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Le Canadien peut bien sourire au terme de son voyage dans l’Ouest

Max Domi

Max Domi

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dick

Radio-Canada

VANCOUVER – Un voyage dans l'Ouest canadien est souvent un exercice périlleux pour le Canadien. Qu'il rentre au bercail avec quatre points sur une possibilité de six est presque inespéré compte tenu de la façon dont ça avait commencé.

Un texte d’Alexandre Gascon

Complètement dominé par un Connor McDavid au faîte de son talent lors du premier match de son périple, le CH s’est ressaisi lentement, mais sûrement, dans les deux joutes suivantes.

Ce crescendo, Claude Julien l’a bien résumé lorsqu’il a d’abord évoqué le « pire match de l’année » à Edmonton, suivi d’une « équipe qui avait peur de perdre », mais qui a finalement gagné à Calgary et en terminant par des joueurs qui « ont montré beaucoup de caractère » à Vancouver.

À n’en pas douter, le Tricolore a disputé son meilleur match du voyage en Colombie-Britannique.

Rien de spectaculaire, mais un jeu bien plus étanche qu’en Alberta qui lui a permis de se maintenir tout juste à hauteur des Canucks avant que l’avantage numérique, enfin, tranche le débat.

L’unité de supériorité numérique, aussi prévisible que le destin de Kenny dans un épisode de South Park ces derniers temps, a réussi un premier but en cinq matchs.

Il s’agissait d’un troisième filet à ses 40 dernières occasions (7,5 %), une séquence malheureuse qui a débuté le 25 octobre.

Le Canadien était d’ailleurs 30e à ce chapitre avant les matchs de samedi soir et a légèrement amélioré son sort avec un plomb de Jonathan Drouin en faisant grimper son efficacité à 14,2 %.

Pour secouer l’hébétude de ses joueurs offensifs en avantage numérique, Claude Julien a changé son approche.

De gauche à droite : Phillip Danault, Jonathan Drouin et Jeff Petry

De gauche à droite : Phillip Danault, Jonathan Drouin et Jeff Petry

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dick

L’entraîneur a décidé d’envoyer Phillip Danault à la place de Tomas Tatar dans la première vague, « dans le but d’essayer quelque chose de nouveau ».

La nouveauté? Aucun des cinq joueurs de l'ancienne première unité n’est un centre naturel, contrairement au Québécois.

Danault a remporté deux de ses trois mises au jeu en zone offensive en avantage numérique, dont celle qui a mené au but gagnant à 2 min 44 s de la fin du match.

« On a un petit peu de misère [avec les mises au jeu]. On sait que Phillip est bon de ce côté-là. Ce soir, ça n’a pas été le match le plus facile pour lui, mais on voulait se donner une opportunité de peut-être commencer avec la rondelle. C’est une des raisons, mais Phillip a du talent. Il est capable de jouer sur le jeu de puissance. On l’utilise beaucoup sur les mises au jeu en désavantage numérique aussi. On essaie de donner un rôle à tout le monde pour s’assurer qu’on ne surutilise pas les joueurs », a précisé l’entraîneur après la rencontre.

Outre ce léger sursaut d’orgueil de l’attaque massive, les Montréalais auront d’autres raisons de sourire sur le chemin du retour.

De bonnes nouvelles

Est-ce que le vrai Carey Price peut se lever, SVP? Non, ce n’est pas le nouveau tube d’Eminem, mais, pense-t-on, la prière de bien des membres de l’organisation.

Le gardien était complètement perdu, de son propre aveu, avant de s’envoler dans son coin de pays où il aura trouvé ses repères au moment opportun.

Il a permis au CH d’arracher deux points à Calgary et a gardé son équipe dans le match à Vancouver, où il excelle historiquement. Son arrêt à bout portant sur Markus Granlund tout de suite après le deuxième but des Canucks s’est révélé le tournant du match.

Au total, il a repoussé 79 des 83 tirs dirigés vers lui pendant le voyage pour une efficacité de 95,2 % et deux victoires.

Dans les deux derniers matchs, j’ai vu le Carey qu’on connaît.

Claude Julien à propos de Carey Price

« C’est bon de le revoir, surtout sur la route. C’est toujours un voyage difficile dans l’Ouest. Alors d’être capable de retourner à la maison avec quatre points sur six… Carey nous a donné cette opportunité-là. »

« Le nombre de tirs ne le reflète pas, mais nous avons bien joué du côté défensif ce soir », s’est contenté de dire Price, pas nécessairement le plus grand tribun.

Price a aussi parlé de caractère. Tout comme l’ont fait Drouin, Julien et Jeff Petry. Et ce n’était pas qu’un cliché.

Autre remontée victorieuse

Le Bleu-blanc-rouge a déjà comblé trois retards cette saison lorsqu’il était mené après deux périodes, soit une remontée de plus que durant toute la dernière saison.

Samedi soir, les Canucks ont pris l'avance à mi-chemin au dernier tiers après une punition douteuse d’Artturi Lehkonen, et il aurait été aisé de plaider la fatigue pour se laisser démoraliser et abandonner.

Les Canucks célèbrent un but face à Carey Price.

Les Canucks célèbrent un but face à Carey Price.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

À nouveau, le trio de Max Domi a mis les bouchées doubles et Andrew Shaw, toujours aussi pugnace devant le filet adverse, a profité d’une déviation chanceuse sur son patin pour ramener les deux équipes à la case départ.

On l’a dit souvent, mais franchement, l’ardeur de cette équipe est de plus en plus impressionnante.

En rafale

Au lieu de cette analyse, il aurait été possible d’écrire une ode à Jeff Petry après ce match. Le défenseur américain a été flamboyant. Il a préparé le premier but du match, celui de Tomas Tatar de brillante façon.

Il a d’abord récupéré la rondelle derrière son filet, s’est débarrassé habilement de son poursuivant et a repéré Tatar embusqué derrière les arrières des Canucks d’une passe précise qui a traversé deux zones.

Petry a joué 27:49, son deuxième plus total, et a été de tous les combats. Son apport offensif a souvent été louangé, mais la qualité de sa défense, plutôt remise en question. Samedi, il a éteint la sensation Elias Pettersson pendant deux périodes et demie. Presque invisible, Pettersson n’avait aucun tir au but en 50 minutes avant de décocher deux flèches en cinq secondes en avantage numérique. La deuxième a déjoué Price.

« Mon approche est toujours la même. Faire une bonne première passe et patiner. C’est ce qui me met dedans et ça limite le temps qu’on passe dans notre zone. Mentalement, c’est la même approche », a-t-il dit.

Price a été aussi dithyrambique que possible.

« Il a été énorme pour nous. »

Avec une passe, Domi a inscrit au moins un point dans 17 des 20 matchs de son équipe cette année.

« Il est intense à tous les matchs, il veut gagner. 90 % du temps, il est très motivé. Ça donne de l’énergie à l’équipe aussi. J’aime la façon dont il se comporte et il travaille bien avec ses coéquipiers. Il veut gagner et ça donne du caractère », a fait valoir Julien à propos du numéro 13.

Carey Price est souvent à son mieux lorsqu’il affronte l’équipe de sa terre natale. Il a signé sa 11e victoire en 16 départs en Colombie-Britannique. Avant le match, le gardien avait maintenu une moyenne de buts accordés de 2,33 et un pourcentage d’arrêts de 93 %.

Rien ne va plus pour Vancouver qui s’est fait battre dans un cinquième match d’affilée. Longtemps en tête de la Division pacifique à la surprise générale, les Canucks jouent maintenant pour ,500 (10-10-2).

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