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Félix Auger-Aliassime au seuil du top 100 et confiant

Bilan de saison de Félix Auger-Aliassime
Radio-Canada

Félix Auger-Aliassime est de retour au bercail pour quelques semaines après une saison bien remplie. Le Québécois de 18 ans est satisfait de sa progression et envisage l'avenir avec enthousiasme.

Un texte de Michel Chabot

En conférence de presse, au stade IGA à Montréal, mardi, Félix Auger-Aliassime a dressé un bilan positif de son parcours en 2018 en dépit d'un départ difficile causé par une blessure subie à la fin de l'année passée.

« Ç’a été un début d’année difficile, retardé au niveau des performances, un peu compliqué, a analysé le Montréalais de 1,91 m (6 pi 3 po). À partir de Roland-Garros, j’étais sur une phase ascendante.

« Jusqu’à la fin de l’année, je sentais que je jouais de mieux en mieux, j’engrangeais des victoires et je gagnais beaucoup de confiance. En gros, c’est quand même une année positive, je l’ai bien finie. C’est encourageant pour 2019. »

« Son jeu s’est vraiment endurci et amélioré à partir du printemps, ajoute son entraîneur Guillaume Marx. Il a commencé à avoir des résultats en deuxième partie d’année, surtout durant l’été qui ont été vraiment très probants, avec de grosses victoires. Le point où il est arrivé est très encourageant. »

Auger-Aliassime a pris part à une trentaine de tournoiset compte réduire quelque peu la cadence afin de favoriser la qualité plutôt que la quantité.

« À 17, 18 ans, tu as besoin de beaucoup de tournois et de matchs, explique-t-il. J’espère jouer moins de tournois l’année prochaine et aller plus loin dans chaque tournoi. »

Louis Borfiga, vice-président du développement de l'élite à Tennis Canada, estime pour sa part que c'est en jouant beaucoup qu'un jeune joueur peut s'améliorer.

« Quand on a son âge, 18 ans et même 19, 20 ans, il faut faire beaucoup de matchs. Il fait ce que font les meilleurs. L’expérience qu’on acquiert en matchs est irremplaçable. Se frotter aux meilleurs, c’est là où on progresse le plus. »

Une inflammation à un genou la semaine dernière l’a forcé à déclarer forfait au Challenger de Mouilleron-le-Captif, en France, ce qui l’a peut-être privé de son objectif de s’installer parmi les 100 premiers joueurs du monde. Il est 109e.

Je finis quand même à la porte du top 100. Je sens que j’ai le niveau. Je suis peut-être à quelques victoires du top 100. J’ai ma place parmi ces joueurs-là, j’en ai battu plusieurs. C’est encourageant pour la suite.

Félix Auger-Aliassime

Le gagnant de deux tournois Challenger a décroché 6 victoires en 16 matchs sur le circuit de l’ATP. Sa plus belle réalisation est survenue au premier tour de la Coupe Rogers à Toronto. Il avait vaincu le Français Lucas Pouille, alors 18e raquette mondiale.

Sa présence au troisième tour, à Chengdu, en Chine, lui a également apporté une grande satisfaction.

« Mon premier quart de finale en Grand Prix... C’était un objectif d’y engranger quelques victoires et c’est un bel accomplissement. Et ma qualification à l’US Open aussi, première participation au tableau d’un grand chelem, c’en est un autre. C’est un beau moment que j’ai pu partager avec ma famille. »

Son affrontement au premier tour à Flushing Meadows, face à son compatriote et ami Denis Shapovalov, a permis de voir que le jeune Canadien a de bonnes aptitudes et un fort caractère.

Les deux rivaux avaient chacun remporté une manche avant qu'Auger-Aliassime abandonne en raison de problèmes d’arythmie cardiaque. Ces ennuis de santé ont inquiété plus d’un observateur, mais le principal intéressé n’en fait pas de cas.

« C’est connu depuis que je suis tout jeune, explique-t-il. On va profiter du fait que je suis ici pour investiguer plus en profondeur et voir ce qu’on peut faire et essayer de régler le problème. Je ne suis pas inquiet pour ma santé, on aimerait trouver le problème et le régler. »

Le retour au travail après les retrouvailles

Le jeune homme se dirigera vers la Floride le 1er décembre pour recommencer à s’entraîner. Il compte amorcer son année avec un tournoi avant les Internationaux d’Australie. Il hésite encore entre l’Inde, Doha, au Qatar, ou Brisbane, en Australie. Il fera son choix avec son équipe au cours des prochaines semaines.

D’ici là, il peut renouer avec ses proches.

« Je profite de mon temps avec ma famille, se réjouit-il. C’était la priorité en venant ici. J’ai 18 ans, je suis un adolescent, donc j’ai besoin de voir ma famille et ma sœur. C’est une saison longue, c’était bien de rentrer. »

Auger-Aliassime l’admet, ses 40 semaines à l'étranger lui ont parfois donné le mal du pays. Heureusement, sur la route, il est bien entouré par ses entraîneurs Guillaume Marx et Frédéric Fontang . En alternance, ils assurent une présence rassurante auprès de leur protégé.

« J’ai une chance que peu de joueurs ont, j’ai une très bonne relation avec mes entraîneurs, lance-t-il. Ce n’est pas vraiment une relation professionnelle, c’est une relation de famille, amicale. Donc j’arrive à passer de bons moments avec eux à l’extérieur du terrain. Et mes parents ont eu la chance de venir à quelques tournois, c’était une bonne chose. Mais à la fin de l’année, ça commençait à être un peu plus long. »

En 2019, il espère poursuivre sa progression, mais n'a pas encore établi d’objectif plus précis que de franchir le top 100 mondial en début d’année.

« Le plus beau, ce serait de gagner un titre, mais c’est encore très loin, je pense, dit humblement celui qui a accumulé 290 000 $ de gains au cours de l'année. Ce que j’ai appris aussi cette année, c’est de ne pas trop me projeter. J’y vais tournoi par tournoi. »

Un avenir brillant

Le légendaire John McEnroe lui a prédit une éventuelle place parmi les cinq meilleurs joueurs du monde. Un éloge qui le touche, mais qui ne l’étouffe pas.

Ça ne me met pas une pression supplémentaire, je m’en mets moi-même assez, j’ai de hautes ambitions. Moi aussi j’espère être dans le top 5. Que ça vienne de sa part, ça veut dire quelque chose.

Félix Auger-Aliassime

« Je l’ai vu une fois à l’US Open, il était venu dans le vestiaire, poursuit-il. Il me disait qu’il était un fan de ce que je faisais et il me souhaitait le meilleur pour la suite de ma carrière. »

Félix Auger-Aliassime attire de plus en plus l’attention des médias et du public, mais les feux de la rampe ne semblent pas l’effrayer.

« Il y a un peu plus d’attention, des fois je me fais reconnaître, mais je vis ça le plus naturellement possible, dit-il. Je n’ai pas changé de style de vie, je reste moi-même et je pense que c’est le mieux que je peux faire. »

Voilà un jeune homme mature qui enchante ses entraîneurs. Ces derniers font preuve de prudence au sujet de leur talentueux poulain sans pouvoir s'empêcher de rêver.

« On a fait l’impasse sur Wimbledon, dans un but bien précis, pour continuer à développer son jeu sur terre battue. Mon rêve secret c’est qu’un jour Félix gagne Roland-Garros. »

Louis Borfiga, Tennis Canada

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