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chronique

Karl Alzner a-t-il atteint sa date de péremption?

Karl Alzner

Karl Alzner

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Martin Leclerc

BILLET - Parfois, les choses changent très rapidement dans le monde du hockey. En l'espace de quelques mois, une acquisition d'apparence anodine peut faire passer un directeur général pour un génie. Et malheureusement, l'inverse est tout aussi vrai.

Le 1er juillet 2008, les Rangers de New York et leur DG Glen Sather se félicitaient d’avoir acquis le vétéran défenseur Wade Redden sur le marché de l’autonomie. Cette acquisition leur avait coûté un engagement de 6 ans d’une valeur totale de 39 millions. Alors âgé de 31 ans, Redden s’était jusque-là forgé une réputation très enviable à Ottawa. Or, deux saisons plus tard, il était soumis au ballottage, ignoré par toutes les équipes de la LNH puis rétrogradé dans la Ligue américaine.

Il est peut-être temps de se demander si Karl Alzner ne deviendra pas le Wade Redden du Canadien.

Durant l’été 2017, Marc Bergevin a courtisé Alzner sur le marché de l’autonomie. Ce flirt s’est soldé par une entente de 5 ans d’une valeur de 23,125 millions. Or, la première saison d’Alzner s’est avérée extrêmement décevante. Et alors qu’il vient d’entreprendre sa deuxième campagne avec le CH, certains commencent à poser la question qui tue : Karl Alzner jouera-t-il encore dans la LNH la saison prochaine?

***

Retranché de la formation lors des cinq premiers matchs de la saison (parce que Victor Mete, Mike Reilly et Xavier Ouellet avaient tous connu un meilleur camp que lui), Alzner a réintégré l’équipe mercredi dernier face aux Blues de Saint Louis. Compte tenu de sa longue inactivité, il a offert une première performance très correcte. Il a été utilisé un peu plus de 17 minutes.

Mais samedi, à Ottawa, le vétéran de 11 saisons a connu un match particulièrement difficile au cours duquel il a passé la soirée à saboter des transitions et à remettre la rondelle à l’adversaire.

De cette défaite, beaucoup de gens ont retenu le revirement qu’Alzner a provoqué au premier engagement dans le fond de sa zone défensive et qui a directement mené au premier filet des Sénateurs (Mark Stone). À sa décharge, Alzner avait été placé dans une position difficile quelques secondes auparavant par une passe fort négligente de Max Domi. N’empêche, Alzner aurait dû rattraper la bévue de son jeune coéquipier.

À la fin de la soirée, toutefois, il était clair que cette coûteuse séquence de jeu n’entrait pas dans la catégorie des « accidents de parcours ». Elle s’est avérée la règle plutôt que l’exception.

Au cours des deux premières périodes, Alzner a remis la rondelle aux Sénateurs quatre fois lorsqu’il tentait une sortie de la zone défensive du Tricolore. Et en troisième, sans doute échaudé par ces revirements à répétition, il s’est souvent contenté de tirer la rondelle hors de son territoire par la bande, sans se donner la peine de repérer ses coéquipiers.

Alzner, rappelons-le, touche 4,625 millions par saison. C’est plus du double des salaires combinés de Mete, Reilly et Ouellet. Et pourtant, les trois jeunes possèdent tous des atouts (la circulation de rondelle) qui les rendent beaucoup plus utiles au sein d’une formation dont la force de frappe offensive est limitée.

En 84 matchs avec le CH (le même nombre que Jordie Benn), Alzner a dirigé 36 tirs de moins que Benn sur les filets adverses et récolté 3 buts de moins. Le premier est censé être un pilier du top 3 de la brigade défensive, alors que le second ne jouerait probablement pas si Shea Weber n’était pas blessé.

***

Au cours de la prochaine semaine, il sera très intéressant de voir comment Claude Julien jouera ses cartes avec Karl Alzner.

Jusqu’à présent, lorsque vient le temps de concocter sa formation, le nouveau groupe d’entraîneurs semble s’être doté d’une ligne de conduite qui fait abstraction du soi-disant statut des vétérans et de leur situation contractuelle. Or, on s’entend, si l’un des jeunes arrières de l’équipe avait connu autant de difficultés qu’Alzner samedi soir, les chances de le voir en uniforme au prochain match seraient à peu près nulles.

Pour tous les membres de l’organisation, cette délicate situation n’a rien de réjouissant.

Alzner est un sapré bon gars et ses coéquipiers semblent l’apprécier. Mercredi dernier, après avoir disputé son premier match, il racontait combien il avait trouvé difficile d’être laissé de côté après avoir disputé 622 matchs d’affilée dans la LNH. Et bien que cette décision l’ait blessé dans son orgueil, soucieux de préserver l’ambiance du vestiaire, il disait s’être efforcé de prêcher par l’exemple en redoublant d’ardeur à l’entraînement et en restant positif.

Jusqu'à maintenant, toute cette bonne volonté ne semble pas suffisante pour lui permettre de retrouver un poste de partant.

Tout fonctionne pour le Rocket, sauf Lindgren et McNiven

Pour conclure, un petit mot sur deux autres athlètes qui auraient grand intérêt à élever leur niveau de jeu de deux ou trois crans...

Dirigé par Joël Bouchard, le Rocket de Laval joue du hockey quasi impeccable depuis le début du calendrier de la Ligue américaine.

N’ayant accordé qu’une moyenne de 18,86 tirs par match lors de ses sept premières rencontres, le club-école du Canadien domine outrageusement l'AHL à ce chapitre. L’équipe de 2e place, les Marlies de Toronto, accorde six(!) tirs de plus par match.

Malheureusement, cette efficacité collective ne se reflète pas au classement. En grande partie à cause du jeu décevant de ses gardiens, le Rocket ne présente qu’une fiche de 3-4 et occupe le 5e rang de sa division.

Incroyablement, il a notamment subi deux revers après avoir dominé ses adversaires 41-15 et 40-16 pour les tirs au filet.

Charlie Lindgren présente un décevant taux d’efficacité de ,870. Dans son cas, la tendance est lourde. Son taux s’établissait à ,886 la saison dernière. Quant à Michael McNiven, après deux matchs, son taux de réussite se situe à... ,833. La saison dernière, son taux d’efficacité n’était que de ,884.

Pendant ce temps, Étienne Marcoux, l’ex-gardien numéro un de Joël Bouchard au sein de l’Armada de Blainville-Boisbriand, campe le rôle de troisième gardien et attend patiemment son tour.

Combien de temps Bouchard tolérera-t-il devant son filet des gardiens qui ne stoppent pas les rondelles? Cela aussi, ce sera intéressant à suivre.

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