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JO 2026 : les athlètes canadiens déçus du « non » de Calgary

Tessa Virtue et Scott Moir portent le drapeau canadien.
Le Canada lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pyeongchang Photo: Getty Images / Maddie Meyer
Radio-Canada

Après avoir tenté de convaincre la population de Calgary de donner le feu vert à une candidature pour les Jeux olympiques d'hiver, nombre d'athlètes canadiens ont vu leurs espoirs s'éteindre quand les Calgariens ont voté non à 56,4 %, par référendum, mardi.

Plusieurs d'entre eux s'étaient réunis dans la ville albertaine, arborant le rouge et le blanc, pour suivre les résultats qu'ils ont accueillis avec déception.

Le skieur acrobatique québécois Philippe Marquis est l'un de ceux qui a tenu à faire part de sa déception sur les réseaux sociaux.

« Calgary aurait pu laisser une empreinte positive, un héritage matériel et spirituel, a-t-il écrit sur Twitter. Le mouvement olympique est loin d’être parfait, je le reconnais. Dans le futur, j’imagine des Jeux pour les athlètes et pour le peuple. Des Jeux transparents, écoresponsables, où le sport est célébré et inspire. Je crois en cette utopie. Merci à tous ceux qui ont travaillé extrêmement fort dans ce projet commun. »

« En espérant que le retrait de plusieurs villes majeures dans les dernières années servira de leçon pour le CIO », a dit pour sa part le coureur de demi-fond Charles Philibert-Thiboutot.

Les patineurs canadiens déçus

Charles Hamelin a vécu l’ivresse des Jeux de Vancouver en 2010. Le patineur sur courte piste avait remporté deux médailles d’or, au 500 m et au relais, la même soirée.

Il aurait voulu que ses successeurs aient le droit de vivre la même chose. Lui-même aurait souhaité vivre une nouvelle fois les Jeux au pays, dans un rôle différent.

« C’était incroyable pour ma carrière de gagner à Vancouver, a confié Charles Hamelin à Radio-Canada Sports. On a vu un boom dans la croissance du sport après ces Jeux. Je pense que les Olympiques au pays sont une bonne chose pour les athlètes, mais aussi pour la population en général. C’est ma vision d’athlète, mais il n’y a pas que ma perspective qui compte. »

Hamelin respecte l’opinion et le message lancé par les électeurs de Calgary. Ce n’est que partie remise, espère le patineur.

« C’est un signe que le Comité international olympique doit se regarder dans le miroir et que ça va peut-être l’inciter à mieux faire les choses dans le futur, explique-t-il. J’espère vraiment que ça va être le cas et que les Jeux vont revenir au Canada plus tôt que tard. »

Le dauphin d’Hamelin, Samuel Girard, espère aussi le même genre d’ajustement. Il ne croit pas à la disparition des Jeux, mais souhaite leur métamorphose.

« Je ne pense pas que le CIO se retrouvera un jour sans candidature, mais il doit diminuer l’envergure de l’événement, estime le patineur de Ferland-et-Boilleau. Les Olympiques coûtent trop cher, à mon avis. Diminuer les coûts ferait en sorte que plus de villes pourraient être intéressées. »

Girard, 22 ans, n’aura visiblement jamais la chance de participer aux Jeux en sol canadien en tant qu’athlète. On saura seulement dans quatre ans quel impact le retrait de la candidature de Calgary aura sur sa carrière.

« Ç'aurait été déchirant de prendre la décision d’arrêter ma carrière en 2022 en sachant que les Jeux allaient être au pays, dit le champion olympique en titre du 1000 m. Là, je me concentre sur les Jeux de Pékin et on verra ensuite. »

Rêver de vivre les Jeux à la maison pour la première fois

Le patineur de vitesse sur longue piste Gilmore Junio est né à Calgary en 1990. Il vient de voir ses chances de vivre des premiers Jeux au Canada s'envoler. Junio a appris à patiner sur l’anneau olympique et y reprenait d’ailleurs l’entraînement mercredi.

« L’ambiance sera morose, ce sera difficile, a-t-il dit. Je suis déçu, le mot est faible. Je ne peux pas m’empêcher de penser à l’expérience que ça aurait pu être. »

Pour l’ex-patineuse sur longue piste Catriona Le May Doan, triple médaillée olympique, l'espoir s'est transformé en frustration.

« Je ne sais pas si Calgary sera toujours une ville de sports d’hiver dans 10 ans. Je veux demander à la Ville : quel est le plan? Parce qu’on a besoin d’un plan. On a besoin de se parler. »

Ça prouve que notre ville est divisée et ça commence par le conseil municipal. C’est un problème. On doit trouver une solution pour améliorer la cohésion dans notre communauté.

Catriona Le May Doan

L’ancien gymnaste Kyle Shewfelt, médaillé d’or aux Jeux d'Athènes en 2004, n’a pas mâché ses mots à l’issue des résultats du vote.

« Je veux demander à Calgary : maintenant, que fait-on? Comment allons-nous revitaliser notre mode de vie sain et actif dans cette ville? Je suis déçu et j’ai le cœur brisé pour tous ceux qui avaient le rêve de vivre les Jeux à Calgary. Si 56 % des Calgariens trouvent que c’est une mauvaise chose pour la ville, alors qu’est-ce qu’on peut faire de bon? Parce que, quand on dit non à quelque chose, on n’avance pas. »

Avec les informations de CBC

Sports