifiques essaient toujours de comprendre l’étendue des symptômes à long terme tels que la dépression, les comportements suicidaires et les maladies neurodégénératives comme la démence.

« Pour la plupart des joueurs qui sont aux prises avec des conséquences à long terme, il n’existe pas de traitement. On ne peut pas soigner ou améliorer ce que nous ne pouvons même pas mesurer », conclut Menon.

(D'après un texte de Duncan McCue)

Avec les informations de CBC

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