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Comme une équipe qui avait peur de perdre... mais qui gagne

Le gardien du Canadien Carey Price se jette à sa droite pour stopper le tir de Johnny Gaudreau des Flames de Calgary.

Le gardien du Canadien Carey Price se jette à sa droite pour stopper le tir de Johnny Gaudreau des Flames de Calgary.

Photo : Getty Images / Derek Leung

Radio-Canada

CALGARY – Avant le match, il avait été question d'engagement, de resserrer le jeu défensif, d'aider le gardien, ce joueur célèbre, à mieux paraître. Carey Price a eu meilleure mine certes, mais il ne le doit pas à ses coéquipiers.

Un texte d’Alexandre Gascon

Le gardien s’est illustré dans la victoire de 3-2 du Canadien au vieux Saddledome de Calgary. Comme au bon vieux temps, le CH s’en est tiré avec deux points qu’il ne méritait pas nécessairement.

Pour la première fois depuis avril 2010, Carey Price a été laissé de côté dans deux matchs consécutifs même s’il était en pleine forme physique.

Les plus rusés se souviendront qu’il s’agit du printemps magique de Jaroslav Halak qui lui avait alors volé son poste temporairement.

Price avait besoin de se ressourcer, de se reposer, nous disait-on. On ne saura jamais s’il a fait appel à un coach de vie ou s’il s’est lancé dans la méditation, mais, le temps d’un match à tout le moins, ça a fonctionné.

« Je ne vous révélerai pas mes secrets », a-t-il précisé, taquin.

« On sait qu’il faut bien jouer dans notre propre zone. On a marqué beaucoup de buts récemment et je pense que c’était peut-être à l’avant-plan de notre mentalité. Si on joue bien dans notre zone, on aura quand même la possibilité d’aller marquer », disait le gardien du Tricolore mercredi.

Une petite pointe dirigée à ses coéquipiers qui semblaient avoir jeté aux orties leur conscience défensive.

Difficile d’affirmer qu’ils ont fait amende honorable jeudi soir. Les Flames ont tiré à 45 reprises sur le filet du gardien. Ils ont touché trois fois le poteau.

Le Canadien a eu à se défendre à outrance. Comme le faisait remarquer un collègue, il s’est fait refuser un dégagement à 12 occasions dans la rencontre. Les Flames? Une seule fois.

Price n’a pas été parfait. Il s’est aventuré un peu loin de son antre par moments, ce qui a permis à Matthew Tkachuk d’enfiler son deuxième but de la rencontre.

Les adversaires se sont aussi butés à un portier qui avait fière allure et qui, comme il l’a affirmé lui-même, « laissait la rondelle le frapper ».

« Il a très bien joué pendant deux périodes, on a joué sur les talons. On a été mieux en troisième, on a commencé à retrouver notre rythme. Carey nous a gardés dans le match, il a été excellent ce soir. C’était beau de voir notre gardien nous donner un bon coup de main quand on en avait besoin », a laissé tomber Claude Julien.

Je ne suis pas un entraîneur de gardiens, mais je pense qu’il avait l’air en confiance. Son positionnement était excellent. Ça nous a donné une chance de gagner en première période.

Jonathan Drouin à propos de Carey Price

La mémoire courte

À une époque récente, le Canadien s’en remettait tellement à son gardien qu’il donnait l’impression de tenir pour acquis ses exploits.

On a eu un peu le même sentiment jeudi soir.

Le Bleu-blanc-rouge s’est montré plus acharné au dernier tiers certes, mais comment affirmer avoir « retrouvé notre rythme » lorsqu’on se fait dominer 13-5 aux tirs au but et que les indicateurs de possession de rondelle octroient un avantage de 57 % pour les Flames (10-8-1).

Honnêtement, il s’en est fallu de peu pour que le match bascule en faveur des favoris et que les encouragements que se lançaient les joueurs du Canadien (10-6-3) en retournant au vestiaire se transforment en regards abattus.

C’est finalement un immense cadeau de Mike Smith à Artturi Lehkonen qui aura tranché le débat.

« Il n’y avait pas d’impatience ni de négativité, mais ça a été un coup de semonce pour tout le monde. Les joueurs et le coach savaient qu’on ne jouait pas de la façon qu’on peut jouer. Tout le monde a vu une différence en troisième », a fait valoir Drouin, auteur du deuxième but des siens.

« On peut nommer tous les joueurs qui ont eu de la difficulté pendant deux périodes et après tous les joueurs qui ont bien joué en troisième. On était hésitants, sur les talons, on ne voulait pas se faire marquer, on jouait comme une équipe qui avait peur de perdre. J’espère que c’est un pas dans la bonne direction pour le prochain match », a renchéri l’entraîneur.

Toujours à la poursuite du disque, le Canadien a dû couper les lignes de tir (10) au dernier tiers pour forcer les Flames à rater le filet. Les joueurs ont également bloqué cinq tirs et Price s’est chargé de ceux qui étaient cadrés.

« Ça fait partie de notre identité, bloquer des lancers et bien jouer entre les points de mises au jeu », a insisté le gardien vedette.

On veut bien, mais ça n’apparaît pas comme une solution viable.

Le Tricolore sait trop bien ce qu’il en coûte de dépendre de son gardien davantage que lui ne dépend de ses partenaires. Il est fort possible que Price ne soit tout simplement plus en mesure de remplir pareil contrat et lorsque c’était le cas, on ne peut pas dire que ça a été un gage de succès pour son équipe.

En rafale

En obtenant une passe sur le but de Drouin, Max Domi a prolongé sa séquence de matchs avec au moins un point à huit. Il totalise 23 points à égalité au 7e rang des marqueurs de la LNH.

Drouin, quant à lui, n’a pas aimé qu’on remette en doute sa performance au cours des deux premières périodes. Le Québécois a cessé de jouer lors d’une séquence qui a mené au deuxième but des Albertains et on l’avait vu revenir nonchalamment à quelques reprises avant ça.

« Je ne pense pas qu’on a mal joué. Est-ce qu’on a mal joué, a-t-il demandé. Je ne pense pas qu’on donnait des chances, on a eu un match bien correct. C’était 2-1, on avait des chances. »

Andrew Shaw, son partenaire de trio, a fait une autre lecture du match.

« Ce n’était pas excellent. On passait beaucoup de temps dans notre zone. On avait quand même des chances, mais on n’arrivait pas à tirer et pour être efficaces, on a besoin de mettre la rondelle au filet et de foncer », a-t-il admis.

En terminant, il s’agissait déjà d’une troisième remontée victorieuse du Canadien en troisième période cette saison (3-4-0). Il en avait réussi seulement deux l’année dernière (2-30-3).

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