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L'AMA confirme un voyage à Moscou et réagit à l'affaire Beckie Scott

Craig Reedie, président de l'Agence mondiale antidopage, gesticule en conférence de presse
Craig Reedie, président de l'Agence mondiale antidopage Photo: Getty Images / Chris Graythen
Radio-Canada

Le Conseil de fondation de l'Agence mondiale antidopage (AMA) est réuni à Bakou, sur les rives de la mer Caspienne, et l'ambiance est lourde, rapporte l'Agence France-Presse. La session du 20 septembre aux Seychelles fait encore trembler les colonnes du temple.

L'intimidation dont la Canadienne Beckie Scott aurait été victime lors de la réunion du 20 septembre a obligé l'AMA à revoir ses façons de faire.

Beckie ScottBeckie Scott Photo : La Presse canadienne

Le Conseil de fondation a donc adopté des mesures pour se donner plus d'indépendance par rapport à ses deux piliers, le mouvement olympique et les gouvernements, qui sont ses deux principales sources de revenus.

L'AMA mettra fin, à compter de 2022, au principe de présidence tournante entre les deux camps, au profit d'un président indépendant. De plus, elle confirme l'entrée de deux membres indépendants, avec voix, au comité exécutif, où les gouvernements et le mouvement olympique se partagent les 12 sièges actuellement.

« On a changé la dynamique du comité exécutif », affirme le directeur général de l'AMA, Olivier Niggli.

Ces mesures sont jugées encore trop timides par certains acteurs du monde de la lutte antidopage, qui n'ont pas encore digéré la décision du comité exécutif de l'AMA de voter le 20 septembre pour la levée de la suspension de l'Agence antidopage russe (RUSADA).

L'AMA avait alors été accusée de transiger avec la Russie et de perdre son âme.

Obligation de fermeté

L'AMA s'est défendue en expliquant avoir imposé à la Russie contre la levée de sa suspension de lui donner accès, dans de bonnes conditions, aux données brutes des contrôles antidopage du laboratoire de Moscou amassées pendant la période du scandale.

La Russie ne voulait pas, prétextant que le laboratoire était sous scellés pour les besoins de sa propre enquête judiciaire.

« Une délégation de l'AMA se rendra au laboratoire de Moscou le 28 novembre, avec de bons espoirs que l'équipe technique pourra terminer le travail dans les jours suivants », a annoncé le président de l'agence, Craig Reedie, jeudi.

Une source à l'AMA a précisé à l'AFP qu'un accord venait d'être trouvé avec Moscou pour cette « rencontre préliminaire ».

Le directeur général de l'Agence russe antidopage (RUSADA), Iouri Ganous, a jugé l'étape « très importante », précisant que « quelques heures avant la réunion du Conseil de fondation, des officiels russes ont contacté l'AMA », a-t-il expliqué à l'agence officielle russe TASS.

Ce pas en avant ne résoudra pas la crise avec la Russie, accusée de dopage institutionnel de 2011 à 2015.

« Ça me rend optimiste, mais d'un optimisme prudent, a dit le directeur général de l'AMA. Si la volonté politique est là, c'est tout à fait réalisable. Je serai totalement optimiste quand j'aurai la date de la deuxième mission. »

Depuis trois ans, la Russie a mis à rude épreuve l'AMA et le mouvement sportif international, souvent incapables de parler d'une seule voix et de s'accorder sur les sanctions contre un système de triche exceptionnel.

Dans l'un des sports les plus concernés par le scandale, l'athlétisme, la Fédération internationale (IAAF) a ouvert 15 procédures de sanction. La Russie est bannie de toute compétition internationale depuis novembre 2015, sauf pour une sélection d'athlètes sous drapeau neutre triés sur le volet. Elle attend une réunion du Conseil de l'IAAF, les 3 et 4 décembre.

L'heure tourne. L'AMA a donné jusqu'au 31 décembre à Moscou pour lui remettre les données, sous peine de nouvelles sanctions.

Lors du Conseil de fondation, le président du comité de l'AMA chargé de recommander les sanctions, Jonathan Taylor, a clairement exposé que les demandes de l'instance étaient « claires », « critiques » et que tout manquement trouverait des réponses « fortes ».

« Je soutiendrai toute recommandation de ce comité », a aussi promis le président de l'AMA, Craig Reedie.

Avec les informations de Agence France-Presse

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