•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Au diable la défense

Brad Hunt déjoue Antti Niemi, alors que Karl Alzner fait dos à l'action.
Brad Hunt déjoue Antti Niemi, alors que Karl Alzner fait dos à l'action. Photo: La Presse canadienne / Graham Hughes
La Presse canadienne

CALGARY - Une phrase en apparence anodine lancée par Carey Price, mercredi après l'entraînement du Canadien, a laissé entrevoir une petite pointe d'agacement.

Un texte d’Alexandre Gascon

« On a marqué beaucoup de buts récemment et je pense que c’était peut-être à l’avant-plan de notre mentalité. Si on joue bien dans notre zone, on aura quand même la possibilité d’aller marquer. »

C’est léger, on en convient, et tout à fait à propos de la part d’un gardien qui vient de donner 22 buts à ses 5 derniers matchs. Autrement dit : ne m’abandonnez pas à mon sort devant mon filet s'il vous plaît, chers amis.

[L'expression « chers amis » n’a pas été explicitement prononcée. On lui prête de bonnes intentions.]

Incroyablement, le CH est l’équipe qui a marqué le plus de buts à cinq contre cinq dans tout le circuit Bettman cette saison, soit 44. Prenez le temps de relire cette phrase, elle en vaut le coup.

C’est un bond prodigieux lorsqu’on considère qu'il a terminé au 30e rang dans cette phase du jeu l’année dernière avec seulement 130 filets.

S’il maintient cette cadence effrénée – il est permis d’en douter – il conclurait la saison avec 200 buts à cinq contre cinq, quatre de plus que le Lightning de Tampa Bay qui était champion dans cette catégorie en 2017-2018.

Cette soudaine embellie est attribuable en bonne partie au brio des deux acquisitions estivales de Marc Bergevin, Max Domi et Tomas Tatar, ainsi qu’au toujours fidèle Brendan Gallagher, mais elle est venue à prix fort récemment : l’engagement défensif.

On ne joue pas si mal, mais on s’éloigne de ce qu’on faisait bien au début de l’année.

Jonathan Drouin

« Par exemple contre les Oilers, on était en arrière de leurs attaquants, on les laissait patiner en zone neutre en pleine vitesse. Quand nos défenseurs sont arrêtés en zone neutre, c’est dur pour eux », a ajouté l’ailier gauche.

C’est une tendance qui se remarquait depuis le blanchissage de Price à Boston. Le Canadien s’est mis à pratiquer un style encore plus ouvert, axé sur la contre-attaque, en rendant coup pour coup à l’adversaire. Un jeu dangereux auquel s’est adonné le Tricolore jusqu’à ce que « ça explose », comme l’a bien décrit Phillip Danault.

Retour à la table à dessin

Mercredi sur la glace du vieux Saddledome, Claude Julien est revenu à la base. L’entraîneur-chef a dirigé des exercices intenses et s’est appliqué, penché sur son tableau, à expliquer des situations de jeu à sa troupe.

Les joueurs ont ensuite eu droit à une séance de visionnage avant de rencontrer les scribes.

« Il faut descendre plus bas pour aider nos défenseurs, on s’était écarté de ça au cours des quatre ou cinq derniers matchs, mais hier ça a explosé. C’était important pour nous de travailler ça », a d’abord lancé Danault, élève modèle.

On comprend ce qui ne va pas, où les erreurs sont faites et il s’agit simplement de les corriger. On est assez intelligent pour le faire, mais ça prend plus d’engagement de notre part.

Brendan Gallagher

« Notre repli n’est pas aussi bon qu’il l’était. On ne ferme plus le jeu aussi rapidement qu’avant. C’est ce qui crée un défi pour une équipe. Ce n’est pas toujours facile de garder le même rythme », a estimé Julien.

Il a aussi été question pour les défenseurs de contrôler l’écart qui les sépare des attaquants, de venir plus rapidement en appui l’un à l’autre pour faciliter la transition et les premières passes, mais le thème de l’engagement collectif a remporté la palme mercredi.

Au service des gardiens

Oui, le CH marque beaucoup de buts, mais il en accorde autant. À leurs huit derniers matchs, les Montréalais ont été déjoués à 36 reprises.

Les gardiens ont admis leurs responsabilités par moments, mais leurs coéquipiers voulaient leur éviter l’opprobre cette fois-ci, même si leurs statistiques sont catastrophiques.

« C’est notre faute, ils doivent souvent faire trop d’arrêts difficiles. [Mardi] soir, c’était 3-2 au début de la troisième période grâce à notre gardien. On doit être meilleurs et les aider beaucoup plus que ça. On en a parlé, mais le temps des paroles est terminé, c’est le temps de faire le travail », a déclaré Gallagher.

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

« Si on joue de la façon dont on veut jouer, Carey est le gardien parfait, a pour sa part dit Drouin. Si on ne donne pas de deux contre un ou de trois contre deux, on sait qu’il va arrêter les rondelles qui viennent de la ligne bleue ou en périphérie. »

« Pour un gardien, c’est toujours plus difficile mentalement. Il est dans le filet pendant 60 minutes. Nous, on en joue de 15 à 20. Il faut toujours qu’il soit prêt. Je n’ai aucune inquiétude pour "Pricey". Il est à Montréal depuis le début de sa carrière, ça en dit long sur sa force mentale », a fait valoir Danault.

Quant à Price, il affirme se sentir bien techniquement et devoir simplement « déterminer » ce qui ne va pas dans sa tête.

« Je dois avoir la mentalité "viens me battre". »

On ne sait pas encore s’il pourra à nouveau tenter sa chance dès jeudi soir.

Le Canadien rappelle Nikita Scherbak

Par ailleurs, l'équipe a annoncé le rappel de l'attaquant Nikita Scherbak de son club-école de la Ligue américaine. Cela met ainsi un terme à sa période de remise en forme.

Le Tricolore a cependant précisé que Scherbak ne rejoindra pas ses coéquipiers à Calgary. Il restera plutôt à Montréal, afin de poursuivre ses traitements pour une blessure au bas du corps.

Le Russe de 22 ans n'a toujours pas disputé de rencontre dans la LNH cette saison. En cinq matchs avec le Rocket de Laval, Scherbak a inscrit un but et purgé deux minutes de pénalité.

Hockey

Sports