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La défense du CH, entre compétition interne et instabilité

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Radio-Canada

VANCOUVER - On dit souvent que la stabilité est un gage de succès, que ce soit dans le sport professionnel, dans le monde des affaires ou, tiens, dans votre vie personnelle. Depuis le début de la saison, le Canadien s'emploie à faire mentir cette école de pensée.

Un texte d’Alexandre Gascon

Il n’est pas facile de trouver la juste mesure, l’équilibre parfait.

Cette année, Claude Julien fait constamment osciller la balance entre la quête de la stabilité et la compétition interne chez les défenseurs.

Les arrières doivent céder leur place dans la formation à tour de rôle dans le pire des cas, ou s’habituer à toute vitesse à un nouveau partenaire de jeu dans le meilleur des scénarios.

Disons que les visages bougent, changent et reviennent, tous un peu interchangeables, a-t-on l’impression, exception faite de celui de Jordie Benn et de sa barbe, tout simplement spectaculaire.

Il faut remonter aux 5 et 6 novembre à New York pour voir la même brigade défensive deux matchs consécutifs.

Sur les huit défenseurs utilisés par l’entraîneur - qui sont d’ailleurs tous en santé présentement - cinq ont dû laisser leur place à un coéquipier au moins une fois.

Parmi les épargnés, on compte David Schlemko. Celui-ci vient tout juste de se rétablir d’une blessure au genou et a disputé trois matchs d’affilée depuis son retour.

Il n’y a donc que Jeff Petry et Jordie Benn comme vecteurs de stabilité dans la formation tricolore.

Y a-t-il un danger à jongler ainsi avec les duos de défenseurs, Claude?

« Pas vraiment. C’est de la compétition interne pour l’instant. C’est ce que c’est. Il faut continuer à essayer de s’améliorer du côté défensif, mais aussi, nos défenseurs doivent continuer à avoir cette compétition-là pour faire ressortir le meilleur d’eux-mêmes », a laissé tomber l’entraîneur vendredi après-midi.

Je ne veux pas que les joueurs deviennent confortables. C’est ce qui nous donne une chance de gagner. En même temps, tu vois qu’il n’y a pas personne qui reste à l’écart trop longtemps.

Claude Julien

Le message est clair. Julien veut garder ses troupes sur le qui-vive. Une stratégie risquée puisque quelques erreurs ont le malheur de vous envoyer étudier le jeu du haut de la passerelle.

« J’ai déjà vécu ça et j’étais sous le choc, a avoué Mike Reilly, la plus récente victime de la compétition en interne.

« Je sais que je peux être meilleur, je peux aider cette équipe, je peux être l’homme de la situation (go-to guy). Je dois remplir les attentes placées en moi. »

Responsabilités accrues

On se tient loin du mot comité du côté du CH, sûrement en raison des mauvais souvenirs qu’il évoque. C’est quand même de cette façon que l’équipe opère, histoire de faire avaler l’éléphant à ses défenseurs par petites bouchées.

Ainsi, trois arrières sont utilisés à outrance selon leurs propres standards et atteignent des sommets à ce chapitre : Petry (24 min 12 s), Reilly (20:58) et Schlemko (19:53).

Le défenseur du Canadien, David Schlemko, tente sans succès de ravir la rondelle à McDavid.

Le capitaine des Oilers, Connor McDavid a donné du fil à retorde aux défenseur du Canadien durant toute la soirée.

Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

Quatre autres naviguent dans des eaux qui leur sont familières, tandis que Karl Alzner continue de perdre des plumes et joue en moyenne 17:58 par rencontre… lorsqu’il joue.

L’absence de Weber représente un vide immense, c’est évident. Pour le combler, la compétition interne ne suffit pas toujours.

Schlemko, par exemple, a passé 20 minutes sur la glace à Edmonton mardi soir avec comme mission d’arrêter Connor McDavid et Leon Draisaitl.

Injuste, vous dites? Certes. Avec le résultat implacable que l’on sait.

Reilly et Ouellet en terrain connu

Mike Reilly l’admet volontiers : il a disputé le meilleur hockey de sa carrière pendant 15 matchs. Ça s’est gâté un brin récemment et il a sauté son tour pour la première fois cette année à Calgary.

« J’étais sous le choc, c’est sûr, a-t-il répété. Je n’ai pas reçu de raison, mais je sais que je peux certainement être meilleur. Je n’ai pas été bon à Edmonton et je ne vais pas jeter le blâme sur l’effort d’équipe. Je ne sais pas quand je vais revenir, mais quand je vais le faire, je dois hausser mon jeu et atteindre un autre niveau.

J’ai déjà vécu ça, j’espère que ça ne va pas ébranler ma confiance. Je sais que je peux aider cette équipe. On va faire de belles choses cette saison et je veux en faire partie.

Mike Reilly

« C’est dur à gérer, même pour les entraîneurs. On est huit en santé qui sont capables de jouer, qui ont eu de bons matchs depuis le début. Il faut trouver un équilibre entre la stabilité et la compétition. La compétition, c’est bon. Ça amène la meilleure version de chaque joueur », a estimé Xavier Ouellet, qui est revenu dans la formation à Calgary après avoir raté les deux matchs précédents.

L’an passé, à Détroit, le Québécois a été laissé de côté à 37 reprises. Il veut éviter à tout prix de se retrouver dans la même situation.

Il mise sur la cohésion qui s'installe tranquillement entre lui et Victor Mete pour le tenir loin des gradins.

« C’est ça la portion la plus difficile, il y a plusieurs changements dans les duos. Comme défenseur, tu cherches à créer une chimie avec ton partenaire. Nous avons toutefois une belle gang de gars, la compétition reste saine », a lancé Ouellet.

Les six défenseurs gauchers de l’équipe sont de surcroît (presque) tous en audition en vue de décrocher le premier rôle : l’occasion de jouer à la gauche de Shea Weber qui se rapproche d’un retour au jeu.

Reilly, dont le coup de patin explosif se marierait bien en théorie avec le style robuste de Weber, a confié y avoir songé.

L’Américain de 25 ans est bien conscient qu’il se devra d’être le meilleur gaucher de l’équipe pour avoir sa chance.

« C’est le critère pour jouer avec lui. »

Entre-temps, Reilly, comme ses coéquipiers, est en quête d’équilibre.

En rafale

Le Canadien a tenu un entraînement optionnel vendredi à Vancouver. Onze joueurs ont sauté sur la glace. Carey Price était du lot. Le gardien a offert une solide prestation contre les Flames et Julien a confirmé qu’il aura l’occasion d’affronter l’équipe de sa province natale samedi à 19 h (HNE).

Les Canucks revenaient tout juste du Minnesota où ils ont subi une sévère correction et ont finalement profité d’une journée de congé. Vancouver est toujours au 2e rang de la Division pacifique, mais l’équipe vient de perdre ses quatre derniers matchs et ses rivaux lui soufflent dans le cou.

La sensation Elias Pettersson affrontera le CH pour la première fois de sa carrière. Le jeune homme qui vient tout juste de fêter ses 20 ans a fait écarquiller les yeux des partisans depuis le début de l’année. Le Suédois compte déjà 17 points, dont 10 buts, en 15 matchs et trône au sommet des marqueurs des recrues.

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