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La pole de Raphaël Lessard à Nashville, c'est du carburant pour 2019

Raphaël Lessard dans le cockpit de sa Toyota Camry
Raphaël Lessard dans le cockpit de sa Toyota Camry Photo: Twitter / Raphael Lessard
Radio-Canada

Le Québécois Raphaël Lessard savait qu'il pouvait finir la saison sur une bonne note après quelques déconvenues dans la Toyota Camry de l'équipe Kyle Busch Motorsports. Sa pole position le week-end dernier, à Nashville, l'a rassuré.

Un texte de Philippe Crépeau

Le jeune pilote de 17 ans (depuis le 5 juillet) a réussi un tour de force samedi à la 34e édition de l'épreuve All American 400, l'une des courses de type short track les plus prestigieuses aux États-Unis.

Lessard a enregistré le tour le plus rapide sur le Fairgrounds Speedway, un petit circuit de 0,596 mile (953 m), en 18,409 secondes.

« Bon, il est temps que la chance aille de notre bord », a dit le mécanicien en chef de l'équipe, Cody Glick.

Raphaël Lessard (Toyota Camry no 51) sur la piste de Nashville pour la 34e édition de l'épreuve All American 400 Raphaël Lessard (Toyota Camry no 51) sur la piste de Nashville pour la 34e édition de l'épreuve All American 400 Photo : Libre de droit

Malheureusement, le mauvais temps a obligé les organisateurs à reporter la course à... l'an prochain.

L'épreuve de la série stock-car Late Model sera disputée en avril 2019.

Le site motorsports.com a obtenu les précisions suivantes : Raphaël Lessard perdra le bénéfice de sa position de tête, mais aura une place garantie dans la course.

La série Late Model est la plus haute classe de stock-car dans les courses régionales sur petits circuits (short tracks). C'est le tremplin vers les séries nationales comme la NASCAR.

Les variations les plus communes (sur les pistes asphaltées) sont les Super Late Model (SLM) ou Pro Stock, les Late Model Sportsman (LMS) et les Limited Late Models (LLM). Au Québec, cette dernière catégorie est appelée Sportsman.

Les voitures Super Late Model, comme la Toyota Camry de Raphaël Lessard, pèsent 1243 kg (2750 lb), et sont dotées d'un moteur V8 développant 550 chevaux vapeur.

Cette pole position tombe à point, car Raphaël Lessard tente de garder son volant chez Kyle Busch Motorsports en 2019.

Radio-Canada Sports l'a joint à Nashville quelques heures avant qu'il obtienne la pole.

« On est en train de travailler vraiment fort sur la saison l’an prochain, moi et mes parents et mon nouvel agent Chris Biby. Si tu n'as pas beaucoup de partenaires derrière toi, c’est vraiment dur. On cherche du monde qui peut m’entourer puis m’aider, et on devrait avoir de quoi de très bon pour l’année prochaine », affirme Lessard au téléphone.

« Il n’y a rien de conclu encore, précise-t-il. On est en train de travailler sur les options qu’on pourrait faire. Il y a en a tellement. Ça va dépendre de qu’est-ce que mes parents sont capables de faire. On va essayer de continuer ma progression le mieux possible. »

Raphaël Lessard dans sa Toyota Camry no 51 à NashvilleRaphaël Lessard dans la Toyota Camry no 51 à Nashville Photo : Libre de droit

Déjà, Lessard a atteint les objectifs qu'il s'était fixés avec l'équipe Kyle Busch Motorsports.

« Notre but premier, c’était de gagner des courses. On a deux victoires jusqu'à maintenant. Une à Bristol au Tennessee et une à Anderson dans l’Indiana. Ce sont deux courses qu’on regardait dans le calendrier, et qu’on voulait gagner. Bristol, c’est une de mes pistes préférées, la NASCAR y va. Et je voulais donc bien performer. On s’était mis de la pression, et on voulait la remporter. Je pense que je vais me mettre de la pression plus souvent, car je vois que la pression, c’est une bonne source de motivation. »

« Sur toutes les autres pistes où on a été, on a eu des chances de remporter la victoire, car on était dans les plus rapides. Des fois, un petit bris faisait qu’on ne gagnait pas la course. Dernièrement, on a eu es bris mécaniques, des crevaisons. Ça fait partie des courses, mais ça a été un petit peu dur sur le moral, admet-il volontiers. Quand ces bris-là sont arrivés, j’étais en position de gagner la course. »

Mais tu regardes en avant, tu tournes la page et tu te dis que la voiture est rapide, et que ça va revenir. Il ne faut plus y penser. Je suis vraiment content de ma saison.

