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Jean Pascal se voit redevenir champion du monde contre Dmitry Bivol

Il frappe un ballon-poire.

Jean Pascal durant sa préparation pour affronter Ahmed Elbiali en décembre 2017.

Photo : The Canadian Press / Ryan Remiorz

Radio-Canada

À moins de deux semaines de son 10e combat de championnat du monde, Jean Pascal affiche son panache habituel. Il est convaincu de ravir la ceinture des mi-lourds de la WBA au Russe Dmitry Bivol, le 24 novembre, à Atlantic City.

Un texte de Jean-François Chabot

Joint au téléphone, vendredi, à l’un de ses trois sites d’entraînement autour de l’île de Manhattan, Pascal (33-5-1, 20 K.O.) refuse de se laisser camper dans le rôle du vieux boxeur dont se servent les plus jeunes pour se faire un nom.

Je ne me considère pas comme un gate keeper. Ceux qui pensent ça ne connaissent pas la boxe. Je l’ai prouvé en décembre quand je suis allé boxer en Floride contre Ahmed Elbiali en montrant que j’étais encore parmi l’élite.

Jean Pascal

« Je connais mes capacités. Je connais mes faiblesses. C’est pour ça que je suis resté dans le gym pour être prêt en tout temps », a-t-il poursuivi.

Il estime que l’on vend encore sa peau trop vite. Il sait par contre que sa renommée est en grande partie ce qui lui ouvre encore bien des portes.

« Pour dire la vérité, il y a beaucoup de gérants d’estrade au Québec. Mais je savais qu’une chance de championnat du monde allait arriver étant donné que j’ai un bon nom. J’ai une bonne fiche. Tôt ou tard, c’était sûr qu’un champion ou un jeune champion voudrait ajouter mon nom sur sa fiche », a-t-il expliqué.

Pascal fêtera ses 36 ans quatre jours après le duel face à Bivol (14-0, 11 K.O.). S’il reconnaît d’emblée que sa préparation aux côtés de Stephan Larouche se déroule bien, le Lavallois, récemment endeuillé par le décès de son père, sait qu’il doit faire certaines choses de manière différente.

« La préparation se passe mieux que prévu. Je me sens très bien, tant psychologiquement que physiquement », a-t-il d’abord lancé.

Puis, quand on a abordé la question de son âge, il ne l'a pas éludée.

« On s’entraîne de façon différente, d’une façon plus intelligente. On n’a pas la même énergie que l’on avait à 21 ans. C’est donc important d’inclure le repos. Il y a beaucoup plus de repos qu’à 21 ans. C’est une question d’équilibre », a-t-il reconnu.

Je me prépare pour chaque combat comme s’il s’agissait d’un championnat du monde. C’est sûr que c’est une belle opportunité pour moi. C’est à moi de la saisir pour la changer en bon souvenir. C’est pour cela que je m’entraîne très fort avec Stephan Larouche et que je serai prêt le 24 novembre.

Jean Pascal

À cet effet, l'entraîneur croit que tout a été fait dans les règles de l’art.

« Comme on le fait tout le temps, on se prépare du mieux que l’on peut dans les situations que l’on a à affronter. On y va de la meilleure stratégie possible. C’est toujours une question d’exécuter le plan de match. On est conscients de la tâche qu’on a devant nous », a dit celui qui a déjà mené Leonard Dorin, Éric Lucas, Adrian Diaconu et Lucian Bute à des titres mondiaux.

Larouche a dit qu’il voit en Pascal un athlète motivé. Il a ajouté que la nouvelle de ce combat de championnat du monde l’a complètement ravivé.

Quand Jean a eu la nouvelle qu’il pourrait se battre contre Bivol, ç’a été comme une flamme qui s’est allumée dans ses yeux. Il est très conscient d’où il est rendu dans sa carrière. Il doit saisir cette incroyable opportunité. Il est ultra motivé, passionné et complètement dédié à ce combat.

Stephan Larouche

L’argument du poids

Jean Pascal a livré trois de ses quatre derniers combats dans des catégories de poids supérieures. Est-ce que le fait de redescendre à la limite des 175 lb constitue pour lui un défi de plus?

