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Daniel Lacroix s’en va en Lituanie pour... apprendre

Plan rapproché de Daniel Lacroix
Daniel Lacroix se prépare à relever un nouveau défi en transmettant ses connaissances aux joueurs de l'équipe nationale de la Lituanie. Photo: NHLi via Getty Images / Francois Lacasse

L'ex-entraîneur adjoint du Canadien de Montréal Daniel Lacroix est devenu mercredi dernier le nouvel entraîneur-chef de l'équipe nationale de la Lituanie. Il a accepté l'invitation de l'ancien de la LNH Dainius Zubrus pour le défi et l'expérience.

Un texte de Jean-François Chabot

Encore sur la liste de paie du Tricolore jusqu'à la fin de la présente saison, Lacroix était tout de même libre de dénicher du travail dans le milieu du hockey.

Le fait qu’il a trouvé un poste à l’extérieur du giron de la LNH lui permet encore d’encaisser les chèques signés par Geoff Molson.

Dans cette nouvelle aventure, il retrouve ainsi l'ancien attaquant du CH et son ex-coéquipier des Flyers.

Lacroix et Zubrus, lequel est devenu président de la Fédération lituanienne de hockey en juillet dernier, ont conservé des liens d’amitié depuis leurs années passées ensemble à Philadelphie. Les deux se sont parlé cet été et en sont venus à une entente après une rencontre à New York en septembre.

Joint par Radio-Canada Sports à son domicile en Floride, Zubrus a parlé des qualités qui l’ont incité à choisir Lacroix.

« Je le connais depuis longtemps. Il est un très bon entraîneur avec un bon bagage d’expérience dans la LNH. Le hockey est un sport de plus en plus rapide, où les décisions derrière le banc doivent se prendre très vite. Notre équipe a besoin de ça », a dit Zubrus.

Lacroix succède à l’Allemand Bernd Haake, qui oeuvrait à la barre de l’équipe sur une base volontaire depuis six ans.

Dainius Zubrus à sa dernière saison dans la LNH avec les Sharks de San JoséDainius Zubrus à sa dernière saison dans la LNH avec les Sharks de San José Photo : The Associated Press / Mike Carlson

Travail à distance

On ne parle pas ici d’un travail à temps plein qui forcera Lacroix à s’exiler sur les bords de la mer Baltique. Une grande part de sa tâche pourra être faite dans le confort de son chalet dans les Cantons-de-l’Est.

« Ils ont quand même besoin d’aide rapidement. L’équipe nationale sera l’hôte, en novembre, de la Baltic Cup*. Je serai là-bas pour y participer. Les joueurs retourneront ensuite au sein de leurs équipes respectives un peu partout en Europe », a expliqué Lacroix.

Par la suite, Lacroix y retournera au printemps pour préparer le Championnat mondial de division 1, groupe A, qui se déroulera au Kazakhstan du 29 avril au 5 mai 2019.

Outre la Lituanie, on y retrouvera le Bélarus, la Corée du Sud, la Hongrie, la Slovénie et le pays hôte.

L’équipe lituanienne a accédé à cet échelon supérieur en avril en remportant les grands honneurs du groupe B lors d’un tournoi chez elle.

Au sein de ce qui avait été baptisé la « Dream Team », Zubrus et Darius Kasparaitis étaient sortis de leur retraite pour défendre les couleurs de leur pays.

Il faut comprendre que le bassin de joueurs disponibles en Lituanie reste encore très limité. Zubrus, qui est aussi à la tête d’une ligue de développement pour les enfants depuis 2009, en sait quelque chose.

« Quand je suis arrivé, il n’y avait pas plus de 300 jeunes de 6 à 17 ans qui pratiquaient le hockey chez nous. Aujourd’hui, on en compte près de 1000. Ça reste peu dans un pays de 3 millions d’habitants », a-t-il reconnu.

La couleur nord-américaine

En 1972, l’Union soviétique disait être venue au Canada pour apprendre. Le hockey de la LNH est encore aujourd’hui perçu comme le meilleur du monde.

Cela explique pourquoi, depuis plus d’une décennie, de nombreux entraîneurs ont été recrutés en Amérique du Nord.

On peut penser à Sean Simpson, ancien entraîneur-chef de l’équipe suisse, à Bob Hartley, actuel pilote de l'Avangard d'Omsk, en Ligue continentale (KHL), et de la Lettonie, ou encore à Jean Perron, qui a déjà dirigé la sélection nationale d’Israël.

