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Le cynisme et le coût des Jeux au coeur de l’autopsie de la candidature de Calgary

Non à 2026 : une occasion ratée pour Calgary

La frustration et la déception sont tangibles dans le monde du sport canadien au lendemain du référendum à Calgary sur les Jeux de 2026. Dominick Gauthier est un de ceux qui auraient préféré un autre dénouement. Selon lui, les gens ont perdu foi dans le mouvement olympique, ce qui explique pourquoi le « non » l'a emporté.

« J’étais très déçu [du résultat], a-t-il expliqué mercredi à Radio-Canada Sports. Je suis un des premiers à critiquer le CIO. Mais vraiment, ce que je voyais dans le plan de Calgary 2026 était somme toute très raisonnable et aurait été un bénéfice pour la ville et pour le pays. »

Les images des stades déserts comme ceux d’Athènes, de Rio ou de Sotchi sont fortes, croit l’ancien skieur acrobatique, spécialiste des bosses. Mais, selon lui, les gens qui ont voté « non » n’étaient pas assez informés.

« On a fait une campagne de peur du côté du ''non''. Quand est venu le temps de voter, les gens n’ont peut-être pas fait tous leurs devoirs. On est allé avec l’émotion du moment. »

Calgary est passée à côté de quelque chose. Parce qu’on aurait probablement gagné.

Dominick Gauthier

Dominick Gauthier ne garde que de bons souvenirs des Jeux de Vancouver en 2010 et estime que la population a oublié la valeur de l’expérience olympique pour un pays.

« Ce qu’on a vécu avec Vancouver en 2010, ça ne s’achète pas! Tout le monde se rappelle où on était pendant le fameux but de Crosby, puis pendant la descente d'Alex [Bilodeau]. Ç’a une valeur, cette fierté qu’on a vécue d’un bout à l’autre du pays. Il faut qu’on soit prêts à payer pour ça. Ça ne veut pas dire de jeter de l’argent par les fenêtres, mais si un plan est bien fait comme celui de Calgary l’était, est-ce qu’on peut continuer de rêver et d’inspirer? »

« Qu’on aime ou pas ce qui se passe avec les gens qui mènent le CIO, on ne peut pas démentir que pendant deux semaines, on est rivés à nos écrans et qu’on vit des émotions extraordinaires. »

Le cofondateur de B2dix soutient que tout était en place à Calgary, qui a reçu les Jeux d’hiver en 1988.

« On vient de passer à côté d’une opportunité de reconstruire, de rénover nos infrastructures et d’en bâtir qui auraient servi à la communauté après. Ça aurait eu un impact à long terme, un héritage qui aurait été positif pour la ville. »

Un « non » en raison des coûts

La médaillée olympique et chef de mission de l’équipe canadienne aux Jeux de Vancouver, Nathalie Lambert, aurait aussi préféré un autre résultat.

« Je trouve que Calgary est la ville idéale pour tenir des Jeux d’hiver, a-t-elle affirmé en entrevue à RDI matin. Ils l’ont prouvé en 1988 et ils le prouvent encore 30 ans plus tard avec la maintenance de leurs infrastructures. J’aurais aimé revivre des Jeux au Canada et les revivre dans un endroit qui les a déjà tenus pour que les coûts d’infrastructures ne soient pas faramineux. »

Selon elle, c’est la question du coût qui a convaincu les citoyens à voter non.

« Il y a une propagation qui est fausse, estime-t-elle. La facture est substantielle, mais on tend à mélanger la facture des infrastructures et celle des coûts réels de l’organisation des Jeux olympiques. Quand on a pensé à un plan postolympique comme ç’a été le cas avec Calgary en 1988, je pense que ça fait du sens pour une ville de vouloir tenir les Jeux olympiques. »

« Le message est clair. Ça coûte trop cher, c’est trop gros, c’est un peu devenu un monstre, poursuit l'ex-patineuse de vitesse sur courte piste. Le CIO a commencé à faire ses devoirs, mais a besoin d’en faire un peu plus. Je crois aussi qu’il y a une incompréhension de ce qui est fait avec cette richesse-là. C’est vrai que le CIO est une des organisations les plus riches au monde, mais c’est aussi le pourvoyeur de tout le système sportif mondial. »

Une perte de confiance envers le CIO

Selon Dominick Gauthier, le mouvement de cynisme face au CIO est mérité.

« Les gens ont perdu confiance. C’est le message qu’on entend : ''On n’en veut plus.'' […] Quand même des villes comme Calgary ou Lillehammer ne veulent plus des Jeux olympiques, c’est sûr qu’il faut revoir nos façons de faire. »

Notre cœur olympique saigne un peu. Ça va prendre du temps avant de regagner la confiance.

Dominick Gauthier

L’ex-athlète olympique ne mâche pas ses mots : il doit y avoir un changement à la tête du CIO.

« Avec les derniers cycles olympiques qui ont fait mal et tout le scandale du dopage, ça s’accumule. Et c’est ce qui fait que les gens ne veulent plus en entendre parler. C’est qui, le responsable? Le capitaine du bateau. Peut-être que c’est le temps que le capitaine quitte le bateau. »

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