« Ce n’est pas une difficulté supplémentaire, parce que faire le poids n’a jamais été facile pour moi. Je suis naturellement musclé. À 175 lb, je suis à 7 % de gras. Respecter la limite reste une question de discipline et de persévérance. Je commence ma diète deux mois, même deux mois et demi à l’avance. Encore une fois, ça ne va pas être facile, mais je vais faire le poids », a ajouté Pascal, qui prévoyait rentrer à Montréal au cours du week-end.

À ce propos, pourquoi avoir choisi de s’entraîner à New York plutôt que de rester ici à Montréal?

« Je voulais être le plus loin possible des sources de pression, a-t-il mentionné. En venant à New York, j’avais juste à penser à m’entraîner, manger et dormir. Les spécialistes, les massothérapeutes viennent vers moi (à l’appartement qu’il occupe dans Manhattan). Je n’ai pas de perte de temps ou d’énergie à me déplacer dans le trafic de Montréal. »

Il se tient la tête avec ses gants.

Dmitry Bivol célèbre après sa victoire face au Cubain Sullivan Barrera, le 3 mars 2018

Photo : The Associated Press / Adam Hunger

Pas un inconnu

Même s’ils ne se sont jamais affrontés de façon officielle, Pascal et Bivol se connaissent quand même bien.

Ils n’ont pas non plus combattu les mêmes adversaires tout au long de leurs parcours respectifs.

Par contre, ils ont bel et bien déjà échangé des coups dans un ring.

Nous nous connaissons très bien, puisqu’il a été mon principal partenaire d’entraînement pour mon deuxième combat contre Sergey Kovalev. À l’époque, il n’avait livré qu’un ou deux combats. Entre temps, il s’est amélioré. Il me connaît très bien. J’espère que ça va donner une bonne bataille.

Jean Pascal

Le vieux renard qu’est devenu Pascal se plaît à voir en Bivol, âgé de 27 ans, un jeune loup qui a encore beaucoup à apprendre.

« Personnellement, je le trouve encore un peu vert. Il boxe encore un peu en amateur », a confié Pascal.

Pour sa part, Stéphan Larouche se montre plus magnanime à l’égard de Bivol, devenu champion du monde en novembre 2017, à son 12e combat professionnel, en battant par K.O. l’Australien Trent Broadhurst.

« Bivol fait partie de la nouvelle ère des boxeurs. Jeune, fringant, enthousiaste, il est extrêmement mobile. Il contrôle bien la distance. Il a un gros bagage en boxe amateur. Ce genre de boxeur envahit de plus en plus la boxe professionnelle nord-américaine », a dit Larouche.

« Quand Bivol gère bien la distance, il devient extrêmement efficace. Il lance beaucoup de coups. C’est un gars qui veut gagner tous les rounds avec un volume de coups de poing impressionnants », a-t-il renchéri.

La plus récente victoire de Bivol est très éloquente en ce sens. Il a décroché une décision unanime contre Isaac Chilemba, le 4 août dernier, en sous-carte du combat de championnat mondial remporté par Eleider Alvarez contre Kovalev.

Une flèche à Stevenson

En cas de triomphe de Pascal contre Bivol, le Québec deviendrait la niche des quatre champions du monde des mi-lourds.

Pascal ramènerait la ceinture de la WBA aux côtés de celles de la WBO (Eleider Alvarez), du WBC (Adonis Stevenson) et de l'IBF (Artur Beterbiev).

Interrogé sur la possibilité d'organiser un tournoi d’unification réunissant les quatre champions, Pascal est soudainement devenu beaucoup moins conciliant, pour ne pas dire cinglant vis-à-vis de celui qui se fait appeler Superman.

Si jamais il y a un tournoi d’unification, ce sera entre trois boxeurs, Alvarez, Artur et moi. Parce que l’autre [Adonis Stevenson, NDLR] ne boxe pas contre de vrais boxeurs. Il s’est servi de son contrat avec un réseau de télévision pour ne pas affronter les meilleurs.

Jean Pascal

En attendant, Larouche veut s’assurer de ne rien laisser au hasard en prévision du combat du 24 novembre.

« On est à présent en finalisation de la préparation de Jean. On est dans la phase du peaufinage. Il nous reste quelques rounds de sparring spécifique », a précisé Larouche.

« Notre but, notre thème depuis le début est de n’avoir aucun regret à la fin de ce combat. », a-t-il conclu.

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