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« Le Grand Prix de judo de Montréal, un incontournable » - Antoine Valois-Fortier

Antoine Valois-Fortier

Antoine Valois-Fortier

Photo : Société Radio-Canada / Éric Santerre

Radio-Canada

Opéré au dos, Antoine Valois-Fortier vient de recevoir une bonne dose de motivation à revenir à la compétition au printemps 2019. Il veut participer au Grand Prix de Montréal, du 5 au 7 juillet, à l'aréna Maurice-Richard, à l'ombre du stade olympique.

Un texte de Philippe Crépeau

C'est la première fois que le Canada obtient une étape de ce circuit. Et c'est à Montréal qu'on retrouve le plus gros bassin de judokas au pays.

« Je vais assurément être à Montréal en 2019 au Grand Prix, lance Antoine Valois-Fortier. La récupération à mon opération au dos va bien, c'était il y a trois mois pratiquement jour pour jour. Tout suit la chronologie qui est prévue, et j’espère faire un retour à la compétition en février prochain, en Europe. »

« C’est la première fois que le Canada va accueillir un événement de cette envergure-là, rappelle le judoka. Le Canada est de plus en plus présent sur les podiums internationaux. Ça nous donne une belle légitimité d’organiser un événement comme ça. En plus, cet événement est dans la fenêtre de qualification olympique. »

« Notre processus de sélection s’étale sur 24 mois, précise Nicolas Gill, directeur général de Judo Canada. La deuxième année de la qualification, les tournois comptent doubles. Donc, pour nous, c’était primordial d’être là entre le 1er juin 2019 et le 15 mai 2020. C’était la fenêtre que nous visions. C’était notre priorité. »

Il y avait justement un trou dans le calendrier international entre le milieu du mois de mai et le début de juillet.

Gill a réussi à obtenir le premier week-end de juillet, juste avant le Grand Prix de Budapest en Hongrie, prévu la semaine suivante du 12 au 14.

« Il n’y avait pas de tournoi en Amérique dans la deuxième année de qualification olympique. Le défi était de rencontrer l’échéancier pour présenter notre candidature, de tout mettre en place avec très peu de préavis », révèle le double médaillé olympique.

Nicolas Gill se tient debout dans le dojo de l'Institut national du sport.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nicolas Gill

Photo : Radio-Canada / Alain Décarie

L'argent, l'élément clé

« Le montage financier s’est fait avec tous les paliers de gouvernement, et Tourisme Montréal a été impliqué. Ça a été une course contre-la-montre pour tout mettre en place, admet le DG de Judo Canada.

« Le support gouvernemental est à un niveau requis. À ce stade-ci, les manques à combler sont réalistes, affirme-t-il. Ça respecte le cadre financier qu’on s’était donné quand on s’est lancé dans le projet. Le niveau qu’on doit aller chercher du privé, ce n’est pas nécessairement simple, mais c’est réaliste. »

Le budget de l'événement dépasse les 3 millions de dollars.

« L’objectif est que le projet ne soit pas déficitaire, de couvrir nos frais. Évidemment, s’il y avait déficit, Judo Canada en assumera la responsabilité. C’est en fait ce qui a convaincu la Fédération internationale (IJF) », admet Nicolas Gill dans un grand éclat de rire.

Au Grand Prix de Montréal se greffera la Coupe Canada, présentée la semaine précédente.

Un événement incontournable

Après le Grand Prix de F1 le 9 juin, Montréal aura droit à un autre Grand Prix un mois plus tard. Antoine Valois-Fortier s'attend à une très forte participation.

« La qualification olympique a commencé et on note déjà une augmentation du niveau dans tous les événements Grand Prix et grand chelem », affirme le vétéran.

Ça va être un incontournable pour les grandes nations du judo qui vont très probablement venir participer à cet événement-là. Ça va être un spectacle de très haut niveau.

