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Les défis de l'année post-olympique pour les bosseurs et bosseuses

« C'est une année d'adaptation » - Chloé Dufour-Lapointe

Demeurer motivés dans une année post-olympique peut être un défi de taille pour bien des athlètes. Les bosseurs Mikaël Kingsbury, Justine et Chloé Dufour-Lapointe ont quant à eux trouvé le moyen de raviver la flamme à temps pour le début de la prochaine saison.

Un texte de Christine Roger

Après une deuxième médaille olympique pour Justine et une décevante 17e place pour Chloé à Pyeongchang, les soeurs Dufour-Lapointe ne savaient pas trop à quoi s’attendre pour le prochain cycle olympique. Leur entraîneur Michel Hamelin avait quant à lui un plan très précis en tête pour ses skieuses.

« Ne pas skier pendant six mois, de juste nous entraîner à la maison, de faire six heures de trampoline par semaine et de travailler sur un nouveau saut. Nous étions vraiment surprises », explique Justine Dufour-Lapointe.

« J’ai eu la petite sensation de fébrilité. Je pense que la dernière fois que j’avais senti ce genre de petit stress, c’est quand je faisais des périlleux arrières pour la première fois, à 13 ans. »

Après deux cycles olympiques axés sur la perfection, les bosseuses ont accepté de sortir de leur zone de confort. Les derniers mois n’ont pas été faciles, mais elles sentent qu'elles ont retrouvé la passion pour leur sport.

« Avec la trampoline, nous avons appris à nous débrouiller dans les airs, souligne Chloé Dufour-Lapointe. Si nous sommes vraiment mal prises parce que nous avons pris trop de vitesse, nous sommes capables d'atterrir sur nos pieds. »

« Le but était de devenir des chats en faisant un nouveau saut. Il ne sera pas parfait, mais on va le faire », ajoute-t-elle.

Champion olympique à Pyeongchang, Mikaël Kingsbury est convaincu qu’il peut encore se réinventer en tant que skieur afin d’atteindre son plein potentiel.

« J’ai travaillé sur différentes variations dans mes sauts. C’est parfois difficile de penser à s’améliorer en termes de résultats, mais au niveau de la technique, je sens vraiment qu'il y a une progression », souligne celui qui a remporté 14 globes de cristal durant carrière.

Femmes et hommes réunis

Ce ne sont pas uniquement les objectifs et le plan d’entraînement qui ont changé. Une restructuration a eu lieu au sein de Ski acro Canada. Peter Judge effectue un retour à la direction, poste qu’il avait occupé de 2004 à 2014. Après quelques années à travailler comme directeur des sports d'hiver avec À nous le podium, il a choisi de revenir à ses premières amours.

« Ce sport coule dans mon sang. J’ai été engagé dans ce sport toute ma vie. J’ai beaucoup d’affinités avec le sport et les athlètes. Les gens de notre fédération et nos athlètes sont tellement extraordinaires que c’était difficile d’être loin d’eux », mentionne-t-il.

Rob Kober, qui était, entre autres, l’entraîneur de Mikaël Kingsbury, ne sera pas de retour avec l’équipe canadienne. On a plutôt décidé de réunir les femmes et les hommes afin de former une seule équipe. Une première.

« Je pense que ça va nous pousser. Voir les hommes performer, c’est vraiment impressionnant. La hauteur qu’ils prennent dans leurs sauts et la vitesse à laquelle ils vont », affirme Justine.

« Nous avons réalisé que nous avons tous les mêmes craintes, ajoute Chloé. Ça fait du bien quand j’entends un gars me dire que mon saut était cool. Je me dis que je suis sur la bonne voie. Je m’inspire d’eux. »

Michel Hamelin, qui était déjà à la tête de l’équipe féminine, a reçu le mandat de gérer le nouveau groupe. L’objectif est simple. Il y aura moins d’athlètes, mais l’approche sera plus individuelle et plus humaine. Une vision qui correspond parfaitement à la méthode de travail du nouvel entraîneur-chef.

« Je pense qu'une de mes forces en tant qu'entraîneur, c'est mon intelligence émotionnelle. Je suis à l’écoute et j’essaie de voir ce dont mes athlètes ont besoin, pas seulement au niveau technique. Je m'adapte à chacun d'eux », affirme-t-il.

Le défi est majeur pour Michel Hamelin. Il doit trouver une façon d’aider Mikaël Kingsbury, Justine et Chloé Dufour-Lapointe à rester au sommet de l’élite mondial.

Avec la retraite de plusieurs bosseurs au cours de la dernière année, il doit aussi développer la relève afin que le Canada demeure une référence dans le sport.

La première Coupe du monde de la saison aura lieu les 6 et 7 décembre, à Ruku, en Finlande.

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