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Jeux paralympiques : Tokyo manque d'hôtels adaptés aux personnes à mobilité réduite

Une personne âgée japonaise est aidée à sortir du métro de Tokyo par deux employés.
Si la ville de Tokyo manque de chambres d'hôtel adaptées aux personnes à mobilité réduite, le métro de la capitale est l'un des mieux adaptés à cette clientèle. Photo: Getty Images / BEHROUZ MEHRI
Associated Press

À un peu moins de deux ans de l'ouverture des Jeux paralympiques de Tokyo, le faible nombre de chambres d'hôtel adaptées aux personnes en fauteuil roulant dans la capitale nippone inquiète des officiels du Comité international paralympique (CIP).

« Le CIP est préoccupé par le nombre insuffisant de chambres adaptées et prêtes, et j’insiste sur prêtes, pour les Jeux », a déclaré Xavier Gonzalez, directeur général du Comité international paralympique, après des rencontres à Tokyo la semaine dernière.

Des 4400 athlètes paralympiques, 1800 se déplacent en fauteuil roulant.

Les athlètes seront pris en charge par l’organisation des Jeux, mais des centaines d’autres personnes à mobilité réduite, dont des membres des comités paralympiques nationaux, des invités, des représentants des médias et des commanditaires, ne le seront pas et auront de la difficulté à se loger.

Le CIP affirme que les Jeux auront besoin de 400 à 500 chambres d’hôtel adaptées aux personnes à mobilité réduite.

Le Comité organisateur des Jeux de Tokyo soutient qu'elle compte déjà 700 chambres adaptées, mais d’autres rapports n'en dénombrent que 30 dans la ville, réputée pour la petitesse de ses appartements.

Plusieurs chambres sont certes accessibles aux personnes en fauteuil roulant, mais pas les salles de bain en raison de l’étroitesse des portes et la présence de coins trop serrés.

De l'espoir pour 2020

Le gouvernement municipal de Tokyo, qui peut intervenir pour augmenter le nombre de chambres adaptées dans la capitale, contrairement au comité organisateur des Jeux paralympiques, a décidé d'agir.

Une nouvelle réglementation, annoncée la semaine dernière et qui entrera en vigueur en septembre 2019, forcera les hôtels tokyoïtes de plus de 50 chambres à réserver 1 % d’entre elles pour les personnes à mobilité réduite.

Les nouveaux hôtels et les hôtels rénovés devront également être réputés « sans obstacle ». Le gouvernement fédéral japonais ainsi que celui de Tokyo offriront aussi du financement aux hôtels souhaitant apporter des modifications pour accueillir des personnes à mobilité réduite.

« Il y a du progrès, a ajouté M. Gonzalez. Mais la réalité est que les Jeux paralympiques amèneront dans la ville une large population de personnes avec des handicaps, et en particulier des personnes en fauteuil roulant. »

Les Jeux paralympiques doivent aussi aider à faire évoluer les mentalités.

Xavier Gonzalez, directeur général du Comité international paralympique

Des obstacles culturels

Une chambre réputée adaptée au Japon ne rencontrerait pas les standards dans bien des pays occidentaux et coûte généralement plus cher, explique le directeur général de l’Association paralympique britannique, Tim Hollingsworth.

« Il n’y a pas d’attentes au Japon pour les personnes à mobilité réduite d’être indépendantes, plutôt attend-on qu’elles aient de l’aide à temps plein. Ce qui fait que les chambres d’hôtel adaptées ne sont pas conçues pour une personne indépendante, particulièrement les salles de bain », dit-il.

Il ajoute qu’il y a aussi « une forte réticence des propriétaires d’hôtel à faire même les plus petites modifications ». C'est un manque de vision, selon Hollingsworth, en raison de la population vieillissante.

Des 160 équipes paralympiques, des douzaines arriveront tôt afin de se préparer pour les compétitions. Quand les Jeux débuteront, les athlètes résideront dans le village construit dans la baie de Tokyo. Mais avant, ils seront laissés à eux-mêmes.

« C’est improbable qu’il existe un nombre de chambres adaptées suffisantes pour les camps d’entraînement qui précéderont les Jeux », a soutenu Xavier Gonzalez.

Le directeur général du Comité international paralympique a toutefois louangé Tokyo sur d’autres points. Le transport en commun est, selon lui, l’un des meilleurs du monde et de nombreuses stations ont des ascenseurs et des assistants pour aider les gens à mobilité réduite sur les plateformes.

« Se déplacer à Tokyo en fauteuil roulant, comme certains de mes collègues ont pu le faire, est aisé et devrait être recommandé », a-t-il dit.

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