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L'autre visage du Canadien

Jeff Skinner célèbre son but contre le Canadien.
Jeff Skinner célèbre son but contre le Canadien. Photo: La Presse canadienne / Paul Chiasson

« Je vais aller droit au but, je n'ai pas bien joué ce soir », a laissé tomber d'emblée Carey Price, se souciant à peine de la question du journaliste qui marchait sur des œufs pour amorcer la mêlée de presse.

Un texte d’Alexandre Gascon

Personne ne contredira le gardien du Canadien, si ce n’est ses coéquipiers.

« C’est évident qu’il n’est pas à son meilleur présentement. Tout le monde le voit », a admis Claude Julien après la défaite crève-cœur de 6-5 en prolongation aux mains des Sabres.

On a déjà entendu aveu plus fracassant. Depuis son blanchissage à Boston, Price présente des statistiques qui auraient fait rougir de honte Bill Ranford.

En cinq départs, il a maintenu une fiche de 1-3-1, une moyenne de buts accordés de 4,41 et un pourcentage d’arrêts de 85,4 %.

Ses maladresses ont probablement coûté la victoire au CH au Madison Square Garden mardi et n’ont certainement pas aidé jeudi soir.

Le gardien vedette a donné un retour de lancer alléchant en plein cœur de l’enclave et Vladimir Sobotka en a profité pour inscrire son deuxième filet de la soirée.

Sur le premier but de Jeff Skinner, Price n’a tout simplement pas réagi après le poteau frappé de plein fouet par Jack Eichel. Il a cherché la rondelle du regard, un peu hébété, les genoux collés sur la glace, Skinner a fait mouche.

En prolongation, il s’est fait battre d’un tir en angle d’une trentaine de pieds qu’il voyait parfaitement.

Plus inquiétant, Carey Price a paru désorienté, fébrile avec la rondelle, malhabile pour maîtriser ses retours, à des années-lumière de l’homme confiant et intimidant qui a fait sa réputation. Il y avait de quoi maugréer dans le vestiaire après le match.

Ça se passe dans la tête. On va trouver ce qui ne va pas.

Carey Price

Une partie de la réponse se trouve devant lui, a suggéré l’entraîneur-chef.

« Mis à part ce match, il a été bon, mais tout le monde sait qu’il peut être excellent. Il essaie de retrouver ce qui va l’amener au prochain niveau. Mais quand on joue comme ça devant lui, c’est difficile. On se doit de regarder en face de lui. »

Faisons, donc.

En attendant Weber

À l’arrière, les masques commencent à tomber.

Ce groupe de défenseurs toujours privé de Shea Weber vient de donner 25 buts dans ses 6 dernières rencontres. Il en avait donné seulement un de plus au cours des 10 premiers.

Pendant cette séquence de 10 matchs, l’on s’étonnait agréablement de la prestation d’une brigade défensive essentiellement identique à celle de la saison précédente, qui avait tant souffert, mais la formule s’est épuisée récemment.

Les Sabres se sont créé de nombreux surnombres en profitant de l’audace des défenseurs du Tricolore qui descendaient le long de la rampe pour maintenir une attaque en vie par exemple, situation que le centre ou l’ailier ne parvenait pas à déceler pour remplacer l'arrière au pied levé.

Des jeux de base, mais dont l’exécution n’est plus à point.

« On n’a rien changé, il faut juste mieux exécuter, a assuré Jonathan Drouin, auteur d’un but et d’une passe. Sur les premiers buts, les avants n’ont pas le bon écart avec les défenseurs. Il y a trop d’espace en zone neutre pour que les autres joueurs puissent manœuvrer avec la rondelle et faire des jeux. Quand on joue bien, tout le monde est serré, compact, et il n’y a pas grand espace dans le milieu. »

« On a été négligent. C’est aussi simple que ça. On manque peut-être l’engagement qu’on avait plus tôt en saison. Ça fait quelques matchs qu’on glisse côté défensif. Ça prend un meilleur engagement que ce qu’on voit récemment. Ce sont soit des erreurs, soit des replis défensifs, des petits détails dans notre match qui demandent qu’on soit plus convaincant », a résumé Julien.

Après un début prometteur, Jeff Petry ploie sous la charge de travail qu’on lui confie et les erreurs font surface. Sur le but de Conor Sheary, le défenseur a d’abord redonné la rondelle à l’adversaire à la ligne bleue avant de rater sa couverture sur le numéro 43 des Sabres.

Il a été utilisé pendant 25 min 50 s contre les Sabres.

Pour sa part, Mike Reilly joue 21 minutes en moyenne depuis le début de l’année.

L’homme du Minnesota s’est avéré une belle trouvaille jusqu’ici, mais après une entame enthousiaste où il était sûrement gonflé à bloc par la confiance qu’on lui témoignait, ses responsabilités deviennent lourdes à porter.

Carey Price quitte la patinoire.Carey Price quitte la patinoire. Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Jamais il n’avait joué en moyenne plus de 12:23 par match au cours d’une saison avec le Wild.

Claude Julien peut se rabattre sur un troisième duo efficace avec Xavier Ouellet et Victor Mete.

Le manque de profondeur à cette position rattrape tranquillement le Bleu-blanc-rouge.

En rafale

Matthew Peca a disputé, de loin, son meilleur match dans l’uniforme du Canadien. Il a inscrit son premier but avec sa nouvelle équipe en première période et a permis à Nicolas Deslauriers de donner l'avance aux Montréalais en désavantage numérique grâce à une belle interception.

On a même aperçu le numéro 63 sur la glace en prolongation. Malheureusement pour lui, il y était encore quand Ristolainen a procuré la victoire aux Sabres tout de suite après qu’Artturi Lehkonen eut tiré au troisième balcon dans une descente à trois contre un. Il avait malgré tout la mine déconfite dans le vestiaire.

Max Domi ne ralentit pas. L’Ontarien de 23 ans a enregistré son premier match de trois points (trois passes) à Montréal. Il totalise déjà cinq matchs de plus d’un point et trône au sommet des marqueurs de l’équipe avec 19 points en 16 matchs.

Jesperi Kotkaniemi a vécu des moments plus difficiles jeudi soir. Le Finlandais a raté quelques couvertures en défense, dont une qui a mené à un but. Julien ne l’a employé que pendant 11:21, son plus faible total depuis qu’il joue dans la LNH.

« Il y a des soirs où il a de la difficulté à identifier sa position défensivement. Ça donne des attaques ou des surnombres. Ce sont des choses comme ça qu’un jeune doit apprendre et tous les jours on passe du temps avec lui à faire du vidéo pour l’aider à s’améliorer », a expliqué l’entraîneur.

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