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La 11e Route du Rhum est lancée

De gauche à droite, les bateaux de Sébastien Josse, François Gabart et Armel Le Cléac'h quittent la côte de Saint-Malo

De gauche à droite, les bateaux de Sébastien Josse, François Gabart et Armel Le Cléac'h quittent la côte de Saint-Malo.

Photo : AFP/Getty Images / Damien Meyer

Agence France-Presse

Emmenée par les fabuleux bateaux « volants », la 11e édition de la Route du Rhum s'est amorcée dimanche à Saint-Malo avec 123 navigateurs qui devront affronter la dureté de l'Atlantique pour rallier la Guadeloupe. Et peut-être bien en moins de 6 jours pour les Ultim.

La flotte s'est élancée sous un soleil parfois voilé et sur une mer juste comme il fallait pour permettre aux Ultim, cette catégorie très élitiste de maxi-trimarans dont certains peuvent « voler », de partir en trombe.

Les 123 bateaux étaient positionnés sur une même ligne longue de 5 km et tous sont partis au coup de canon, escortés par des centaines d'embarcations diverses, du petit voilier au gros traversier.

Sur terre, ils étaient des milliers de spectateurs au cap Fréhel, dont certains avaient installé leurs chaises pliantes sur la côte est pour scruter la mer en direction de la pointe du Grouin.

« On vient tout le temps ici, c'est là qu'on voit le mieux les bateaux », explique René, 65 ans, assis sur un rocher de granit rose, qui s'est réveillé à 5 h pour venir de Rennes.

Une partie de la foule de quelques milliers de personnes massées au cap Fréhel.

Une partie de la foule de quelques milliers de personnes massées au Cap Fréhel

Photo : AFP/Getty Images / Fred Tanneau

« On est fous, hein », lance une femme emmitouflée dans une couverture bleue, non loin de là.

Les plus fous, ce sont bien les skippers des Ultim, qui sont lancés dans un sprint infernal jusqu'à Pointe-à-Pitre.

À la barre de ces bateaux hors-norme, il y a de grands marins : François Gabart (Macif), détenteur du record du tour du monde en solo (42 j 16 h), Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) et Armel Le Cléac'h (Banque Populaire IX), vainqueur du dernier Vendée Globe.

Thomas Coville (Sodebo Ultim), auteur d'un record du tour du monde en solitaire (49 j 3 h), et Francis Joyon (Idec Sport), détenteur du Trophée Jules-Verne (record du tour du monde en équipage, 40 j 23 h) pour des Ultim de première génération, donc qui ne volent pas.

Détenteur du record en 7 jours et 15 heures (Banque Populaire VII) depuis la précédente édition, en 2014, Loïck Peyron a pris cette fois la mer sur une petite embarcation jaune, identique à l'Olympus du Canadien Mike Birch, entré dans la légende avec la première victoire en 1978 en 23 jours 6 heures.

Traverser l'Atlantique sur des Ultim, les plus gros bateaux, c'est ce qu'il y a de pire. De mon point de vue, ce sont eux qui vont affronter le pire. Parce que, physiquement, c'est colossal. C'est un effort et un stress étonnant. Le seuil de tolérance indispensable pour être efficace sur un Ultim est totalement décalé du reste du commun des mortels.

Loïck Peyron

La flotte devra se méfier des cargos, des bateaux de pêcheurs, des cailloux qui encombrent leur route et s'adapter aux conditions météo qui s'annoncent très chahutées pour la nuit de dimanche à lundi avec des creux de 4 à 5 mètres.

Les grands multicoques volants

Parmi les engins qui filent au-dessus de l'eau, deux sont tout récents. Mis à l'eau il y a moins d'un an, Edmond de Rothschild et Banque Populaire IX ont été conçus dès l'origine pour voler. Et celui skippé par Josse est le plus volant de tous.

Juste derrière pointe Gabart avec un bateau âgé de trois ans, mais entièrement revisité l'hiver dernier pour aller encore plus vite et plus haut sur l'eau.

Quel que soit le vainqueur, cette transatlantique entrera dans l'histoire comme la première confrontation en course et en solitaire des grands multicoques volants. Mais attention aux 24 premières heures, qui sont la plupart du temps décisives, quelle que soit l'embarcation.

« On est en Manche. À chaque Route du Rhum, il s'y passe des histoires incroyables, des drames, des chavirages, des abordages, des démâtages, des disparitions malheureusement », rappelle Yann Eliès, en lice sur un monocoque Imoca (Ucar Saint-Michel).

Dès la première édition, Alain Colas avait disparu. Ça a été aussi le cas de Loïc Caradec en 1986. En 2002, sur les 18 multicoques partis, seuls 3 sont arrivés à bon port.

« Dès qu'on passe les Héaux de Bréhat, dans le fond de la baie de Saint-Brieuc, là c'est le combat, c'est parti pour le corps-à-corps violent avec les éléments », poursuit Eliès.

Les conditions vont vite se gâter avec une tempête mardi. De quoi fortement inquiéter les petits bateaux, les Class40, soit la moitié de la flotte (53 monocoques). Certains ont déjà décidé de s'arrêter dans les ports situés en Bretagne nord et sud.

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