Antoine Valois-Fortier

« L’équipe de Nicolas, l’équipe de Judo Canada fait un travail colossal pour aller de l’avant pour accueillir des événements d’importance internationale, ajoute-t-il. C’est vraiment un bon premier pas. On est dans la bonne direction. »

« Ça fait trois ans qu’il y a des pourparlers, révèle Gill. D’autres villes au pays étaient intéressées à l’avoir qui ne répondaient pas nécessairement aux critères de la fédération internationale. Mais Montréal était le premier choix de la Fédération internationale. »

« Puis, il a fallu ensuite convaincre Montréal d’embarquer dans le projet, c’était aussi un défi, admet-il. Il a fallu travailler pour vendre le projet et le judo dans notre communauté. »

Antoine Valois-Fortier à MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Antoine Valois-Fortier à Montréal

Photo : Société Radio-Canada

C'est à l'aréna Maurice-Richard qu'aura lieu l'événement. Un choix basé sur les exigences de l'IJF.

« Évidemment, le Centre Bell et le stade olympique, c’était un peu trop grand, admet Nicolas Gill en riant. On avait besoin en espace de l’équivalent d’une patinoire olympique, pour répondre aux critères de la Fédération internationale quant à la disposition des tapis (trois surfaces de combat côte à côte). Et en termes de sièges, il en fallait 2500 au minimum. »

L'aréna Maurice-Richard a une capacité de 5666 places et permet des installations de retransmission télévisée répondant aux exigences de l'IJF. Mais Nicolas Gill avait une exigence plus romantique.

« On voulait tout centraliser autour du Parc olympique, car les Jeux de 1976 et l’image du stade sont des symboles forts du sport amateur à Montréal, explique l'ancien judoka. Être à proximité, ça rajoutait pas mal au site choisi. »

Sans décalage horaire

Enfin, le Grand Prix de Montréal de judo permettra aux athlètes canadiens d'être « à la maison », un avantage sur plusieurs plans.

« C’est un gros avantage de ne pas avoir à subir de décalages horaires. Si on regarde la liste des villes sur le calendrier, je ne suis pas sûr que les gens pourraient les situer sur la carte, préciseGill en riant. Il y a des endroits excessivement reculés. »

Parmi les étapes de la saison 2019 : Tbilissi en Géorgie, Antalya en Turquie, Hohhot en Chine, pour ne nommer que ces trois villes.

« À chaque étape, on voit l’équipe hôte performer mieux qu’elle le fait à l’étranger, fait-il remarquer. Si on peut combattre à ce niveau-là, accumuler des points à la maison, c’est un avantage indéniable pour les athlètes. »

Ce que confirme le médaillé de bronze des Jeux olympiques de 2012.

« On est souvent en Europe, souvent en Asie, donc le décalage horaire peut parfois venir nous jouer des petits tours au niveau de la fatigue et de la récupération, dit Valois-Fortier. On n’aura pas à jongler avec ces éléments-là. »

Antoine Valois-FortierAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Antoine Valois-Fortier

Photo : Rafal Burza/Judo Canada

« Être à Montréal, ça ajoute une petite dose de motivation, mais aussi une petite dose de stress. Ça va être aux athlètes de bien gérer le stress pour que ce soit un stress positif », prévient l'athlète de 28 ans.

« Personnellement, je pense que je réponds quand même bien aux événements importants. Mais bon, je ne veux pas faire de trop grandes promesses », ajoute-t-il en riant.

On va faire une belle préparation, et toutes les étoiles devraient s’aligner pour que le Canada connaisse de belles performances à cet événement-là.

Antoine Valois-Fortier

Pour l'instant, l'entente n'est que pour la saison 2019. Judo Canada évaluera en temps et lieu la pertinence de refaire une demande à l'IJF pour inclure Montréal dans le calendrier au moment de la fenêtre de sélection du prochain cycle olympique (2020-2024).

Les étapes du calendrier de l'IJF ont été créées en 2009, et sont la composante du niveau le plus élevé du calendrier international de judo, qui inclut les grands chelems, un tournoi des maîtres et un tournoi continental ouvert.

Montréal succède comme seule étape en sol américain à la ville de Cancun au Mexique, qui a organisé un Grand Prix en 2017 et en 2018.

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