•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
chronique

Les espoirs de l’Impact ne sont pas que mathématiques

Darwin Quintero
Darwin Quintero Photo: Associated Press / Aaron Lavinsky
Olivier Tremblay

BILLET – Presque 10 ans plus tard, il est peut-être temps pour les Montréalais de se réconcilier avec Darwin Quintero.

Pour quiconque suit les activités du Bleu-blanc-noir depuis l’époque glorieuse de la deuxième division nord-américaine, ce nom donne des frissons.

Carlos.

Darwin.

Quintero.

Le 5 mars 2009, à Torreon, au Mexique, l’Impact menait 4-3 au total des buts avant le temps ajouté à la seconde période de son match contre Santos Laguna. Une poignée de misérables secondes séparait le petit Poucet d’une demi-finale de la Ligue des champions de la CONCACAF.

Darwin Quintero, 21 ans, était une jeune vedette des Guerreros.

C’est lui qui a éliminé l’Impact avec deux buts dans les arrêts de jeu. Un grand traumatisme pour le club arrivé de nulle part sur la scène continentale.

Encore aujourd’hui, le statut de négligé ne dérange guère les Montréalais. Ils formaient l’une des pires équipes de la MLS il y a quelques mois à peine. Voilà qu’ils amorceront le dernier week-end de la saison avec la possibilité de se faufiler dans les éliminatoires.

La mission est toute simple et très compliquée à la fois. Le onze montréalais doit battre le Revolution en Nouvelle-Angleterre. Mais il doit aussi espérer que Columbus, son concurrent et actuel 6e de l’Est, ne gagne pas contre le Minnesota.

Et qui est la grande vedette au Minnesota?

Carlos.

Darwin.

Quintero.

***

Sur papier, le Crew est le grand favori de son dernier match dimanche prochain. L’équipe de l’Ohio s’est maintenue entre les 2e et 5e rangs toute la saison. Son adversaire du Minnesota, en revanche, est mathématiquement éliminé de la course aux éliminatoires dans l’Ouest depuis deux semaines (et logiquement éliminé depuis bien plus longtemps).

Sauf que, dimanche, le Crew a chuté au 6e échelon pour la première fois en 2018. Pour un troisième match de suite, les hommes de Gregg Berhalter ont raté une occasion de confirmer leur participation aux éliminatoires. Ils ont perdu 2-1 à Orlando, qui n’avait pas gagné depuis le 14 juillet.

Ça ne va pas bien.

Dans cette défaite, l'arrière central du Crew Jonathan Mensah a asséné un coup de coude au visage de Dom Dwyer en tentant de défendre une longue passe. Il a reçu un carton jaune qui lui vaudra une suspension, dimanche prochain, contre le Minnesota.

Mensah n’a pas été titulaire pour sept matchs du Crew cette saison. Combien de victoires ses coéquipiers ont-ils récoltées dans ces circonstances?

Zéro.

Mais revenons à notre scientifique du soccer, Darwin Quintero.

Le bonhomme est spectaculaire. Il a marqué 11 buts et ajouté 13 mentions d’aide en 25 rencontres cette saison, sa première en MLS. Mais surtout, il a la bonté de réussir des buts souvent fort jolis.

C’est l’heure de l’exercice pratique : voici son triplé contre Toronto en juillet dernier.

Regardez bien la manière dont il marque ces filets, particulièrement ses premier et troisième.

De toute évidence, ce sont des exploits individuels hors du commun. Mais Darwin Quintero profite aussi du fait que la phase défensive du TFC est brouillonne (pour le deuxième but) ou que sa transition est en retard (pour les deux autres).

Maintenant, repensez à l’avant-dernier match de l’Impact, sa victoire de 3-0 contre le Crew. Comment l’Impact a-t-il marqué? Il y a le tir de pénalité, certes. Puis, il y a cette prouesse d’Alejandro Silva dans l’axe, quelques secondes après que l'adversaire eut cru qu’il allait amorcer sa transition offensive. Ça suffit à créer un trou dans lequel Silva s’immisce.

Enfin, Piatti inscrit le troisième but en pleine transition. Le bloc du Crew est désorganisé, et l’Impact en profite au maximum.

C’est le genre d’action à laquelle Darwin Quintero aurait aimé participer. Le genre d’action qu’il aura peut-être la chance d’accomplir dans six jours à Columbus.

Aucun plan de match n’est aussi simple, bien sûr. L’équipe du Minnesota a encore prouvé, dans sa défaite de dimanche contre le Galaxy, qu’elle est vulnérable même lorsque sa défense est bien organisée. Le Crew ne craint justement pas d’aller jouer chez l’adversaire.

Et n'oublions pas que l’Impact, à travers tout ça, doit gagner dans un stade qu’il n’a pas conquis depuis octobre 2015.

Mais les chances que le Bleu-blanc-noir prolonge sa saison ne se limitent pas qu’aux simples probabilités mathématiques.

Le Crew a ce qu’il faut pour gagner dimanche. Mais il aurait aussi des raisons d’échouer.

Et avec Darwin Quintero, ce n’est pas fini avant le tout dernier coup de sifflet.

Soccer

Sports