Que pense apporter Daniel Lacroix à l’équipe de la Lituanie?

En tant que président et ancien membre de cette équipe, Dainius a une vision précise. Il souhaite amener un côté professionnel d’aspect nord-américain, une façon de jouer à un rythme plus élevé. Ça comprend la manière de préparer les joueurs. C’est un beau défi pour moi.

Daniel Lacroix, entraîneur-chef de la Lituanie

Et comment compte-t-il transmettre ses connaissances à des athlètes qu’il ne va pas côtoyer sur une base quotidienne?

« Ça fait partie du défi, explique-t-il. Heureusement, je vais compter sur des assistants qui travaillent déjà avec l’équipe, comme Sarunas Kuliesius qui était déjà en place l’an passé. »

En plus d’avoir joué avec la Lituanie, Kuliesius a disputé deux saisons avec les Barons de Solihull, en première division britannique.

Pour Lacroix, la base du hockey reste la même, peu importe où il est pratiqué.

« J’ai joué et j’ai enseigné le hockey en Europe. Je suis allé en Chine dernièrement. J’ai donné des conférences au dernier Championnat du monde en Finlande. Le hockey se joue sur une glace ayant toujours sensiblement les mêmes dimensions. Le principal défi sera de mettre en place un système de jeu dans un temps relativement court », dit-il.

Pour Lacroix, la Lituanie, d’abord un pays voué au basketball, a un urgent besoin d’infrastructures.

« Ils ont besoin de plus d’arénas afin de répondre à la demande liée au hockey mineur », a-t-il insisté.

À ce propos, Zubrus a précisé que la Lituanie ne compte en ce moment que cinq ou six petits arénas. Mais des projets voient le jour pour la construction d’amphithéâtres dignes de ce nom dans au moins deux grandes villes.

« À Kaunas, ils sont sur le point de commencer la construction d’un beau complexe comprenant deux patinoires, un vaste gymnase, tout ça aux normes de ce que l’on attend d’un aréna de hockey moderne », a précisé l’ancien centre des Flyers, du Canadien, des Capitals, des Sabres, des Devils et des Sharks.

Image croquée lors d'un duel entre la Lituanie et la Grande-Bretagne dans un match du Championnat mondial IIHF de division 1, groupe B, en 2011Image croquée lors d'un duel entre la Lituanie et la Grande-Bretagne dans un match du Championnat mondial IIHF de division 1, groupe B, en 2011 Photo : EPA / SERGEY DOLZHENKO

Le retour d’ascenseur

Qu’est-ce que Lacroix pense retirer de cette nouvelle expérience?

En tant qu’entraîneur, on est dans ce monde-là pour s’améliorer tous les jours, pour vivre des expériences, pour rencontrer des gens et parfaire nos connaissances. Je vais me retrouver dans un milieu où je vais partager mes connaissances tout en étant exposé à d’autres têtes de hockey.

Daniel Lacroix

« Ça pourra venir des confrontations avec des équipes d’Asie, de la Corée, du Kazakhstan ou du Bélarus. Je ferai des rencontres avec des gens de hockey qui ont des façons différentes de travailler. Tout cela s’ajoutera à mon bagage d’expériences et ça fera de moi un meilleur coach », a conclu Lacroix.

Tout cela sera nouveau aussi pour Zubrus, qui n’ose pas encore parler d’attentes pour la suite des choses.

« Il est difficile de savoir comment l’équipe se comportera à un niveau supérieur. Nous avons récemment vaincu la sélection britannique dans deux rencontres amicales présentées en Angleterre », a dit Zubrus.

« Les Britanniques viennent d’accéder au plus haut niveau, parmi les 16 premières nations mondiales, en terminant 2es du groupe auquel nous appartenons maintenant. Ça ne veut pas dire que nous pouvons finir parmi les deux premiers de notre groupe cette année. Mais qui sait? », a renchéri Zubrus.

(*) La Baltic Cup est un tournoi à la ronde regroupant six pays : l'équipe U-25 du Bélarus, l'Estonie, l'équipe nationale B de Lettonie, la Lituanie, la Roumanie et le Japon, à titre de nation invitée. Il se déroulera à Vilnius, capitale de la Lituanie, du 8 au 11 novembre.

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