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Le Canadien dépend encore de Carey Price

Carey Price en action contre les Rangers
Carey Price en action contre les Rangers Photo: Getty Images / Bruce Bennett
Radio-Canada

Le Canadien ne s'est peut-être pas autant affranchi de sa dépendance à Carey Price qu'il l'a suggéré.

Un texte d’Alexandre Gascon

Il y avait quelque chose de rafraîchissant et d’encourageant à entendre le directeur général de l’équipe dans son premier bilan de saison le 29 octobre dernier.

Marc Bergevin s’est réjoui du fait que Price n’ait pas eu à voler la vedette pour que son équipe affiche un beau dossier de 6-2-2 à ce moment-là.

« On ne doit pas notre fiche à Carey Price. Peut-être que, par le passé, on s’est fié un peu trop à Carey. Mais maintenant, on joue mieux comme une équipe en avant de lui. Ça fait en sorte que son travail est plus facile et c’est comme ça que ce doit être », avait expliqué le DG du Tricolore.

Depuis ce temps, le numéro 31 a obtenu quatre départs (1-3-0), a maintenu une moyenne de buts accordés de 4,03 et un pourcentage d’efficacité de 86,7 %.

Mardi soir, contre les Rangers, Price a manqué une belle occasion de faire la différence pour son équipe qui paraissait éreintée par sa remontée de la veille.

Claude Julien a parlé « d’erreurs mentales » pour justifier la débandade, et elles étaient nombreuses, autant de la part des défenseurs que de certains attaquants, mais toujours est-il que le gardien du CH a donné deux buts, les troisième et quatrième, qu’il arrêtait à une époque pas si lointaine.

Un regard plus approfondi aux statistiques le confirme également.

En deçà de la moyenne

Pour raffiner l’évaluation mathématique des performances des gardiens de but, les analystes utilisent beaucoup l’indice GSAA (goals saved above average).

On calcule la moyenne du taux d’efficacité des gardiens de la LNH et on l’applique au nombre de tirs reçus d’un portier X, en l’occurrence, Carey Price.

On obtient alors un nombre de buts que le gardien moyen aurait accordés et l'on compare avec la réalité du sujet.

Ce calcul assez simple, bien qu’il comporte des failles (il ne tient pas en compte la qualité des tirs décochés par exemple), permet de mieux comparer l’homme masqué à ses pairs.

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Sur les 39 gardiens qui ont disputé au moins cinq matchs dans le circuit Bettman cette saison, Price arrive au 30e rang.

En gros, il a accordé trois buts de plus qu’aurait permis le fameux « gardien médian ».

Au cours de la saison Voldemort en 2017-2018, celle que l’on ne peut qu’évoquer du bout des lèvres, le gardien d’Anahim Lake a affiché le pire rendement de toute la LNH avec un indice GSAA de -21,67. Il a fini 69e parmi les 69 gardiens qui ont disputé au moins 10 matchs.

Price a de ces fulgurances cette saison qui font oublier le fiasco de la dernière campagne, mais il n’arrive pas non plus à redevenir le gardien dominant d’autrefois.

GSAA de Carey Price :

  • 2018-2019 : -3,01 (39e)
  • 2017-2018 : -21,67 (69e)
  • de 2013 à 2017 : 68,02 (1er)

Vulnérable sur les tirs dangereux

Pour tenter de peindre un portrait plus exhaustif, il convient aussi de s’attarder à la qualité des tirs que le gardien du Tricolore reçoit.

Encore une fois, le bât blesse.

Sur les tirs les plus menaçants, Price a maintenu une efficacité de ,754 cette saison. Les meilleurs de la profession tournent autour de ,860.

Depuis le mois d’octobre 2017, il arrête 75,2 % des chances de marquer de première qualité. En voici la provenance.

Tous ses acolytes qui ont défilé devant le filet du Bleu-blanc-rouge au cours de cette période (Antti Niemi, Charlie Lindgren, Al Montoya) ont mieux paru.

Le fait que cette tendance se dégage depuis la saison passée porte à inquiétude, ou à réflexion à tout le moins pour l’organisation.

Non seulement le joueur de 31 ans n’arrache plus de points de classement pour son équipe, il est bien loin de ses performances étincelantes de sa période faste, où il régnait sur le métier de 2013 à 2017.

Price a la capacité de redresser la barque d’un seul coup pendant la prochaine séquence de cinq matchs.

Parce que même si le Canadien se félicite d’avoir une équipe qui possède d’autres atouts que le brio de sa vedette pour gagner des matchs, l’équipe a toujours soutenu qu’il devait retrouver son niveau d’antan.

Price vient d’entamer, faut-il le rappeler, la première année d’un contrat d’une valeur de 84 millions de dollars qui fait de lui le gardien le mieux payé de la LNH.

Pour permettre à son équipe de rêver, il devra maintenant jouer selon ce statut.

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