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Kyle Shewfelt prône un changement de culture dans la gymnastique canadienne

Un gros plan de son visage à l'annonce de sa retraite de la compétition en mai 2009

Kyle Shewfelt

Photo : The Canadian Press / Jeff McIntosh

Radio-Canada

À la lumière des révélations au procès de Dave Brubaker, ancien entraîneur de l'équipe canadienne féminine de gymnastique accusé d'agression sexuelle, le médaillé olympique Kyle Shewfelt estime qu'un changement de culture s'impose en matière d'encadrement des jeunes gymnastes au Canada.

Médaillé d’or au sol aux Jeux d’Athènes en 2004, Shewfelt enseigne la gymnastique dans un club de Calgary. Il suit le déroulement du procès de Dave Brubaker.

L'ancien champion parle des « zones grises » présentes dans les relations entre les entraîneurs et les athlètes ayant conduit à de multiples abus de pouvoir.

La communauté doit se rassembler et faire tout en son pouvoir pour assurer la sécurité et la protection de ces jeunes en éliminant les zones grises.

Kyle Shewfelt

Dave Brubaker est accusé d'agression sexuelle et d'incitation à des contacts sexuels. La plaignante, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, est une femme dans la trentaine qu'il dirigeait quand elle avait 12 ans.

L'homme de 55 ans a plaidé non coupable.

Le procès qui se déroule devant juge seulement au tribunal de Sarnia, en Ontario, a été ajourné mercredi jusqu’au 13 décembre.

Pas un cas isolé

Le cas de Dave Brubaker n’est pas unique en ces heures difficiles pour la gymnastique au Canada.

En janvier, Scott McFarlane, un entraîneur d’Ottawa, a été accusé d’agression sexuelle et de leurre d’enfant après une plainte déposée par une jeune fille de 15 ans pour des incidents à caractère sexuel qui auraient été commis sur une période de quatre ans au club Manjak de Mississauga.

En mai, Michel Arsenault, qui enseignait la gymnastique dans un club d’Edmonton, a été arrêté et accusé d’agressions sexuelles sur trois anciennes élèves, à Montréal, dans les années 80 et 90.

Arsenault a été suspendu par la Fédération canadienne de gymnastique. Son procès doit commencer l’an prochain.

Michel Arsenault

Michel Arsenault

Photo : Radio-Canada

Pour des balises claires

De nombreux jeunes athlètes avec un rêve olympique placent toute leur confiance et leur foi entre les mains de leur entraîneur. Cet entraîneur détient de ce fait les clés de leur avenir.

Dans certains cas, les entraîneurs ont abusé de cette relation.

À l’inverse, Kyle Shewfelt a parlé avec gratitude du lien de pleine confiance avec son propre entraîneur, Kelly Manjak, qui lui a permis d’atteindre ses propres objectifs en tant qu’athlète.

« Il tenait à créer cet environnement où il n’y avait jamais de point d’interrogation. Je m’y sentais bien. Cette relation saine était bâtie sur la confiance », a-t-il ajouté.

Lui-même devenu entraîneur, Shewfelt sait que ce n’est pas toujours le cas dans le sport auquel il a consacré sa vie.

Je connais tellement d’entraîneurs qui font les choses de la bonne manière. Mais il est triste d’en voir certains traîner la gymnastique dans la boue.

Kyle Shewfelt

Le procès Brubaker a incité Shewfelt à organiser une rencontre à Calgary à laquelle ont participé plusieurs intervenants de monde de la gymnastique, un avocat, un policier, en plus d’un défenseur des droits de l’enfance.

Il y a observé des échanges intenses, teintés de colère et de confusion, où certains ne savaient trop où trouver aide ou soutien.

Kyle Shewfelt parle aussi d’une certaine urgence d’agir.

« La peur est palpable dans le paysage de la gymnastique canadienne. Des dirigeants de clubs craignent que le nombre des inscriptions connaisse une baisse en raison des récents scandales. Des entraîneurs sont inquiets et se demandent où sont les limites », a-t-il expliqué.

Sur son site Internet, la Fédération canadienne fait la promotion d’un code de conduite dans lequel l’accent est mis sur le bien-être de l’athlète.

(D'après un texte de Devin Heroux)

Avec les informations de CBC

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