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chronique

Chacun à leur manière, les attaquants et les gardiens du CH défient les probabilités

Tomas Tatar est félicité par Brendan Gallagher.
Tomas Tatar et Brendan Gallagher sont les attaquants les plus constants du Canadien pour les chances de marquer, relève notre chroniqueur. Photo: Associated Press / Bill Kostroun
Martin Leclerc

Les entraîneurs de haut niveau aiment souvent décortiquer le calendrier de leur équipe de hockey en tranches de cinq matchs afin d'aider leurs joueurs à se concentrer sur des objectifs à court terme et aussi afin de mieux mesurer la progression de leur groupe. Dans cette perspective, voici notre troisième analyse (matchs 11 à 15) de l'intéressante saison 2018-2019 du Canadien.

Pour commencer, voici un tableau illustrant le nombre de chances de marquer (par tranche de 60 minutes de jeu) obtenu par chaque joueur du CH au cours de la dernière tranche de cinq matchs, en comparaison avec le rendement fourni lors du deuxième segment du calendrier:

Mauvaise séquence de la part des gardiens

Le Tricolore a certainement pratiqué un style de jeu plus ouvert durant le troisième segment de la saison. Il en est ressorti avec une fiche perdante de 2-3-0.

À l’attaque, les hommes de Claude Julien ont généré davantage de chances de marquer de qualité (81), soit une augmentation de 23,5 % par rapport à la séquence précédente (matchs 6 à 10). Or, l’équipe a inscrit un but de moins sur la feuille de pointage (14).

En défense, le CH a donné 69 chances de marquer à l’adversaire comparativement à 57 durant la seconde tranche du calendrier et à 65 durant la première. Or, le nombre de buts accordés (20) a bondi de 66,7 %.

L’explication n’est pas difficile à trouver. Carey Price (,867) a maintenu des taux inférieurs à ,900 à chacun de ses quatre départs et Antti Niemi (,875) a fait de même dans le seul match où l’on a fait appel à ses services.

Carey Price Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Dans la LNH, les chances de remporter un match quand le gardien affiche un rendement inférieur à ,900 sont de 7 %. Vu sous cet angle, le Canadien s’en tire plutôt bien avec une fiche de 2-3.

Tatar et Gallagher sont en feu

Tomas Tatar vient de conclure une séquence hallucinante, au cours de laquelle il a obtenu pas moins de 16 chances de marquer, soit un rythme de 12 chances par 60 minutes de jeu. Il n’a cependant converti en buts que 10 % de ses tirs cadrés.

Au cours des cinq derniers matchs, Tatar (2 buts) et Brendan Gallagher (3 buts) ont d’ailleurs obtenu près de 30 % des chances de marquer de toute l’équipe. Et ils ont inscrit 35,7 % des buts de l’équipe.

Tatar et Gallagher sont de loin les attaquants les plus constants du CH. Lors des 15 premières rencontres, l’adversaire est parvenu seulement deux fois à les priver de chances de marquer. Gallagher (10 chances/60 minutes lors du dernier segment) dispute le meilleur hockey de sa carrière.

Domi toujours dans sa bulle

Max Domi avait inscrit le tiers des 15 buts des siens durant la seconde tranche du calendrier. Il a récidivé lors du dernier segment en touchant les cordages quatre fois (28,6 % des filets de l'équipe).

Domi compte maintenant 9 buts à sa fiche, soit l’équivalent de sa production de chacune des deux dernières saisons. Son rythme continue toutefois de reposer sur une anomalie statistique. Il vient de convertir 36,4 % de ses tirs en buts, alors que son pourcentage de réussite s’élevait à 45,5 % pour les matchs de 6 à 10.

Combien de temps le nouveau centre du Tricolore pourra-t-il continuer à défier la loi de la moyenne? Le buteur le plus prolifique de sa génération, Alex Ovechkin, présente une moyenne de 12,5 % depuis le début de sa carrière.

Max DomiMax Domi Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

L’audition de Hudon se passe mal

Depuis le début de la saison, Charles Hudon est l’un des attaquants qui obtiennent le plus de chances de marquer par tranche de 60 minutes. Au cours des quatre derniers matchs, Claude Julien a d’ailleurs tenté de tirer profit du flair offensif de l’attaquant québécois en lui accordant un essai au sein du deuxième trio, aux côtés de Jonathan Drouin et de Max Domi.

Or, malgré la qualité de ses partenaires et malgré une nette augmentation de son temps de jeu (5 minutes de plus par match), Hudon n’a pas récolté de point et n’a obtenu que deux chances de qualité durant ces quatre rencontres. C’est un revirement de situation fort étonnant.

NDLR : Hudon présente un taux de 6,4 chances/60 minutes pour le troisième segment de la saison. Ce chiffre est toutefois trompeur puisqu’il avait obtenu pas moins de 5 chances de marquer dans le match précédant sa mutation aux côtés de Drouin et Domi.

Kotkaniemi commence à menacer

Jesperi Kotkaniemi a inscrit ses deux premiers buts dans la LNH au cours des deux dernières semaines, et cela est en grande partie dû au fait qu’il a commencé à obtenir des chances de marquer de façon constante. En fait, le taux de chances de marquer (4,93/60 minutes) de l’attaquant de 18 ans a littéralement doublé au cours des cinq derniers matchs.

C’est une évolution statistique extrêmement intéressante. Jusqu'à maintenant, à chaque tranche de cinq matchs, les chiffres indiquent une progression dans le jeu de Kotkaniemi.

Jesperi KotkaniemiJesperi Kotkaniemi Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Ajustements à la ligne bleue

Collectivement, les défenseurs du Tricolore n’ont récolté que sept points dans les cinq derniers matchs. Ce rythme (insuffisant) est constant depuis le début du calendrier. En revanche, on note des efforts constants de la part des arrières montréalais pour s’impliquer davantage en attaque et pour générer davantage de chances de marquer.

L’inconstance défensive de l’équipe a par ailleurs mené les entraîneurs à utiliser leur personnel différemment. Par exemple, en comparaison avec les cinq premiers matchs de la saison, le temps de jeu de Mike Reilly a été réduit de près de 20 % lors du dernier segment (matchs 11 à 15).

Pour sa part, Jordie Benn a été muté aux côtés de Jeff Petry et a vu son temps d’utilisation grimper de 25 % par rapport à ce qu’il était en début de saison. Idem pour Xavier Ouellet, qui était perçu comme le sixième arrière de la formation après le camp et qui a vu son temps de jeu grimper de 24,4 %.

Il sera intéressant de voir quel arrière perdra sa chaise quand la musique s’arrêtera et que Shea Weber reviendra au jeu.

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