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Hyperandrogénie : Caster Semenya craint que les nouvelles règles « tuent » la prochaine génération

Caster Semenya donne un discours lors du gala de l'organisme Women in Sports le 17 octobre 2018 à New York.
Caster Semenya donne un discours lors du gala de l'organisme Women in Sports le 17 octobre 2018 à New York. Photo: Getty Images / Nicholas Hunt
Radio-Canada

Caster Semenya craint que les nouvelles règles sur les niveaux de testostérone pour les femmes athlètes n'éteignent la passion de la prochaine génération d'athlètes.

Les nouvelles règles de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) devaient entrer en vigueur jeudi, mais ont été suspendues pour cinq mois, soit jusqu'au 1er avril, dans le but d'éviter un nouveau report des procédures entamées par la Sud-Africaine pour remettre en question la légalité de ces règles.

Soutenue par la Fédération d'athlétisme d'Afrique du Sud (ASA), l'athlète de 27 ans a décidé de contester ces règles devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

« Ce n'est pas à propos de moi. J'ai accompli tout ce que je voulais dans ma vie. Je suis championne du monde, championne du Commonwealth et championne d'Afrique », a expliqué Semenya pendant un sommet sur le leadership à Johannesburg.

« Si je laisse passer ça, qu'est-ce qui se passera pour la prochaine génération? Ça les tue, lance-t-elle. Qu'en sera-t-il de ces jeunes filles qui veulent courir et sont peut-être dans la même situation que la mienne? »

« Quelqu'un doit faire quelque chose. Ça suffit. Ça fait trop longtemps que je laisse ces gens commander », a-t-elle ajouté.

La double championne olympique du 800 m (2012, 2016) et triple championne du monde (2009, 2011, 2017) est sûrement l'athlète la plus connue visée par ce nouveau règlement.

Caster Semenya en tête de la course, la Canadienne Melissa Bishop en arrière plan Caster Semenya en tête de la course, la Canadienne Melissa Bishop en arrière-plan aux JO de 2016 Photo : Getty Images / Olivier Morin

Qualifiées d'« hyperandrogènes », les athlètes comme Caster Semenya devront abaisser chimiquement leur niveau de testostérone pour pouvoir concourir, ce qui selon la Sud-Africaine entre en violation avec la constitution de l'IAAF et la Charte olympique.

Elle a affirmé qu'initialement, elle ne souhaitait pas contester ces règles.

« Je voulais juste les énerver un peu, a-t-elle confié. Je voulais leur montrer que ce qu'ils faisaient n'avait pas de sens, car dès que l'on commence à classifier les femmes, c'est un problème », a-t-elle dit.

Selon elle, certains athlètes ont été réticents à soutenir son combat.

« Quand on en vient à des situations comme celles-ci, nous, les athlètes, pouvons parfois avoir peur de protester, car nous pensons à ce nous pouvons perdre. Mais dans ces cas-là, nous oublions qu'il y a un avenir. Il y en a quelques-uns qui devraient pouvoir vous défendre », a-t-elle conclu.

Avec les informations de Agence France-Presse

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