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chronique

Que font les joueurs du CH des minutes qui leur sont offertes?

Jonathan Drouin reçoit les félicitations de ses coéquipiers après avoir marqué contre les Red Wings de Détroit, lundi.
Jonathan Drouin reçoit les félicitations de ses coéquipiers après avoir marqué contre les Red Wings de Détroit, lundi. Photo: Getty Images / Minas Panagiotakis
Martin Leclerc

BILLET - Les entraîneurs de haut niveau aiment souvent décortiquer le calendrier de leur équipe de hockey en tranches de cinq matchs afin d'aider leurs joueurs à se concentrer sur des objectifs à court terme et aussi afin de mieux mesurer la progression de leur groupe. Dans cette perspective, plaçons-nous un peu dans les souliers de Claude Julien et tentons de voir quels joueurs du CH ont maximisé le temps de jeu qui leur était offert...

Pour débuter, voici un tableau illustrant le nombre de chances de marquer, par tranche de 60 minutes de jeu, obtenu par chaque joueur du Canadien depuis le début du calendrier :

  • (8) Jordie Benn : 0
  • (11) Brendan Gallagher : 7,91
  • (13) Max Domi : 4,19
  • (14) Tomas Plekanec : 5,45*
  • (15) Jesperi Kotkaniemi : 2,57
  • (24) Phillip Danault : 2,93
  • (26) Jeff Petry : 1,57
  • (28) Mike Reilly : 0
  • (40) Joel Armia : 2,67
  • (41) Paul Byron : 8,0
  • (53) Victor Mete : 0,69
  • (54) Charles Hudon : 8,75
  • (58) Noah Juulsen : 0
  • (61) Xavier Ouellet : 1,54
  • (62) Artturi Lehkonen : 5,45
  • (63) Matthew Peca : 8,37**
  • (65) Andrew Shaw : 5,11
  • (90) Tomas Tatar : 5,94
  • (92) Jonathan Drouin : 2,64

* Plekanec n’a disputé que 2 rencontres. L’échantillon est faible.

** Les chiffres de Peca sont un peu trompeurs. Il a obtenu 4 de ses 6 chances de marquer lundi dernier dans une victoire à sens unique contre les pauvres Red Wings de Détroit.

Le cas Kotkaniemi

Claude Julien a déclaré mardi que l’organisation travaille dans l’intention de garder Jesperi Kotkaniemi à Montréal jusqu’à la fin de la saison. Cette orientation est pleine de bon sens quand on connaît les options qui s’offriraient à Julien si Kotkaniemi était renvoyé en Europe ou dans les mineures.

Cela dit, même si l’attaquant de 18 ans fait des étincelles à chaque match, la gestion de son développement et de son temps de jeu constitue un défi pour l’entraîneur.

Jusqu’à présent, Kotkaniemi a été utilisé durant quelque 70 minutes (14 minutes par match), ce qui est très raisonnable. Avec ce temps de jeu, il a trouvé le moyen d’obtenir quelques chances de marquer (2,27 par 60 minutes). Il a aussi étalé un tir des poignets foudroyant et un talent exceptionnel de passeur.

Le hic, c’est que son trio a souvent été celui qui générait le moins d’attaque durant les matchs. Après avoir passé trois matchs difficiles aux côtés de Kotkaniemi, Drouin semble renaître depuis qu’on l’a placé aux côtés de Max Domi. À l’inverse, après trois premières parties époustouflantes, Paul Byron est disparu lors des deux dernières, depuis qu’on l’a placé dans le trio du jeune Finlandais. Joel Armia est aussi devenu très discret.

C’est le prix à payer pour permettre à un jeune espoir de faire ses classes au plus haut niveau. Mais le meilleur est à venir.

Cela dit, Julien y gagnerait certainement à utiliser davantage les habiletés phénoménales de Kotkaniemi en supériorité numérique, une situation de jeu qui demeure un problème pour son équipe (13,6 %, 22e rang dans la LNH).

