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chronique

Que se passe-t-il avec le projet de retour des Expos?

Plan d'ensemble de l'intérieur du stade olympique de Montréal, où se dispute un match de baseball.
Les Expos reçoivent les Astros de Houston au stade olympique de Montréal le 19 mai 1998. Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz
Martin Leclerc

BILLET - À l'unanimité, jeudi, les propriétaires des ligues majeures ont prolongé jusqu'en 2025 le contrat du commissaire Rob Manfred. Ça signifie que ce dernier a désormais les coudées franches pour réaliser le projet d'expansion qu'il évoque sur toutes les tribunes depuis plusieurs années et qui concerne Montréal.

Il y a trois ans, Manfred disait avoir trois dossiers prioritaires à régler avant d’entamer un processus d’expansion qui ferait passer le nombre de franchises de la MLB de 30 à 32 : négocier une nouvelle convention collective avec l’Association des joueurs et stabiliser la situation des A’s d’Oakland et des Rays de Tampa Bay, qui ont besoin de nouveaux stades et qui éprouvent des difficultés aux guichets.

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La nouvelle convention collective de la MLB a été signée il y a près de deux ans. Mais depuis ce temps, les organisations d’Oakland et de Tampa Bay ont éprouvé énormément de difficultés à régler leur problème de stade. À titre d’exemple, à la même date l’an dernier, les A’s annonçaient leur intention de bâtir leur nouveau domicile sur un terrain appartenant à une petite université, mais des pressions des citoyens et des étudiants ont fait dérailler le projet. Les A’s se sont donc retrouvés à la case départ.

Le temps presse pour les A’s. Depuis 2017, pour les forcer à améliorer leur sort, le baseball majeur a débranché (de façon graduelle, sur une période de quatre ans) cette organisation du programme d’aide aux équipes situées dans les petits marchés.

Or, la pression exercée par les ligues majeures semble porter ses fruits. Les propriétaires des A’s ont récemment fait savoir qu’ils dévoileront les plans de leur nouveau stade avant les Fêtes et qu’ils s’attendent à pouvoir y disputer des matchs dès la saison 2023. Pour ceux qui espèrent un retour des Expos de Montréal, ce serait donc un dossier de plus de réglé.

***

À Tampa/Saint Petersburg, la situation est beaucoup plus nébuleuse. Toutefois, nous ne sommes qu’à quelques semaines d’une date butoir qui pourrait nous en dire long sur l’avenir du baseball majeur dans cette région.

Les Rays disputent leurs matchs locaux au Tropicana Field de Saint Petersburg. Depuis le début des années 2010, ils se situent constamment parmi les deux pires organisations des majeures en ce qui a trait aux assistances. Certains croient que la situation géographique du stade actuel est responsable des malheurs des Rays. Il est toutefois permis de se demander si le baseball majeur est viable en Floride. À Miami, malgré leur nouveau stade, les Marlins continuent d’ailleurs de tirer le diable par la queue financièrement.

Il y a trois ans, afin de se sortir de cette impasse, le propriétaire des Rays, Stuart Sternberg, a conclu un pacte avec la mairie de Saint Petersburg. Cette entente lui permettait d’explorer pendant trois ans la possibilité de dénicher un autre site et de construire un nouveau stade ailleurs dans la région de Tampa Bay. En vertu de cette entente, les Rays ont jusqu’au 31 décembre prochain pour faire savoir aux autorités municipales de Saint Petersburg s’ils ont l’intention de terminer leur bail au Tropicana Field. Le bail des Rays est valide jusqu’en 2027.

Depuis le début de ce processus de recherche, un site convenable a été trouvé dans Ybor City, un quartier historique de Tampa. Mais on parle d’un nouveau stade de 900 millions de dollars dans lequel Sternberg n’est prêt à investir que 185 millions. Toutes sortes de scénarios (taxe spéciale pour les touristes, taxe foncière spéciale dans le quartier qui serait développé autour du futur stade, etc.) ont été avancés pour tenter de financer l’opération. Mais il n’y a toujours pas de résultat concret.

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Les assises annuelles du baseball auront lieu au début de décembre à Vegas. À cette occasion, il ne serait pas surprenant que Rob Manfred lance un ultimatum aux gens de Tampa en leur disant : « Notre patience a atteint sa limite. Ou bien vous réglez la question, ou bien vous n’aurez plus d’équipe. »

Les assistances sont tellement faibles aux matchs locaux des Rays (elles ont oscillé entre 1,15 et 1,56 million de spectateurs au cours des sept dernières années) qu’il ne serait pas étonnant que le baseball majeur soit à la recherche d’une manière élégante de sortir de ce marché.

Chose certaine, le commissaire n’aurait aucune difficulté à déménager les Rays à Montréal tout en continuant de plancher sur son projet d’expansion. Ces derniers mois, le discours de Manfred a d’ailleurs considérablement changé quant au nombre de villes susceptibles d’accueillir une nouvelle concession des ligues majeures.

Au cours des dernières années, Manfred présentait seulement Montréal et la ville de Mexico comme les grandes favorites en vue d’une éventuelle expansion. Mais récemment, le commissaire a déclaré que « Portland, Las Vegas, Charlotte, Nashville aux États-Unis, et certainement Montréal, sont des villes qui sont non seulement désireuses d’obtenir une équipe, mais qui ont aussi la capacité de le faire ».

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Le dossier d’Oakland semble vraiment sur le point de se régler. Et celui de Tampa arrive à la croisée des chemins.

Pendant ce temps, à Montréal, Stephen Bronfman et les investisseurs montréalais désireux de ramener les Expos dans le giron du baseball majeur se font extrêmement discrets. On les a vus il y a quelques semaines sur les réseaux sociaux, coiffés de superbes tuques des Expos à un match de la Série mondiale à Boston. Mais sur la place publique, c’est le silence radio.

À la fin de l’été, leur relationniste avait indiqué que les investisseurs montréalais allaient dresser en octobre un bilan des sondages et consultations effectués au cours de l’été auprès des amateurs de baseball québécois. Mais cette rencontre de presse n’a pas eu lieu. Par ailleurs, les demandes d’entrevue individuelle sont poliment refusées ou remises à plus tard.

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