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Une première Coupe du monde pour l'étoile montante Lauriane Genest

Elle est en plein effort sur la piste.

Lauriane Genest aux Jeux du Commonwealth en 2018

Photo : AFP/Getty Images / PATRICK HAMILTON

Radio-Canada

Lauriane Genest vivra son baptême du feu en Coupe du monde de cyclisme sur piste à compter de vendredi, à Milton, en Ontario. L'athlète de 20 ans espère poursuivre sa remarquable progression amorcée il y a deux ans à peine.

Un texte de Michel Chabot

Ce n'est qu’en 2016, grâce à son père fervent de vélo de route, que Lauriane Genest découvre le cyclisme. Mais le coup de foudre attendra pour celle qui est alors patineuse artistique en sport-études à l'école secondaire Veilleux de Saint-Georges, en Beauce.

« Je n’aimais pas le vélo de route tant que ça, confie-t-elle. Je n’aime pas monter des côtes ni faire des longues randonnées. »

Heureusement pour la jeune femme, un ami de son paternel, entraîneur au club cycliste de Lévis, remarque ses aptitudes de sprinteuse et l’invite à faire un essai sur la piste de Bromont. C’est alors que survient la révélation.

J’ai tout de suite aimé ça! J’aimais les vélos et les positions super aérodynamiques. Il n’y avait pas de freins, juste une vitesse. Il n’y a que sur ces vélos-là qu’on peut atteindre de telles vitesses sur la piste.

Lauriane Genest

Elle sait dès lors que le sprint deviendra sa spécialité. Elle le confirme à l’automne 2017. Elle remporte le 500 m et le sprint par équipe des Championnats canadiens, où elle finit également 2e en sprint individuel et au keirin.

L'appel du drapeau

Lauriane Genest est alors recrutée par l’équipe nationale et quitte la maison familiale pour s’établir à Milton. Sa première année dans le sud de l’Ontario comporte son lot de défis.

« Tout est arrivé en même temps! J’avais une mini base d’anglais. Je pouvais me faire comprendre, mais je pouvais difficilement avoir des conversations, raconte Genest. C’était dur, je vivais en solitaire. »

De plus, son volume d’entraînement est beaucoup plus exigeant.

Mon corps n’était pas habitué à ça, donc je dormais des 12 heures!

Lauriane Genest

Après cette difficile adaptation, Lauriane Genest poursuit son ascension. Elle est invitée à participer aux Jeux du Commonwealth en avril 2018 en Australie.

Elle suit une adversaire.

Lauriane Genest du Canada en demi-finale du sprint féminin aux Jeux du Commonwealth 2018

Photo : Getty Images / Matt King

« Je n’avais pas de pression, personne ne savait de quoi j’étais capable, se souvient l’étudiante en sciences de la nature. J’avais des attentes de performances, mais pas de résultats. »

Elle termine au pied du podium du sprint individuel. Elle réussit aussi le quatrième chrono en qualifications du sprint par équipe avec l’Ontarienne Amelia Walsh, mais les deux coureuses sont disqualifiées en raison d’une erreur tactique.

« J’ai fait quelques courses depuis et jamais je n’ai ressenti les sentiments des Jeux du Commonwealth, soutient-elle. Je cherche à les retrouver parce que je considère que c’est là où j’ai fait mes meilleurs sprints. »

À la lumière de ces résultats, les attentes grimpent aux Championnats panaméricains, en septembre, au Mexique.

J’avais un gros stress de performance. Beaucoup de gens autour de moi me disaient que j’allais gagner. Dans ma tête, j’ai alors commencé à me dire que je devais gagner. Alors qu'au départ, je n’avais pas nécessairement fixé mon objectif à ce niveau-là.

Lauriane Genest

Lauriane Genest parvient tout de même à gérer la pression et, avec Walsh, elle monte sur la troisième marche du podium. Le lendemain, elle finit à nouveau au quatrième échelon du sprint individuel, mais se consolera le jour suivant avec une médaille d’argent au keirin.

Face à l'élite

À l’aube de sa toute première Coupe du monde, la Québécoise sait qu’elle se frottera maintenant aux meilleures athlètes d’Europe. Mais elle aborde ce prochain défi avec une meilleure préparation. Le travail mental avec son entraîneur Franck Durivaux portera ses fruits, espère-t-elle.

« On essaie de trouver le juste milieu. On s’est fixé des objectifs qui sont, selon moi, réalistes. Si je fais un top 10 dans les sprints et le keirin, je vais être très satisfaite. C’est tellement tactique, c’est de la confiance, dit Genest. Savoir contrôler son vélo, c’est des années d’expérience. C’est ça qui fait la différence entre une 10e place et un podium. »

Vivre ce baptême à Milton lui procure toutefois de bonnes sensations.

« C’est un peu à la maison, c’est là où je m’entraîne tous les jours, c’est ma piste, se rassure-t-elle. On dirait que c’est plus facile de le voir comme un entraînement avec les meilleures au monde. J’essaie d’avoir cette mentalité-là. »

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