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chronique

La flamme olympique va-t-elle s’éteindre?

Vue sur un groupe de personne qui brandisse une affiche sur laquelle il est écrit: vote non aujourd'hui.
Le camp du non célèbre la victoire mardi soir après le dévoilement des résultats du référendum. Photo: Dave Gilson
Robert Frosi

BILLET - Encore une ville qui se désiste! Calgary a dit non à 56,4 %. C'est le résultat du referendum populaire. Pour l'obtention des Jeux olympiques d'hiver de 2026, il ne reste maintenant que deux candidats, soit le duo Cortina d'Ampezzo-Milan et Stockholm.

Et les dernières nouvelles de la capitale suédoise sont loin d’être rassurantes pour le mouvement olympique. La nouvelle coalition pour diriger le gouvernement municipal de Stockholm, une alliance de centre droit et d’environnementalistes, ne souhaite aucun financement de la part des contribuables pour les Jeux d'hiver.

Et dire qu’au départ, il y avait sept candidatures pour ces Jeux. Graz (Autriche), Calgary (Canada), un ticket italien Cortina d'Ampezzo/Milan/Turin, Sapporo (Japon), Stockholm (Suède), Sion (Suisse) et Erzurum (Turquie). Que faut-il comprendre dans ces désistements?

Tout d’abord, les contribuables ne veulent plus s’endetter pour accueillir le cirque des anneaux. De plus, le lustre olympique ne cesse de s’effriter depuis des années. Corruption, dopage, manque de transparence, dépenses fastueuses sont les principaux sujets qui mobilisent le mouvement olympique.

Et ce mouvement est de plus en plus opaque. Connaissez-vous une autre association à but non lucratif qui génère des milliards de dollars? Et c’est sans doute là que le bât blesse. Le Comité international olympique (CIO) ne s’est pas véritablement réinventé depuis sa création. Les mêmes têtes couronnées sont toujours en place.

Les 115 membres du CIO sont toujours traités comme des « princes » et continuent d’occuper les palaces du monde entier quand ils se déplacent. On leur octroie même une indemnité d’environ 250 000 $ par an pour faire partie de ce club privé.

Un club select qui va s’offrir en 2019 une nouvelle maison au coût de 250 millions. On a véritablement le sentiment que tous ces gens vivent sur une autre planète.

Il va falloir que le mouvement olympique revoie de façon draconienne son modèle d’affaires, car les principaux commanditaires, eux, sont en train de réfléchir à une autre manière d’investir leur argent. Le retrait de McDonald’s, qui était partenaire du CIO depuis 1976, serait-il le signe annonciateur d’une nouvelle donne?

Voici ce qu’avait déclaré un des responsables de l’entreprise pour justifier son retrait : « Dans le cadre de notre plan de croissance à l'échelle mondiale, nous reconsidérons actuellement tous les aspects de nos opérations et avons pris la décision, en collaboration avec le CIO, de nous concentrer sur d'autres priorités. »

Certains, peut-être pour se rassurer, disent que pour un commanditaire qui part, un autre arrive, comme le nouveau contrat d’association avec le géant chinois Alibaba. Faut-il s’étonner que les deux prochains Jeux aient lieu en Asie? C’est donc cela l’avenir du mouvement olympique, aller vers les pays qui ont de l’argent?

Ce n’est pas un hasard si certaines anciennes républiques soviétiques se mettent sur les rangs. Pour le CIO, qu’importe l’odeur de l’argent, pourvu qu’il coule! Mais jusqu’à quand une telle politique pourra-t-elle tenir?

Jusqu’à quand les athlètes vont-ils accepter de faire le spectacle sans aucun véritable retour sur investissement, à part quelques privilégiés?

Vous trouverez peut-être curieux que depuis le début de ce billet, il n’ait jamais été question de sport, de valeurs sportives, d’idéal. Peut-être tout simplement parce que le mouvement olympique les a oubliés et que son plafond de verre est en train de tomber.

Plus haut, plus vite, plus fort, certes, mais attention, plus dure aussi sera la chute!

Sports