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chronique

Lance Stroll a hâte de regarder en avant, et non dans ses rétroviseurs

Lance Stroll dans le garage de l'équipe Williams à Sao Paulo
Lance Stroll dans le garage de l'équipe Williams à Sao Paulo Photo: Getty Images / NELSON ALMEIDA
Philippe Crépeau

Lance Stroll a toujours gardé son calme dans cette saison misérable pour l'équipe Williams. Souvent résigné, parfois dépité, mais toujours mesuré. À Sao Paulo, il a passé les 71 tours de la course à éviter de se retrouver dans la trajectoire des meneurs.

Dans sa tête, le pilote québécois a fini d'écrire le premier chapitre de sa carrière en F1. Et le forcer à céder le passage tour après tour, c'est comme le forcer à relire les dernières lignes de ce chapitre qu'il veut clore.

Et ce sera la même chose à Abou Dhabi, pour la dernière fois en 2018.

Dans le paddock du circuit d'Interlagos, on a tout juste senti une petite pointe de frustration dans les derniers instants de la dernière entrevue que Stroll a donnée après la course.

« The car is so slow, it’s a joke » : la voiture est tellement lente, c’est ridicule.

Peut-on lui reprocher d’exprimer (enfin) ce qu’il ressent depuis la mi-saison, quand il a réalisé qu’il ne tirerait rien de plus de sa FW41?

Et comme il quittera Williams à la fin de la saison, l’équipe l’a tenu loin des discussions et des projets pour la saison 2019.

À la question « Peut-on espérer de meilleurs lendemains pour Williams en 2019? », Stroll a été clair : « Je ne peux pas répondre, je ne suis pas au courant ».

Lance Stroll pourra dire merci à Williams de lui avoir ouvert la porte de la F1, même si le Québécois a dû traverser la pire saison de l’histoire de l’équipe britannique.

Plusieurs journalistes lui ont rappelé dans le paddock de Sao Paulo que c’est dans l’adversité qu’on apprend le plus.

Lance Stroll a appris en 2018 à devoir doser son effort en fonction des limites (évidentes) de sa voiture. Et faire ça pendant toute une saison forge la patience et le caractère.

« J'ai gagné en maturité », admet-il, en réfléchissant (fort) aux points positifs de sa deuxième saison en F1.

Le week-end d’Abou Dhabi sera un soulagement pour toute l’équipe Williams, et qui a déjà commencé à faire ses adieux à ses partenaires.

L'équipe Williams dit merci à Martini pour son partenariat depuis 2014.Agrandir l’imageL'équipe Williams dit merci à Martini pour son partenariat depuis 2014. Photo : Twitter / Williams F1

« Un partenaire formidable et une superbe livrée. Merci Martini Global », peut-on lire dans ce message envoyé le 11 novembre.

Martini a permis à Williams d’avoir l'une des voitures les plus élégantes sur la grille.

L’équipe pourrait aussi perdre ce titre purement honorifique, car les voitures changeront forcément de couleurs en 2019.

Pendant que Williams tentera de se réinventer, Lance Stroll aura, avec sa nouvelle équipe, les outils pour s’installer dans le top 10.

Comme l'a fait le Français Esteban Ocon en 2018 avec la VJM11, qui elle aussi changera de visage et de nom.

Une image rassurante

Venons-en à la controverse de ce Grand Prix du Brésil, impliquant justement Ocon, et Max Verstappen.

Les deux se connaissent. Ils ont déjà eu maille à partir quand ils étaient en F3. Il y a un historique entre les deux hommes qui explique peut-être la saute d'humeur du Néerlandais.

Mais la colère de Max Verstappen n'a pas duré.

Max Verstappen et Esteban Ocon se serrent la main dans le paddock du circuit d'Interlagos après leur rencontre avec les commissaires de la FIAMax Verstappen et Esteban Ocon se serrent la main dans le paddock du circuit d'Interlagos après leur rencontre avec les commissaires de la FIA Photo : Twitter

Dès la sortie de leur rencontre avec les commissaires (après que le Néerlandais s'en est pris physiquement au Français à la pesée), Verstappen a tendu la main à Ocon qui l'a tapée franchement, amicalement.

L'incident semble clos. Et Verstappen se fera un plaisir de tourner à la blague les deux jours de travaux communautaires que la FIA lui a imposés.

N'empêche que Lance Stroll n'aurait pas voulu se retrouver à la place de son ami Esteban Ocon.

Avec des pneus frais lui permettant d'être plus rapide que Verstappen qui s'imposait visiblement un faux rythme, Ocon a suivi son plan de match.

L'équipe Racing Point Force India lui avait donné le feu vert pour revenir dans le tour du meneur, et le Français l'a clairement expliqué après la course.

« Je suis resté un tour derrière lui, et avec mes pneus, j'allais plus vite, alors au tour suivant, j'ai demandé si je pouvais le dépasser. On m'a dit oui. Alors, j'ai fait ma manoeuvre dans la ligne droite des puits. »

Revenir dans le tour des meneurs se fait régulièrement, ce qu'a confirmé la FIA.

« Mais il faut le faire proprement, sans que ça gêne le meneur, a précisé le directeur des courses F1 de la FIA, Charlie Whiting, et Esteban ne l'a pas fait de la bonne manière. »

Cela dit, dans son for intérieur, Verstappen doit se dire qu'il ne réagirait pas de la même façon s'il pouvait revenir en arrière de quelques heures.

Il donnerait à Ocon plus de place dans les Esses de Senna, car le commandement de la course vient avec un impératif, celui de ne rien prendre pour acquis, de ne pas croire qu'on va forcément vous céder le passage.

Max Verstappen l'a appris à ses dépens.

À gauche sur la photo, Esteban Ocon (Racing Point Force India) et Max Verstappen (Red Bull) se touchent au 43e tour du Grand Prix du Brésil.Esteban Ocon (Racing Point Force India), à gauche sur la photo, et Max Verstappen (Red Bull) se touchent au 43e tour du Grand Prix du Brésil. Photo : Getty Images / Lars Baron

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