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Commotions cérébrales : entente à l'amiable entre la LNH et 146 de ses anciens joueurs

Les détails de l'entente entre la LNH et 146 de ses anciens joueurs avec Yanick Bourdon

La procédure de médiation a mis fin lundi au litige qui dure depuis cinq ans entre la Ligue nationale de hockey et un groupe de 146 de ses anciens joueurs victimes de commotions cérébrales.

L'action entreprise en justice visait à dédommager les plaignants pour les traumatismes et les problèmes cognitifs permanents liés aux commotions subies au cours de leur carrière.

Sous la supervision du juge à la retraite Jeffrey J. Keyes, la Ligue a accepté de verser 22 000 $ à chacun des 146 joueurs, sans toutefois reconnaître quelque forme de responsabilité que ce soit.

Les plaignants pourront en plus recevoir jusqu’à 75 000 $ si des tests neuropsychologiques peuvent montrer la gravité des traumatismes. Ces examens doivent être subis au cours des 150 jours suivant la date de signature de l’entente.

La LNH devra s’acquitter de la totalité des frais juridiques encourus par le groupe de joueurs, une somme de près de 7 millions de dollars.

Un fonds de secours de 1 million, constitué par la LNH, répondra aux réclamations de 172 autres joueurs qui sont en attente d’un règlement, mais qui ne font pas partie du groupe initial. L’entente prévoit un plafond absolu de 19 millions.

L’entente survient quatre mois après que la juge d’instance fédérale Susan Richard Nelson eut rejeté la demande des joueurs de former un recours collectif contre la Ligue. Pour expliquer sa décision, elle avait soulevé la grande disparité des lois entre les États concernant le suivi médical.

Plus de 5000 anciens joueurs aux prises avec des problèmes cognitifs et neurologiques liés à des commotions cérébrales auraient pu se fédérer dans un recours collectif si la juge Nelson l’avait autorisé.

Parmi les anciens joueurs du Canadien de Montréal qui font partie des plaignants se trouvent Guillaume Latendresse, Sergio Momesso, Brian Savage et Turner Stevenson.

Au football, la NFL a conclu en 2017 une entente à l’amiable avec plus de 20 000 de ses anciens joueurs, qui a résolu des milliers de poursuites accusant le circuit d’avoir caché les risques reliés aux commotions cérébrales multiples.

En juillet 2018, un peu plus de 500 millions avaient déjà été versés en compensations.

Carcillo outré

Le directeur de l'Association des joueurs de la LNH (NHLPA), Donald Fehr, n'a pas été surpris du dénouement du litige.

« Je suis content que tout ça soit terminé, a-t-il dit. Les personnes concernées pourront reprendre leur vie, et nous pourrons continuer à travailler sur ce problème avec la LNH sans avoir à composer avec le litige. »

L'ex-hockeyeur Daniel Carcillo, qui a disputé 9 saisons et 429 matchs dans le circuit Bettman, a de son côté déploré un accord qu'il considère comme « insultant ».

« À tous les anciens joueurs, n'acceptez pas cette entente concernant les commotions cérébrales », a-t-il écrit sur son compte Twitter personnel.

Carcillo a également sollicité l'aide de Wayne Gretzky sur la question. « Le manque d'appui d'anciens joueurs est le résultat direct de cette tentative insultante d'en arriver à une entente. »

« Tout le monde veut la bonne solution »

« Il y a beaucoup de zones grises, rien de noir ou blanc où ça prend un chiffre précis, a confié à Radio-Canada Sports Ryan Strome, représentant des Oilers d’Edmonton à la NHLPA, à propos des 22 000 $ que pourront toucher les plaignants. C’est difficile à déterminer. »

« En tant que joueur actif, je trouve que le protocole en place maintenant est plutôt bon, a-t-il ajouté à propos du protocole de prévention des commotions cérébrales de la LNH. Si tu te blesses, tu es mieux d’en prendre soin […] À l’époque, c’était sûrement un peu différent, il y avait d’autres problèmes, des choses qui manquaient.

« Avec le temps, on voit que tous les sports comprennent l’émergence des commotions et les gens sont plus conscients, ils sont mieux informés. Il y a plus de recherche sur le sujet. J’aime penser que ça va arriver de moins en moins à l'avenir. Mais en même temps, tu ne sais jamais vraiment. »

Tout le monde veut la bonne solution : les propriétaires, les joueurs, tout le monde. Même si c’est une partie contre l’autre, je pense qu’il faut que tout le monde travaille ensemble pour assurer la santé des joueurs.

Ryan Strome, représentant des Oilers à la NHLPA
Avec les informations de Associated Press

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