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Le ballet en appui pour Jennifer Abel

Jennifer Abel Photo: Getty Images / Clive Rose
Radio-Canada

Innover pour maximiser les résultats. C'est devenu la norme pour les athlètes de l'élite mondiale qui, bien souvent, sortent de leur zone de confort pour progresser. La plongeuse Jennifer Abel s'est tournée vers le ballet pour peaufiner son art.

Un texte d’Antoine Deshaies

Depuis le mois de juillet, Jennifer Abel se pointe plus tôt à la piscine deux matins par semaine, même si elle n’est pas matinale.

Elle a ajouté une heure de ballet à sa routine déjà très chargée. Une arme de plus dans son arsenal qui, espère-t-elle, la mènera vers le podium des Jeux de Tokyo. Elle ne veut plus revivre l’amertume de ses quatrièmes positions aux 3 m et 3 m synchronisé.

« Je partage la philosophie de mon entraîneur Arturo Miranda. Si on n’amène pas de changement à notre programme d’entraînement, on n'obtiendra pas de résultats différents non plus. »

Abel et ses partenaires de synchro, Mélissa Citrini-Beaulieu et François Imbeau-Dulac, sont dirigés par un ancien plongeur, Raphaël Bouchard, maintenant danseur soliste aux Grands Ballets canadiens.

Elles sont à la sortie d'une position carpée.Les Canadiennes Jennifer Abel et Mélissa Citrini-Beaulieu aux Séries mondiales de plongeon de Fuji, au Japon. Photo : Getty Images / Atsushi Tomura

C’est Abel qui a approché Bouchard cet été.

« Je travaille surtout sur les extrémités du corps, surtout le bas des jambes et des pieds, explique-t-il. On travaille pour améliorer la posture et les entrées à l’eau. On veut vraiment que les pieds soient plus pointés et que les jambes soient allongées jusqu’au bout. On travaille surtout sur des sensations en fait. »

Les objectifs de la démarche sont multiples. Les plongeuses veulent que leurs muscles soient plus allongés et que leurs mouvements soient mieux contrôlés et coordonnés.

Les exercices d’hyperextension améliorent l'élégance des mouvements dans les airs et pour l’entrée à l'eau. Chaque détail compte pour rattraper les menues Chinoises.

Les Canadiennes ressentent déjà les effets bénéfiques de leurs efforts soutenus.

« Les gens disent : "Ah! le ballet, c'est facile." Mais ce n’est pas du tout le cas, explique Melissa Citrini-Beaulieu. Après deux minutes, les jambes te brûlent et tu as juste le goût d'arrêter. »

« Je ne peux pas manquer une semaine, sans quoi, je ressens les répercussions la semaine d'après, ajoute Abel. Je sens vraiment que je maximise tout mon potentiel, jusqu’à la pointe des orteils. »

Leur entraîneur Arturo Miranda, un ex-plongeur, a lui-même fait huit ans de ballet à Cuba.

« Le ballet est souvent utilisé pour améliorer la posture des plongeurs, explique-t-il. Alexandre Despatie s’en servait notamment. Je veux que Jennifer et ses partenaires en fassent plus et qu’ils dansent le ballet. Ce sera bon pour leur coordination, mais aussi pour leur synchronisme sur le tremplin. »

Raphaël Bouchard, lui, croit que son art peut aider des athlètes dans d'autres disciplines.

« Je pense que ce serait très utile pour bien des athlètes, confie-t-il. Juste les étirements, je crois que ça pourrait amener les athlètes ailleurs. »

L'Institut national du sport l'a d'ailleurs déjà approché. Pour l’instant, il consacre son temps d’enseignement uniquement aux plongeurs, en parallèle de sa carrière aux Grands Ballets canadiens.

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