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Milan Lucic n'est plus l'ombre de lui-même

Il s'échauffe avant un match.
Milan Lucic Photo: Getty Images / Rich Lam
Radio-Canada

EDMONTON - Qu'ont en commun Milan Lucic, Spencer Foo, Nic Petan et Matthew Highmore au-delà de leurs noms truculents? Leur production offensive.

Un texte d’Alexandre Gascon

Depuis Noël 2017, les quatre messieurs ont marqué chacun deux buts dans la LNH. Foo, Petan et Highmore l’ont fait en 13 matchs ou moins, Lucic en 63.

De par son importance, jadis, dans la rivalité Canadien-Bruins, il y a comme un petit folklore qui entoure Lucic à Montréal, dirait-on.

Il s’est fait un peu oublier depuis qu’il a déménagé dans l’Ouest, son nom résonne avec moins d’insistance et de joueur d’impact qu’il a déjà été, il devient lentement un poids pour les Oilers d’Edmonton. Autant sur la glace que dans les livres de comptabilité.

En 2018 donc, il a marqué deux fois, dont un seul filet à cinq contre cinq.

« Si tu veux que j’explique 2 buts en 63 matchs… je ne sais pas quoi dire », a lancé Lucic lundi, visiblement préoccupé.

La frustration a envahi récemment le colosse de 1,91 m (6 pi 3 po) et 105 kg (230 lb), bien qu’il soutient que c’est « moins mauvais que l’an dernier ».

On l’a vu s’en prendre à Mathieu Joseph (Nouvelle fenêtre) du Lightning de Tampa Bay parce qu’il n’avait pas digéré une mise en échec que le Québécois avait préalablement assénée à l’un de ses coéquipiers.

Il a dû s’expliquer au département de la sécurité des joueurs et s’en est finalement tiré avec une amende de 10 000 $.

À l’entraînement lundi, Lucic a fracassé deux bâtons dans un élan de rage, le premier sur un poteau, le deuxième sur la rampe, avant de rentrer précipitamment au vestiaire un peu avant la fin de la séance.

« Quand tu commences à être négatif et que tu n’as pas une bonne attitude, ça se répercute sur l’équipe. Tu dois trouver une façon de mettre les choses en marche », a-t-il admis devant les caméras quelques minutes plus tard.

2018, pas un grand cru

Lucic a ensuite laissé échapper un lapsus des plus éloquents.

« J’ai fait un beau jeu sur un but l’année dernière…heu, hier soir, parfois tu peux bâtir là-dessus. »

Dimanche soir, le Vancouvérois de 30 ans a effectivement amorcé la séquence qui a mené au seul but des Oilers dans une défaite de 4-1 aux mains de l’Avalanche. Il a récolté une passe sur le jeu, son premier point en huit matchs.

Celui que l’on avait établi comme l’ailier gauche potentiel de Connor McDavid lorsque le directeur général Peter Chiarelli lui a consenti un pacte de sept saisons d’une valeur de 42 millions de dollars a été rétrogradé dans le troisième trio, il y a six matchs.

Depuis le 1er novembre, l’entraîneur Todd McLellan l’utilise en moyenne 11 min 44 s par rencontre, ce qui en fait le 20e attaquant sur les 21 qui ont sauté sur la glace pendant cette séquence.

Lucic ne sait plus à quel saint se vouer.

Je change des choses. J’essaie de tirer plus fort, de changer la façon dont j’enrubanne mon bâton. Tu essaies des trucs pour trouver quelque chose. Changer les gants, les laver, changer tes lacets. Juste trouver quelque chose.

Milan Lucic

« Pendant les exercices, je tire de divers endroits, d’un pied sur l’autre, dans une autre position... » a-t-il renchéri.

Bref, ça va mal.

« Je vis mes pires moments. Avant ça, je n’avais jamais connu de séquence comme ça. Je me suis même regardé marquer des buts avec Boston et à l’époque des Giants de Vancouver [Ligue junior de l’Ouest, NDLR], juste pour me sentir bien », a confié le numéro 27 des Oilers.

Photo : Getty Images / Frederick Breedon

« Peut-être que c’est juste l’année 2018. Ce n’est pas mon année. Tout ce qui pouvait mal tourner a mal tourné. J’ai hâte que 2019 arrive », a-t-il conclu.

Lucic a encore quatre années à son contrat, excluant la saison en cours, à une valeur moyenne de 6 millions.

Avec le rajeunissement de la ligue et l’accent toujours plus prononcé mis sur la vitesse, pas exactement la force du gaillard, il est permis de se demander si l’ancienne bête noire du Canadien pourra retrouver sa touche.

Il avait réussi 50 points à sa première campagne avec les Oilers, mais les résultats ne font que péricliter depuis ce temps et Lucic a maintenant franchi le cap de la trentaine.

Les Oilers l'espèrent certainement. Et son capitaine lui apporte tout son soutien.

« C’est un grand garçon, il est dans cette ligue depuis longtemps, il n’a besoin de personne pour lui chuchoter à l’oreille. Il comprend très bien. Tout le monde veut marquer, contribuer à l'attaque. Mais au bout du compte, ça importe peu tant que tout le monde pousse dans la même direction et contribue à sa façon », a dit Connor McDavid.

« S’il marque tant mieux, sinon ce n’est pas important, il apporte énormément à l’équipe. »

Les beaux jours des séries Montréal-Boston doivent quand même lui sembler bien loin.

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