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Les nouvelles montagnes russes de Marianne St-Gelais

Marianne St-Gelais

Photo : USA Today Sports

Radio-Canada

Marianne St-Gelais n'a pas perdu son sourire légendaire et déborde toujours autant d'énergie. Mais elle cherche encore ses repères dans sa nouvelle vie de jeune retraitée du patinage de vitesse sur courte piste.

Un texte d’Antoine Deshaies

La femme de 28 ans admet que son nouveau quotidien est parsemé de hauts et de bas.

« Je vis de super montagnes russes, a spontanément lâché St-Gelais en entrevue à Radio-Canada Sports dans le cadre du lancement de la collection de vêtements de sport Moov Activewear, dont elle est l’ambassadrice. J’essaie de m’occuper avec des projets ici et là. La retraite, c’est plaisant sur certains aspects, mais c’est plus dur sur d’autres. C’est important de vivre tout plein de choses. »

La dernière année de compétition de Marianne St-Gelais a été pour le moins mouvementée. Elle a vécu ses derniers tours de piste aux Olympiques et aux Championnats du monde tout en vivant une séparation amoureuse médiatisée.

C'était beaucoup d’émotions fortes en peu de temps. Les plans de retraite qu’elle avait en tête ont dû être modifiés. Elle se demande encore ce que l’avenir immédiat lui réserve. Les réponses ne viennent pas tout de suite.

« J’ai besoin de temps, confie-t-elle. J’ai besoin de me laisser digérer certaines situations et certains trucs. Je me garde occupée parce que ça me fait du bien. J’ai besoin d’être entourée. »

Le changement de vie n’a pas été facile. Cesser l’entraînement du jour au lendemain lui a carrément enlevé son cadre de vie. Renoncer à sa routine a été un véritable deuil. Elle a senti le vide.

« Je m’ennuyais de m’entraîner, mais surtout de l’esprit d’équipe avec les autres patineuses, explique la jeune retraitée. J’étais tellement encadrée, et c’était normal. Du jour au lendemain, je suis seule à la maison et je dois faire mes trucs. Je ne suis pas habituée à l’isolement et à la solitude. »

Cette période de transition est loin d’être terminée.

« Je sens que j’ai de vieux démons, auxquels je n’ai jamais fait face depuis 17-18 ans, qui sortent aujourd’hui, confie St-Gelais. Ils sont là et je n’ai pas nécessairement les outils pour les affronter parce que je n’ai pas travaillé là-dessus depuis tellement d’années.

J’apprends à découvrir la nouvelle Marianne. Des fois, elle est bien le fun, mais des fois, je me dis : "Hé! Hé! Hé!" Je sens que cette période de transition va être plus longue que je l’anticipais, mais je dois y faire face.

Marianne St-Gelais
Cinq personnes qui font des flexion sur jambes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Chronique de Marianne St-Gelais

Photo : Radio-Canada

Elle sait que de travailler dans les médias l’intéresse, mais elle ne sait pas dans quel rôle ou dans quelle mesure. Pour l’instant, elle tient une chronique à l’émission Entrée principale une fois toutes les trois semaines et collabore sporadiquement à d’autres projets.

Elle adore ça, mais se donne du temps pour trouver sa place.

« Je ne me surcharge pas trop parce que ce n’est pas la solution pour moi en ce moment », dit-elle.

Pour s’aérer l’esprit, elle s’est mise à l’entraînement au CrossFit et à la course à pied. Elle apprend à faire du sport pour le plaisir et non pour gagner. Elle doit mettre son orgueil de côté.

Elle rechausse aussi ses patins à l’occasion avec un groupe de maîtres. Elle s’ennuyait trop de la glace.

« J’essaie de me construire un horaire d’entraînement d’une personne normale qui travaille de jour, explique St-Gelais. Je m’en sers comme point d’ancrage dans ma vie. »

Fière de ses « petites filles »

Bien sûr, Marianne St-Gelais a regardé la première Coupe du monde de la saison en fin de semaine à Calgary. Elle n’a pas décroché.

Elle a partagé la joie des patineuses recrues canadiennes qui ont mis la main sur quatre médailles et qui ont même osé battre le record national au relais qu’elle co-détenait depuis 2013.

« J’étais surprise oui et non, confie-t-elle. La transition a été tellement fluide entre celles qui sont parties et les jeunes. Ces filles-là étaient prêtes à faire leur place et à foncer tête première. L’entraîneur Frédéric Blackburn est encore motivé et passionné à entraîner cette nouvelle génération. Je lui ai envoyé un message pour le féliciter de son travail. »

Alyson CharlesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alyson Charles

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Marianne St-Gelais a multiplié les messages et les appels aux patineuses, notamment à Camille De Serres-Rainville. Elle est restée proche de ses anciennes collègues qu’elle appelle ses « petites filles ». Elle le fait pour les jeunes, mais aussi pour elle-même.

Je suis incapable de prendre mes distances. Ça me fait du bien de garder contact avec elles. Je veux qu’elles sachent que je suis toujours disponible pour elles, même si je ne suis plus sur la glace au quotidien.

Marianne St-Gelais

« Je suis contente qu’elles aient pu profiter de leur baptême en Coupe du monde, poursuit-elle. Les premières, ce sont les plus agréables parce qu’on patine sans le poids des attentes. »

Marianne St-Gelais est convaincue que l’avenir est rose pour les patineuses canadiennes.

Ses émules ont le talent et le temps de s’épanouir et de devenir des athlètes accomplies d’ici aux prochains Jeux olympiques.

Patinage de vitesse

Sports