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Jean Pascal dans les souliers de Bernard Hopkins

Jean Pascal dans les souliers de Bernard Hopkins
Radio-Canada

S'il refuse le rôle de faire-valoir, Jean Pascal se plaît bien dans la peau d'un Bernard Hopkins, le vieux renard prêt à servir une leçon au jeune loup qu'est Dmitry Bivol, le 24 novembre, pour le titre de la WBA des mi-lourds.

Un texte de Jean-François Chabot

« Le temps passe vite », a déclaré Pascal aux journalistes venus à sa rencontre, mercredi matin, pour un entraînement médiatique au deuxième sous-sol du complexe sportif Claude-Robillard.

« Hier encore, on disait que c'était moi le jeune champion qui voulait se faire un nom… fringant… Mais aujourd’hui, je suis comme Bernard Hopkins, le vétéran, pour ce combat », a reconnu le Lavallois en quête du deuxième titre mondial de sa carrière.

Compte tenu que je prends de l’âge, je me sens bien dans ce rôle. J’ai mûri. J’ai pris beaucoup d’expérience. J’ai fait le tour du jardin et je connais mon métier et mon sport. Il me suffit maintenant de bien appliquer notre plan, le 24 novembre au soir.

Jean Pascal

Il a rappelé à quel point Hopkins s’était montré très rusé en utilisant son expérience, lors de leurs deux duels, en 2010 et 2011.

« Je vais essayer de faire la même chose en me servant de ce que j’ai appris dans tous mes combats de championnat du monde. Après tout, j’ai plus de K.-O. à ma fiche que Bivol a de combats. »

Changer l’approche

Malgré sa vaste expérience, Jean Pascal se retrouve face à un nouveau style de boxeur qu’a savamment présenté son entraîneur Stéphan Larouche dans un échange à bâtons rompus, à l’écart des caméras.

« Jean a l’habitude de combattre des opposants qui foncent vers lui, prêts à en découdre coup pour coup. La nouvelle génération, surtout les Russes, fait tout le contraire », a d’abord indiqué Larouche.

Les gars comme Sergey Kovalev, Vasiliy Lomachenko ou Dmitry Bivol travaillent en gérant la distance. Ils sont prêts à laisser leur adversaire courir et se fatiguer. Ils sont capables de placer des coups, même de très loin, puis de reculer pour se mettre à l’abri, ce qui est très difficile à gérer quand on n’est pas habitué à cette manière de faire.

Stephan Larouche

Larouche en veut pour preuve le combat qui a opposé samedi dernier le Britannique Tony Bellew à l’Ukrainien Oleksandr Usyk, champion incontesté des lourds-légers, détenteur des titres de la WBA, du WBC, de la WBO et de l'IBF.

« Bellew a peut-être gagné les cinq premiers rounds, mais il s’est épuisé à chercher son adversaire. Quand Usyk a senti le moment, il a haussé son niveau d’un cran et lui a passé le K.-O. C’est de ça aussi que devra se méfier Jean contre Bivol », a admis Larouche.

Un jeune loup pour partenaire

Le clan Pascal est allé chercher le clone stratégique de Bivol jusqu’en Afrique. C’est ainsi que le Camerounais Wilfried Seyi, 20 ans et triple champion d’Afrique, s’est amené à Montréal il y a un mois pour servir de partenaire d’entraînement.

Dieudonné Wilfried Seyi Ntsengue, de son nom complet, est boxeur et fils de boxeur. Il était le porte-drapeau du Cameroun à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Rio en 2016, où il a atteint les huitièmes de finale.

Filiforme, mais surtout vif et rapide, il a accompagné Pascal jusqu’à New York pour participer à la préparation de ce qui sera son 10e combat de championnat du monde. Seyi est censé avoir permis à Pascal d’aiguiser ses réflexes.

Stéphan Larouche, qui s’est souvent fait une spécialité dans le polissage des diamants bruts, a laissé entendre que le séjour de Seyi au Québec pourrait se prolonger.

« On a des plans pour lui aussi, mais on vous en reparlera plus tard », a-t-il confié avec une étincelle dans le regard.

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