Les défenseurs sont discrets en attaque

Enchaînons avec des chiffres qui sautent aux yeux : les quatre joueurs dont le nombre de chances de marquer par 60 minutes commence par un « zéro » sont des défenseurs. Jeff Petry (1,57) et Xavier Ouellet (1,54) sont jusqu’à présent les deux arrières qui appuient le plus l’attaque, mais leur apport demeure modeste.

Ce trait de personnalité sera difficile à changer au sein de la brigade actuelle, qui n’a récolté que sept passes depuis le début de la saison. À titre comparatif, les arrières des Sénateurs d’Ottawa ont déjà amassé 9 buts et 14 mentions d’aide.

C’est une statistique importante parce qu’il existe une corrélation quasi directe entre le rendement offensif d’un groupe de défenseurs et la participation d’une équipe aux séries. Par contre, jusqu'ici, les défenseurs du Tricolore sont nettement plus efficaces en relance qu’ils ne l’étaient l’an dernier.

Charles Hudon génère beaucoup, mais joue peu

Parmi les attaquants qui ont pris part aux cinq premiers matchs de la saison, Charles Hudon a été de loin le moins utilisé avec 48 minutes de jeu. Il a toutefois trouvé le moyen d’obtenir des chances de marquer à chaque rencontre, et il a secoué les cordages deux fois.

À 8,75 chances par tranche de 60 minutes, Hudon a obtenu trois fois plus d’occasions de marquer que Jonathan Drouin (2,64 chances) et Joel Armia (2,67 chances), qui jouent deux fois plus que lui et qui sont membres de la première unité en avantage numérique.

Il serait sans doute avantageux de réviser à la hausse l’utilisation de Hudon. Quant à Armia, si la tendance se maintient, il sera de plus en plus difficile de justifier son utilisation en avantage numérique. Il n’a obtenu aucune chance de marquer lors des deux derniers matchs, et une seule au cours des trois dernières rencontres.

Les ailiers de Phillip Danault et les premiers pas de Max Domi

Danault (2,93 chances) n’est pas flamboyant à l'attaque, mais son sens du jeu et sa discipline de travail irréprochable permettent à ses ailiers de se mettre en valeur.

À défaut d’obtenir un grand nombre d’occasions de marquer, Danault est l’un des joueurs du Canadien qui créent le plus d'occasions pour ses partenaires de jeu. Tomas Tatar (5,94 chances) et Brendan Gallagher (7,91 chances) ne sont pas les meilleurs buteurs de l’équipe pour rien. Les deux comptent trois buts, tout comme Paul Byron.

Cela dit, même si l’échantillon est encore mince, les dirigeants de l'équipe doivent se frotter les mains de satisfaction en regardant Max Domi au centre du deuxième trio. Il s’agit d’une nette amélioration par rapport aux options qui s’offraient l’an dernier à Claude Julien.

Domi est avant tout un passeur (0-4-4 en 5 matchs), mais il obtient tout de même 4,19 chances de marquer par tranche de 60 minutes et, avec un peu de chance, il aurait déjà quelques buts à sa fiche. Compte tenu de son expérience très limitée au centre dans la LNH, on peut aussi s’attendre à une progression de son rendement dans les prochains segments du calendrier.

Une note de A

Vingt-huitième au classement général la saison dernière, le Canadien revient de loin.

Avec les moyens dont elle dispose, jusqu'ici, cette équipe joue plus efficacement, de façon plus combative et exploite davantage sa vitesse. Ces améliorations collectives lui ont valu de récolter 7 points sur une possibilité de 10 malgré un début de calendrier peu commode et malgré des unités spéciales peu performantes.

L’équipe s’est améliorée à la position stratégique de centre et tout porte à croire que Domi et Kotkaniemi pourront contribuer davantage à la production en cours de route. Par ailleurs, en jouant ses cartes un peu différemment, comme l’indiquent les statistiques, Claude Julien a encore de la marge de manoeuvre pour rehausser la force de frappe de son équipe.

Le deuxième segment de cinq matchs commence mercredi contre les Blues de Saint Louis.

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