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Le pire match de l’année du Canadien ne doit pas servir de diversion

Le défenseur du Canadien David Schlemko tente sans succès de ravir la rondelle à McDavid.
Le capitaine des Oilers, Connor McDavid, a donné du fil à retordre aux défenseurs du Canadien durant toute la soirée. Photo: La Presse canadienne / JASON FRANSON
Radio-Canada

EDMONTON - Personne ne contredira Claude Julien qui a affirmé que son équipe a disputé une bien mauvaise rencontre à Edmonton. C'est une évidence. Mais de mettre seulement l'accent sur cette défaite cinglante équivaut à se placer devant l'arbre qui cache la forêt.

Un texte d’Alexandre Gascon

Avec cette gifle de 6-2, le Canadien (9-6-3) vient d’accorder 36 buts à ses 8 derniers matchs, soit une moyenne de 4,5 par rencontre.

Peu importe la façon dont on regarde ça, les chiffres sont implacables.

Depuis le blanchissage de Carey Price à Boston, seuls les Sénateurs d’Ottawa ont été plus généreux (37) dans toute la LNH. Et ils ne sont pas exactement une référence d’excellence en ce moment.

Après le CH et ses 36 buts, sur un pied d’égalité avec les Devils, on tombe sur… les Oilers d’Edmonton (9-8-1) qui en ont donné 26.

L’attaque avait jusqu’alors réussi à pallier les lacunes défensives qui, soit dit en passant, ne sont pas l’apanage des défenseurs.

Lorsqu’elle manque de ressources, le Tricolore est démuni dans son territoire. Le plus surprenant est que l'équipe a pourtant réussi à restaurer l’une de ses grandes failles du début de campagne : le désavantage numérique.

Au cours de ces huit rencontres, Montréal présente un excellent taux d’efficacité de 89,6 %.

Le problème est à cinq contre cinq.

On courait après la rondelle toute la partie et dès qu’on l’avait, on la redonnait à l’autre équipe.

Jonathan Drouin

« On ne peut pas gagner des matchs 5 à 4 ou 6 à 5 tout le temps. On en a parlé, mais là, c’est le temps d’exécuter », a admis David Schlemko, qui en a vu de toutes les couleurs avec Connor McDavid.

L’idée n’est certainement pas de blâmer un joueur en particulier, surtout pas Schlemko qui disputait seulement son deuxième match de l’année et revient tout juste d’une blessure. Il a passé plus de 10 minutes de son temps de jeu à cinq contre cinq à affronter l’étoile des Oilers. Ça apparaissait presque injuste.

Non, il s’agit du travail de groupe que tout un chacun n’a pas manqué de déterminer.

« On doit être meilleur en groupe. On ne peut pas donner autant de chances à une équipe comme ça. Ils vont te faire payer », a expliqué Max Domi.

« Il n’y avait pas d’unité de cinq. On a donné beaucoup trop d’espace dans la zone neutre. Ils ont fait ce qu’ils voulaient avec la rondelle. Ils patinaient et on n’a pas arrêté les jeux en zone neutre », a ajouté Jonathan Drouin.

« Quand les gars ne sont pas dedans et ne jouent pas comme ils le devraient, la structure ne marche pas. Tu quittes ton poste, ça ouvre de l’espace, ça te fait travailler plus fort », a résumé Andrew Shaw, auteur d’un quatrième but en trois matchs depuis qu’il s’est joint au duo Domi-Drouin.

Retour à la case départ

Claude Julien a bien tenté d’isoler ce match, de le sortir de son contexte.

« On ne s’est pas présenté ce soir. Ça a été un de nos pires matchs de la saison, sans aucun doute. Pas beaucoup de positif. C’est un match qu’il faut effacer et être prêt à rebondir à Calgary. Un match difficile pour tout le monde », a fait valoir l’entraîneur.

Jamais n'a-t-il fait de lien entre cette rencontre et les déboires récents de la défense, même si les journalistes lui en ont fourni l’occasion une ou deux fois.

« Tu perds un match comme ça, on va montrer du doigt tous les aspects du jeu. Les défenseurs ne marquent pas, l’avantage numérique, la vitesse contre nous. C’était juste une soirée difficile […] En 82 matchs, ça va arriver. Je suis sûr que c’est arrivé à chaque équipe cette année. »

Le fait est que la brigade défensive du CH a créé l’illusion, a même dissipé les doutes de nombreux sceptiques, pendant, disons, les 10 premiers matchs. Depuis, c’est un portrait par trop similaire au groupe de l’an dernier que l’on contemple.

Drake Caggiula des Oilers célèbre son but en deuxième période aux côtés de Charles Hudon du Canadien, dépité.Drake Caggiula des Oilers célèbre son but en deuxième période aux côtés de Charles Hudon du Canadien, dépité. Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

Pour le deuxième but des Oilers, les trois attaquants du trio de Domi sont coincés derrière la ligne de but d’Edmonton quand McDavid se met en marche.

Oui, ce dernier a contourné Schlemko avec une belle aisance, mais les trois complices n’ont jamais pu venir prêter main-forte à leurs arrières. Sur la séquence, Shaw se démène pour combler l’écart d’ailleurs. C’était moins évident dans le cas de Drouin.

La veille, après l’entraînement, Shaw avait spécifiquement mis en garde contre cette mauvaise habitude.

On a vu Jeff Petry souvent redonner la rondelle à l’adversaire. On a vu Mike Reilly, qui a vraiment perdu des plumes récemment, commettre des revirements dans sa zone en se débarrassant du disque lorsque la pression adverse approchait.

Schlemko était rouillé et les jeunes Noah Juulsen et Victor Mete apprennent à la dure ces jours-ci.

Les Oilers ont passé de nombreuses très longues présences dans le territoire des joueurs du Canadien à les épuiser.

Vivement le retour de Shea Weber diront certains, mais le problème restera entier lorsque l’homme-montagne reprendra sa place. Qui sera l’heureux élu pour l’épauler à sa gauche?

Entre Schlemko, Mete, Reilly, Jordie Benn, Karl Alzner ou Xavier Ouellet, on ne peut pas dire que la solution saute aux yeux.

En rafale

Max Domi a dépassé son total de buts des deux dernières saisons en enfilant son 10e cette année. Le joueur de centre totalise 22 points et en a amassé au moins un dans 15 des 18 matchs de son équipe.

Depuis le 30 octobre, seulement 5 des 22 joueurs qui ont porté l’uniforme montréalais ont maintenu un ratio de buts positif. Statistique curieuse : alors que Domi (+1) et Shaw (+2) ont gardé la tête hors de l’eau, Jonathan Drouin affiche un bilan de -5. On parle pourtant de ses compagnons de trio, bien que Shaw le soit depuis trois matchs seulement.

Rare bonne nouvelle, le Canadien a redressé son unité d’infériorité numérique de façon spectaculaire. De cancre qu’il était au début de l’année, il fait figure de premier de classe au mois de novembre (7 matchs) avec un succès de 91,3 %. Les Oilers n’ont pas réussi à marquer en trois tentatives.

À l’inverse, l’avantage numérique patauge dans la gadoue et pointe au 29e rang de la ligue à 13 %.

Les défenseurs montréalais ont marqué quatre buts depuis le début de l’année. Edmonton aussi peinait à ce chapitre avec seulement trois réussites avant d’affronter le CH. Les arrières des Oilers en ont inscrit trois autres mardi soir.

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