Raphaël Lessard

Et cette pole position de Nashville a fait du bien au moral dans l'équipe.

« Cette pole, c'est vraiment un poids en moins sur mes épaules, car il y avait de bonnes autos et de bons pilotes. La compétition était forte, et nous, nous avions eu de la malchance dans les dernières épreuves », a ajouté Lessard.

Question de budget

Raphaël Lessard a montré à Kyle Busch qu'il pouvait lui faire confiance encore en 2019 et lui laisser son volant. Mais le Québécois doit trouver du budget, et son nom doit circuler dans le paddock de la série.

« Nous, on adorerait ça rester là l’an prochain, lance Lessard à Radio-Canada Sports. C'est vraiment une belle organisation.

« Mon nouvel agent, Chris Biby, est sur le terrain aux États-Unis, là où les équipes sont. Il me fallait une personne qui fait bouger les choses, qui parle aux équipes, pour que mon nom circule. Il connaît beaucoup de monde là-bas. C’est pour ça qu’on a fait un changement, et ça peut juste être bon pour moi. »

Chris Biby a dans son équipe des pilotes NASCAR, notamment Alex Bowman dans le championnat vedette et Johnny Sauter dans le championnat Truck Series (camionnettes).

« Il a des pilotes qui sont avec lui depuis plus de 20 ans, fait remarquer Lessard. C’est un gars qui a vraiment beaucoup d’expérience. Robert (Desrosiers) a fait du gros travail pour nous, et je veux vraiment le remercier pour ça », tient-il à dire.

Raphaël LessardRaphaël Lessard Photo : Robert Desrosiers

Ce qui est clair pour Raphaël Lessard, c'est que la perception que les gens dans le milieu ont de lui a bien changé depuis qu'il est arrivé.

« Quand le monde nous voit arriver, ils savent qu’on va avoir une chance de gagner, qu’on va être très compétitif. Il faut faire sa place. Ça fait assez longtemps que je course en Super Late Model. J’ai fait mes preuves à ce niveau-là. J’ai appris beaucoup de choses, et je suis de plus en plus mature », affirme-t-il.

J’en ai pas fait énormément des courses dans ma vie, mais j’en fais de plus en plus et j’en ai fait des grosses. D’être avec une bonne équipe comme ça, c’est là que tu apprends le plus.

Raphaël Lessard

Pour Lessard, cette course à Nashville, reportée en 2019, alors qu'il serait parti de la pole position, est certainement une occasion manquée, mais il ne restera pas longtemps sur ce goût amer en bouche.

Il lui reste une dernière course à disputer cette saison, début décembre : le Snowball Derby au Five Flags Speedway de Pensacola en Floride, un petit circuit d'un demi-mile (800 m).

Une troisième victoire cette saison serait pour Raphaël Lessard un beau cadeau de Noël.

Le trophée Bertrand-Fabi

Le jeune homme de Saint-Joseph-de-Beauce a reçu le 30 octobre le Trophée Bertrand-Fabi, qui récompense le pilote québécois qui s'est illustré sur la scène internationale.

« Quand j’ai vu le monde qui avait gagné ce trophée-là, et qui était Bertrand Fabi, je me suis dit que c’est vraiment le fun, c’est vraiment un honneur pour moi. Ajouter mon nom aux côtés des noms comme Lance Stroll, Patrick Carpentier, Alexandre Tagliani, c’est vraiment impressionnant.

« Pour tous les efforts qu’on a mis depuis le début, être le premier pilote de stock-car à gagner ce trophée-là, je me sens vraiment privilégié. Ça prouve que ce qu’on fait, c’est pas mal bien », a-t-il conclu, fier.

Raphaël Lessard reçoit le trophée Bertrand-Fabi.Raphaël Lessard reçoit le trophée Bertrand-Fabi. Photo : Imago Communication

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