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chronique

L’improbable quart de saison du Canadien

Le Canadien célèbre une victoire à Calgary.

Le Canadien célèbre une victoire à Calgary.

Photo : USA Today Sports

Martin Leclerc

BILLET - Le premier quart de la saison du CH rappelle la célèbre campagne publicitaire d'un fabricant de piles, mettant en vedette un infatigable lapin rose.

[NDLR : Les entraîneurs de haut niveau aiment souvent décortiquer le calendrier de leur équipe de hockey en tranches de cinq matchs afin d’aider leurs joueurs à se concentrer sur des objectifs à court terme et, aussi, afin de mieux mesurer la progression de leur groupe. Dans cette perspective, voici notre quatrième analyse (matchs de 16 à 20) de l’intéressante saison 2018-2019 du Canadien.]

Plus la saison avance, et plus le nombre de chances de marquer générées par le Tricolore diminue. Au cours des cinq derniers matchs, il n’a généré que 64 chances de marquer, soit une diminution de 37,3 % par rapport au segment précédent (matchs 11-15). Et pourtant, il gagne encore!

Plus le calendrier progresse, plus le Bleu-blanc-rouge accorde de chances de marquer aux équipes adverses, ce qui n’est pas sans compliquer le travail de ses gardiens. Lors des cinq derniers matchs, Carey Price et Antti Niemi ont fait face à 100 chances de marquer, soit une hausse de 25 % en comparaison avec le segment des matchs de 11 à 15. Et pourtant, malgré un difficile périple dans l’Ouest, les hommes de Claude Julien sont parvenus à mettre 7 points en banque sur une possibilité de 10 à leurs cinq dernières rencontres!

Au moment d’écrire ces lignes, parmi les 31 formations de la LNH, seulement 2 des 10 équipes les moins performantes en défense étaient qualifiées en vue des séries éliminatoires. Le Canadien, qui vient au 24e rang, fait partie de cet improbable club en compagnie des Canucks de Vancouver (29es).

Et ce qui rend la situation encore plus incroyable, c’est qu’après avoir traversé un mois complet sans coller deux victoires, le Tricolore est parvenu à mettre 25 points en banque et à maintenir la cadence d’une saison de plus de 100 points.

***

Avant d’aller plus loin, voici un tableau illustrant le nombre de chances de marquer (par 60 minutes de jeu) obtenu par chaque joueur du CH au cours de la dernière tranche de cinq matchs (16-20), en comparaison avec le rendement fourni pour l’ensemble du premier quart du calendrier :

Gallagher et Tatar : les plus constants

Brendan Gallagher et Tomas Tatar se sont avérés, de loin, les attaquants les plus constants de la formation durant le premier quart du calendrier avec respectivement 7,5 et 6,85 chances de marquer par tranche de 60 minutes de jeu.

Les deux ailiers de Phillip Danault sont parvenus à obtenir des occasions de marquer dans 17 des 20 matchs de l’équipe, ce qui est en soi un hommage au travail effacé (et efficace) accompli par ce dernier.

Auteurs de 9 buts chacun, Gallagher et Tatar maintiennent jusqu’à présent le rythme d’une saison de 36 buts.

Andrew Shaw a pris les choses en main

Andrew Shaw

Andrew Shaw

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Les partisans du CH sursauteront peut-être en apprenant qu’Andrew Shaw a été l’attaquant le plus utilisé (92 minutes de jeu) au cours des cinq derniers matchs.

Muté sur le flanc droit du premier trio en compagnie de Jonathan Drouin et de Max Domi, le teigneux numéro 65 a toutefois parfaitement répondu à l’appel en récoltant les chances de marquer au rythme de 5,9 par tranche de 60 minutes de jeu.

Et, surtout, Shaw est parvenu à convertir ces chances, ce qui lui a permis d’inscrire 5 des 18 buts de l’équipe (27,5 %).

Le rendement de Price

Écarté du jeu deux matchs de suite (alors qu’il était en santé) pour la première fois depuis le mois d’avril 2010, Price a répliqué avec deux victoires dans l’Ouest et a bouclé le dernier segment de 5 matchs avec une moyenne d’efficacité de ,912.

En trois rencontres, le gardien numéro un a fait face à 114 tirs, dont 50 étaient des chances de marquer de qualité. Ce qui est très élevé. On peut arguer que Price a « volé » son premier match de la saison jeudi dernier à Calgary (une victoire de 3-2) alors que son équipe a été dominée 20 à 9 au chapitre des chances de marquer de qualité.

L’unité d’avantage numérique ne s’améliore pas

L’attaque massive du Tricolore vient de connaître son pire segment de la saison avec un taux de réussite de 6,7 % (1 en 15) lors des 5 dernières rencontres. Lors des matchs 11 à 15, ce n’était guère mieux avec 10 % de taux de réussite.

Pour l’ensemble de la saison, l’unité d’avantage numérique vient au 28e rang de la LNH avec un taux de réussite de 13,5 %. Cette déficience majeure est toutefois comblée par le mordant affiché à 5 contre 5 par les hommes de Claude Julien. Aucune équipe n’a inscrit plus de buts que Montréal (49) dans cette situation cette saison. (Une autre statistique à ajouter dans la catégorie « personne n’aurait parié là-dessus ».)

Étrangement, l’attaque massive coule alors que le taux de succès des unités d’avantage numérique n’a jamais été aussi élevé depuis 20 ans dans la LNH. À travers la ligue, le taux de succès moyen s’établit à 20,56 %. Il s’agit de la moyenne la plus élevée depuis la saison 1989-1990 (20,77 %).

Il sera intéressant de voir si le retour imminent de Shea Weber parviendra à relancer le Canadien à ce chapitre.

Jonathan Drouin : ses meilleurs moments

Photo : Getty Images / Claus Andersen

Mine de rien, Jonathan Drouin vient de connaître ses meilleurs moments depuis son arrivée avec le Canadien.

Depuis l'échange qui l’a fait passer de Tampa à Montréal contre le jeune défenseur Mikhail Sergachev, l’attaquant de Sainte-Agathe a maintes fois étalé son talent. Mais jusqu’à tout récemment, la constance, la qualité la plus difficile à acquérir dans les rangs professionnels, n’a pas été au rendez-vous.

Toutefois, au cours des cinq derniers matchs, Drouin a récolté 3 buts et 4 mentions d’aide en plus de présenter un bilan défensif de +3. Par ailleurs, au cours de cette période, il a obtenu le plus grand nombre de chances de marquer (9) parmi les joueurs de l’équipe, et il a fait sentir sa présence avec régularité avec des chances de marquer à chaque match.

Jusqu'à maintenant, Drouin (7-10-17) maintient le rythme d’une saison de 70 points (29 buts et 41 passes) et présente un différentiel de 0. C’est tout un contraste avec la saison 2017-2018. Il avait alors amassé 46 points (13 buts et 33 passes) et présenté l’un des pires bilans défensifs de l’histoire du CH : un glacial -28.

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