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L'acharnement du Canadien paie des dividendes

Le défenseur Mike Reilly (au centre) est félicité par ses coéquipiers après son but contre les Blues de Saint Louis.
Le défenseur Mike Reilly (au centre) est félicité par ses coéquipiers après son but contre les Blues de Saint Louis. Photo: Reuters / USA Today Sports
Radio-Canada

Un match âprement disputé, l'espace sur la glace chèrement arraché à l'adversaire, une rencontre qui bascule dans les dernières secondes : c'est le genre de match que le Canadien perdait presque systématiquement l'an dernier.

Un texte d’Alexandre Gascon

Les statistiques ont été équivalentes dans la plupart des facettes du jeu mercredi soir dans ce duel contre les Blues de Saint Louis remporté de justesse par le Tricolore 3-2.

Vingt-cinq tirs pour les Blues, 23 pour le CH. Vingt et une mises en échec des visiteurs, 19 pour les favoris locaux. Même proximité pour les tirs bloqués, les revirements, dans tous les secteurs en fait, sauf pour les mises au jeu où le CH, encore, a fait piètre figure (40 % d’efficacité).

Les Montréalais ont joué avec le feu en troisième période avec trois pénalités de suite. C’est généralement ce qui arrive quand tu cours après la rondelle pendant tout l’engagement, tu finis par te brûler.

Le but égalisateur de Brayden Schenn à 3 min 29 s de la fin, avec un joueur du Tricolore au cachot, aurait pu démoraliser une équipe moins confiante en ses moyens. Les joueurs ont réagi instantanément.

Et même s’il a fallu une erreur grossière de Colton Parayko pour sceller l’issue du match, l’attitude, encore elle, y était, a soutenu l’auteur du but décisif Branden Gallagher.

« Je sais que vous n’en pouvez plus de l’entendre, mais on est sérieux à propos de ça. Tout le monde a l’impression qu’il a un travail à faire, qu’il apporte sa contribution. Quand tu es content de venir à l’aréna, ça peut te mener loin », a laissé tomber l'adjoint au capitaine.

Après six matchs, le CH (4-1-1) déjoue tous les pronostics, même les plus optimistes, et court en ce moment après les Maple Leafs de Toronto (6-1-0) en tête de la Division atlantique.

Claude Julien compare la saison depuis quelques jours à un marathon. Rien d’original, bien vu, mais il a ajouté ceci à son analogie : l’importance de connaître un sprint au départ pour se donner un élan en vue du marathon qui suit.

[Tout ça est une bien mauvaise idée si vous courez réellement un marathon, NDLR]

« Je suis content de la façon dont les choses se passent, a commencé Julien.

« Mais je ne veux pas qu’on s’emporte avec six matchs quand on doit en jouer au moins 82, a-t-il prévenu. Le but est d’avoir un bon début de saison pour se mettre en bonne position, parce que la saison va être longue. »

Le départ est bon.

Une grande première

Mike Reilly a signé son premier but avec le Canadien d’une belle pièce de jeu individuelle en avantage numérique.

J’y pensais tout le temps. Je voulais réussir mon premier avec le Canadien ici au Centre Bell. C’était unique.

Mike Reilly

C’était surtout le premier but réussi par un défenseur de la formation. Seules cinq autres équipes n’avaient pas vu un de leurs arrières faire vibrer les cordages (Colorado, Arizona, New Jersey, San José et Vegas).

Le numéro 28 l’a avoué à nouveau, il ne s’est jamais senti aussi bien de toute sa carrière dans la LNH.

« J’ai eu quatre ou cinq entraîneurs à la défense et quelques entraîneurs en chef depuis que je suis arrivé. Il y a beaucoup d’adversité dans la ligue. Tu ne sais pas à quoi t’attendre quand tu sors de l’université, tu ne sais pas ce qui s’en vient. Ça me convient bien ici. Le style de jeu se marie bien au mien. On joue vite, on donne la rondelle aux attaquants, j’aime jouer comme ça », a expliqué Reilly.

Il n'a pas peur de faire des erreurs cette saison, un sentiment que partagent les autres membres de la brigade.

« Certains joueurs dans cette ligue ont plus de marge de manœuvre que d’autres, évidemment », a lancé Jordie Benn sur le sujet.

« On a plus de temps pour faire nos jeux. Si tu es en confiance, tu fais ton jeu. Et si tu fais une erreur, ça fait partie du sport. Tu dois juste savoir où te placer après que cette erreur a été commise. On fait un bon travail quand on est victime de revirements pour se rassembler et sortir la rondelle », a-t-il fait valoir.

Même Karl Alzner, laissé de côté pendant les cinq premiers matchs et qui a disputé un match honnête avec 17:23 de temps de jeu et un différentiel de +1, n’a pas semblé craindre la bourde de trop.

« Quand tu reviens, tu tiens pour acquis que la laisse est plus courte, mais tu ne peux pas t’en faire avec ça. On ne cherche pas des joueurs qui vont se contenter d’être sur la glace, de jouer façon sécuritaire. On veut des joueurs qui jouent le système intense, combatif, rapide. »

La brigade défensive a été à peine retouchée cet été. Elle est pourtant bien plus efficace. Il faut bien en attribuer une part du mérite à l’entraîneur.

En rafale

Après une autre soirée difficile dans le cercle des mises au jeu, le Canadien est bon dernier à ce chapitre dans la LNH avec un taux de succès de 42,7 %. Personne n’en fera de l’insomnie.

Victor Mete a été laissé de côté parce qu’il est « un peu amoché », a confié Julien.

« C’est mineur, je ne veux pas entrer là-dedans parce que, si on avait eu personne d’autre, il aurait pu jouer ce soir », a-t-il renchéri. C’était la chance d’Alzner, qui l’a bien saisie.

Le CH totalise 9 points après 6 matchs. Ça lui en avait pris 12 pour atteindre le même total l’année dernière.

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