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chronique

La structure de formation de l’Impact encore sous la loupe

Rémi Garde
Rémi Garde Photo: La Presse canadienne / Paul Chiasson
Olivier Tremblay

BILLET - Certaines grandes questions qui découlent du récent bilan de l'Impact de Montréal ne concernent même pas l'équipe première, dont la saison 2018 vient de se terminer.

L’entraîneur-chef Rémi Garde, qui a rencontré les médias jeudi au centre d’entraînement de l'équipe, a certes abordé les leçons tirées du dernier exercice, les besoins pour 2019 et l’évolution du jeu de son équipe.

C’est lorsqu’on l’a questionné – une nouvelle fois – sur la structure de formation du club qu’il s’est exprimé le plus passionnément. Garde, un formateur dans l’âme, ne semble pas enchanté de l’absence d’une équipe de réserve. C’est plutôt vers le Fury d’Ottawa que se dirigent certains élus après leur parcours en U-19 depuis la fin du FC Montréal pour des raisons essentiellement financières.

Garde l’a dit, ce n’est pas « la solution la plus pratique » ni « idéale » pour lui.

« Ottawa, ce n’est pas très loin, mais ce n’est pas la porte d’à côté, a souligné le pilote montréalais. Et surtout, Ottawa a un championnat à disputer. L’entraîneur a des obligations. Il n’est pas là-bas pour finir le développement des jeunes de l’Impact. »

Je viens m’insérer dans une organisation, donc vous m’excuserez de ne pas porter aujourd’hui un jugement là-dessus, mais simplement de le constater. Je fais en fonction.

Rémi Garde, entraîneur-chef de l'Impact

Garde affirme entretenir un dialogue à ce sujet avec le président Joey Saputo. Il a aussi pris soin de préciser que certains jeunes joueurs lui « laissent de l’espoir ». Clément Bayiha, un ailier, et Daniel Kinumbe, un défenseur latéral, sont tous deux passés par Ottawa. Ils amorceront la préparation de la prochaine saison avec la première équipe.

Il n’empêche, les deux jeunes n’ont à peu près pas foulé le terrain avec l’équipe de la capitale canadienne. Le scénario aurait été différent si le FC Montréal existait encore, et n’allez surtout pas croire que Rémi Garde fait cavalier seul à cet égard au club. Le sujet demeurera d’actualité.

C’est que Saputo, dans son propre bilan au milieu d’octobre, a suggéré que d’autres compressions financières pourraient tomber sur son académie, une des plus belles cartes qu’il peut jouer dans l’ère MLS.

Garde n’a pas dû sourire en entendant cela non plus. Il avait indiqué, à sa présentation en novembre 2017, que « le fait que le club a une politique forte en ce qui a trait à son académie était important pour moi ». Les dernières déclarations de Saputo vont carrément à l’encontre de ladite politique.

Le président avait pourtant présenté son nouvel entraîneur-chef en ces termes par communiqué : « Sa vision et son expérience, également au niveau [sic] du développement des jeunes, nous permettront aussi de continuer d’améliorer nos méthodes et processus de travail à l’académie. »

Rémi Garde et Joey SaputoRémi Garde et Joey Saputo Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Améliorer les processus de travail. L'entraîneur français semble justement avoir une vision claire là-dessus.

Revenons plus loin en arrière. Lorsque le club a annoncé que le FC Montréal cessait ses activités, Saputo a expliqué que le club allait désormais « mettre plus d’accent sur les joueurs qui ont le potentiel, qui viennent de notre équipe U-18 [devenue équipe U-19 sept mois plus tard, NDLR], et les amener plus vite dans la première équipe ».

Ballou Tabla est jusqu’ici le seul joueur de l’académie à s’être réellement établi au sein de l’équipe première à 19 ans ou moins (peut-être Mathieu Choinière est-il en voie de le faire). Et encore, Ballou avait eu au FC Montréal l’occasion de jouer le match hebdomadaire qui, l’a rappelé Rémi Garde jeudi, « structure tout un tas de choses » à cet âge.

Or, voilà qu’à son bilan, Saputo a décrit le meilleur produit de son centre de formation comme une anomalie, un talent exceptionnel qui a en plus profité de son amitié avec Didier Drogba pour se faire remarquer par le FC Barcelone, où il poursuit son cheminement avec l’équipe réserve (ô! ironie…). Le président est-il désabusé à ce point quand il regarde son académie?

On souhaite à Daniel Kinumbe de faire le saut avec la première équipe et de s’y établir. Mais que fera-t-il si l’actuel titulaire Daniel Lovitz continue de s’approprier le côté gauche de la défense? Où trouvera-t-il des minutes de jeu chaque semaine? La même question se pose pour un Clément Bayiha.

Ce n’est ni pratique ni idéal pour eux non plus. Avec la fermeture du FC Montréal, l’Impact a abattu un pont solide qu’il faut entretenir et l’a remplacé par une tyrolienne instable aux poignées graisseuses qui coûte moins cher.

Les éliminatoires de la MLS sont en cours. Les champions de la saison, pour la troisième fois en six ans, sont les Red Bulls de New York, un des modèles actuels en matière de formation de jeunes talents en Amérique du Nord.

Leur équipe de réserve les a aidés à faire grandir des joueurs comme Tyler Adams, Sean Davis, Connor Lade et Alex Muyl. Ces quatre joueurs formés au club ont tous joué plus de 1000 minutes pour l’équipe première cette saison.

Au total, les produits du centre de formation new-yorkais en ont joué 8559, un sommet dans la ligue. Ils ont tous signé des contrats avantageux pour le club, dont la masse salariale se situe au 20e rang en MLS.

Comme quoi il n’y a pas que la vente de joueurs qui permet aux académies de rentrer dans leurs frais.

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