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L'élite du patinage artistique se lance dans un nouveau cycle olympique

Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron
Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron Photo: Associated Press / Pavel Golovkin

L'hiver olympique terminé, l'élite mondiale du patinage artistique rechausse les patins pour le prestigieux circuit des Grands Prix, à partir de vendredi. Le plateau est en partie renouvelé, mais la plupart de ses vedettes sont au rendez-vous, à l'instar du double champion olympique en titre Yuzuru Hanyu.

Papadakis et Cizeron ouvrent un nouveau cycle

À 23 ans, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, déjà triples champions du monde (2015, 2016 et 2018) et quadruples champions d'Europe (2015-2018), repartent « pour quatre ans, au moins », a révélé leur entraîneur Romain Haguenauer.

Leurs principaux rivaux, Tessa Virtue et Scott Moir, avec lesquels ils ont tiré la danse sur glace vers des sommets jusqu'alors jamais atteints aux Jeux de Pyeongchang, se sont retirés de la compétition pour de bon. De ce fait, les jeunes danseurs français, privés d'or olympique l'hiver dernier par les Canadiens, deviennent les favoris incontestés de la saison post-olympique.

Pas question pour autant de se reposer sur leurs lauriers. Désireux de se renouveler dans un nouveau cycle olympique, ils ont délaissé le piano sur lequel ils avaient habitude de patiner pour du violon pour leur programme court et deux chansons de style « lyrique folk » pour leur danse libre. Ils ont aussi entamé un travail de longue haleine sur leurs portés, destiné à les rendre plus spectaculaires, avec l'aide d'une compagnie de cirque. Nous en verrons les effets sur la glace japonaise de Hiroshima, à la mi-novembre, puis à Grenoble, en France, deux semaines plus tard.

James et Ciprès ambitieux

Qui dit saison post-olympique dit souvent renouvellement considérable, entre fins de carrière et longues pauses. C'est particulièrement vrai chez les couples. Les champions olympiques et du monde en titre, les Allemands Aljona Savchenko et Bruno Massot, ont mis les freins, comme les Canadiens Meagan Duhamel et Eric Radford, en bronze à Pyeongchang. Les médaillés d'argent olympiques, les Chinois Sui Wenjing et Han Cong, ne sont pas encore prêts physiquement. Ces absences font de la place aux Français Vanessa James, 31 ans, et Morgan Ciprès, 27 ans, montés sur la troisième marche du podium aux mondiaux, le printemps dernier, et qui ambitionnent de faire encore mieux.

« Dans un coin de notre tête, on sait qu'on peut devenir champions du monde », affirmait Ciprès à l'AFP en fin de saison dernière. Avant ça, un hiver réussi passera nécessairement par une première qualification pour la finale du Grand Prix, début décembre, à Vancouver. À moins d'une révélation, leurs principaux concurrents devraient être les Russes Evgenia Tarasova et Vladimir Morozov, vice-champions du monde en titre.

Il lève le bras gauche après son programme.Le Japonais Yuzuru Hanyu Photo : Radio-Canada

Hanyu après Chen

Le double champion olympique en titre, le Japonais Yuzuru Hanyu, effectuera un retour remarqué début novembre à Helsinki, théâtre inédit de la troisième étape du Grand Prix. Devenu le premier patineur en 66 ans à avoir conservé la couronne olympique à Pyeongchang, il s'est fait discret depuis cet exploit. Lancé dans une course contre-la-montre avant les Jeux de 2018 pour se remettre d’une blessure sérieuse à une cheville, le protégé de l’entraîneur canadien Brian Orser a ensuite fait l'impasse sur les Championnats du monde.

Après une première performance en demi-teinte dans une compétition secondaire fin septembre au Canada, le Japonais de 23 ans sera la dernière vedette du patinage à entrer en lice en Grand Prix. Son compatriote Shoma Uno, vice-champion olympique en Corée du Sud, la fera une semaine plus tôt aux Internationaux Patinage Canada, à la Place Bell de Laval.

Le jeune Américain Nathan Chen, 19 ans, adepte des sauts quadruples en série et sacré champion du monde après sa désillusion olympique, patine lui dès vendredi au coup d’envoi de la saison à Skate America, sur la glace d'Everett, en Floride.

La vice-championne olympique, la Russe Evgenia Medvedeva, en vrille, les yeux fermés, aux Jeux de Pyeongchang 2018.La vice-championne olympique des Jeux de Pyeongchang 2018, la Russe Evgenia Medvedeva entamera sa saison aux Internationaux Patinage Canada, à la Place Bell de Laval. Photo : Reuters / John Sibley

La revanche de Medvedeva?

Privée d'or olympique par sa toute jeune compatriote et alors camarade d'entraînement Alina Zagitova, sacrée à 15 ans seulement, la double championne du monde Evgenia Medvedeva profitera-t-elle de l'hiver post-olympique pour se réinstaller au sommet de la hiérarchie mondiale? En tout cas, la Russe de 18 ans a opté pour un changement de direction radical dans l'intersaison : adieu la glace de Moscou, sa ville natale, et l'usine à championnes façonnées par l'intransigeante Eteri Tutberidze, bonjour le Canada et le centre d'entraînement de Brian Orser, installé à Toronto et où patine notamment Hanyu.

Un mouvement très inhabituel dans le patinage russe. Avant d'éventuelles retrouvailles en finale du Grand Prix, Medvedeva patinera la première, au Québec. Zagitova entrera en piste à Helsinki, une semaine plus tard.

Petite révolution du livre de règlements

Si le renouveau est au centre des préoccupations des patineurs en ce début de cycle olympique, le livre des règlements n’a pas échappé au désir de modernisation de la Fédération internationale de patinage (ISU).

Les modifications apportées au système de pointage des juges sont au centre de cette refonte. Autrefois jugé sur une échelle allant de -3 à +3 points, un élément se verra maintenant décerner une note allant de -5 à +5 points.

De l’avis de l’analyste de patinage artistique pour CBC Carol Lane, il y avait cette impression qu’« un plafond avait été atteint et que plusieurs programmes se ressemblaient ». Avec ces nouveaux points à l’enjeu, l'ISU a tourné la page sur les précédents records établis ces dernières années. Les nouvelles marques mondiales se succéderont lors de la prochaine saison de Grand Prix.

Je crois que ça donnera une idée plus claire de ce que les patineurs doivent accomplir durant un élément, en plus de donner une plus grande valeur à l’exécution, si [le système] est bien appliqué.

Carol Lane, analyste de patinage artistique pour CBC

Trente secondes ont aussi été retranchées aux programmes libres des volets masculin et en couples, pour atteindre une durée totale de 4 min, comme c’est déjà le cas chez les femmes et en danse sur glace. De plus, les hommes devront exécuter un maximum de sept sauts, contrairement à huit dans le passé. Et chez les couples, les vrilles côte à côte ne seront plus exigées.

Tant de défis pour les athlètes et leurs chorégraphes, forcés à l’efficacité pour répondre aux nouvelles exigences au cours d’un programme écourté.

À l’essai ces deux prochaines saisons, il n’est pas impossible que ces règlements soient aussi en vigueur aux prochains Jeux olympiques d’hiver de Pékin, en Chine, en 2022.

Avec les informations de Agence France-Presse, et CBC Sports

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