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Claude Julien en perpétuelle adaptation

Claude Julien
Claude Julien Photo: La Presse canadienne / Paul Chiasson
Radio-Canada

Claude Julien a déjà traîné la réputation d'un entraîneur de la vieille garde, peut-être en raison de sa longévité dans la LNH, qui n'affectionnait pas particulièrement le travail avec les jeunes. Ou qui privilégiait ses vétérans au détriment du développement des espoirs de l'organisation.

Un texte d’Alexandre Gascon

Difficile de mettre le doigt sur ce qui a déclenché cet a priori.

Est-ce l'échange qui a envoyé le jeune Tyler Seguin de 21 ans à Dallas, l’un des pires conclus par les Bruins dans un passé récent?

L’état-major bostonien de l’époque, Peter Chiarelli en tête, s’était fait tancer vertement après coup, surtout lorsque cette vidéo (Nouvelle fenêtre) avait fait surface, où l’on admet que Seguin « est un joueur vedette, mais s’intègre-t-il dans leur culture ».

Julien n’y apparaissait pas toutefois. Complicité tacite?

Quand on y regarde de plus près, on se rend compte que l’entraîneur du Canadien a historiquement plutôt bien réussi avec les jeunes pousses. Le début de saison du Tricolore en est un bon exemple.

Avec une moyenne d’âge de 26 ans, 9 mois et des poussières, le CH (3-1-1) vient au 8e rang des équipes les plus jeunes de la ligue.

Lorsque Plekanec, 35 ans, était écarté de la formation au profit de Matthew Peca, et en enlevant du lot les blessés Shea Weber, David Schlemko et Nicolas Deslauriers, le Tricolore bondit au 2e rang de ce palmarès.

Photo : Getty Images / Elsa

L’équipe s’est rapidement forgé une identité et chaque joueur sondé jusqu’ici a juré ses grands dieux que le système fonctionne, qu'il est agréable à appliquer et que l’ambiance est bonne.

Quand Julien a pris les rênes à Boston en 2007, Milan Lucic, un adolescent de 19 ans, a réussi à se tailler un poste avec le grand club.

La même année, le gardien Tuukka Rask, à peine un an plus âgé que Lucic, faisait aussi ses débuts. Tout comme David Krejci, un peu plus vieux du haut de sa majorité à l’américaine, qui disputait sa première année complète dans le circuit Bettman.

La liste s’allonge.

« Il ne faut pas oublier que j’ai été entraîneur dans le hockey junior pendant plusieurs années (de 1996 à 2000).

« Peu importe ce qu’on dit. À Boston, les Pastrnak, Krejci, étaient à leurs premières saisons. Patrice (Bergeron) avait 20 ans [22, NDLR], je peux en nommer des joueurs. J’ai toujours adoré travailler avec les jeunes joueurs, ça n’a jamais été un problème. Cette année, on a une bonne combinaison de jeunes et de vétérans qui nous aident à appuyer notre message », a dit Julien après l’entraînement de ses troupes mardi.

Savoir s’entourer

Cela dit, les jeunes de 2018 n’ont rien à voir avec ceux de 2007, évidemment. Les générations se succèdent et Julien, maintenant âgé de 58 ans, ne rajeunit pas.
D’où l’importance de bien choisir ses alliés.

Mon succès va dépendre des gens qui m’entourent.

Claude Julien

À ce propos, Kirk Muller avait était élogieux à l’endroit de l’entraîneur adjoint Dominique Ducharme il y a quelques semaines. L’ancien capitaine du CH avait souligné à quel point Ducharme avait la touche avec les milléniaux et qu’il continuait à apprendre en l’observant.

« Si tu veux parler de Dom, tu dois parler de Luke (Richardson) aussi. J’avais une idée de notre équipe cet été avec Marc. Le genre de joueurs qu’on voulait. Du jeu rapide, pas seulement de la vitesse, il y a une différence. Tu peux avoir des gars qui patinent à 100 milles à l’heure, mais qui n’ont aucune idée où ils vont. La vitesse, la transition, l’échec-avant, on a essayé de construire autour de ça. Quand ces entraîneurs sont arrivés, dans mes entrevues, je voulais des candidats qui croyaient en ça », a expliqué le pilote du Canadien.

Le nouvel entraîneur adjoint du Canadien, Dominique Ducharme, et l'entraîneur-chef, Claude JulienLe nouvel entraîneur adjoint du Canadien, Dominique Ducharme, et l'entraîneur-chef, Claude Julien Photo : Radio-Canada

« Dom a eu du succès dans le junior, au Championnat du monde aussi », a-t-il enchaîné.

« Il avait de bonnes idées. Tout ce qu’on a fait, c’est de les partager, de les mettre ensemble, basé sur ce dont on avait parlé. Est-ce qu’ils apportent quelque chose? Évidemment. Sinon, je ne les embauche pas. »

Pas tous des Paul Byron

On le sait, le refrain a déjà été chanté si souvent que vous l’aurez en tête, comme un mauvais tube estival, pour les prochains mois.

Le nouveau style de jeu du CH. Le système. La rapidité.

N’empêche que le contraste est saisissant avec l’an dernier.

Karl Alzner rappelait pendant le camp d’entraînement qu’il ne fallait pas nécessairement être un patineur rapide pour jouer vite, une bonne chose pour lui, bien qu’il n’ait pas encore eu l’occasion de montrer qu’il avait intégré ces notions.

L’assertion n’a pas moins de valeur pour autant.

Tout le monde n’a pas à être Paul Byron. On est quand même une équipe rapide, mais on n’a pas besoin d’être tous des Paul Byron.

Claude Julien

« On doit jouer rapidement. On l’a vu de notre brigade défensive, l’an dernier critiquée, mais elle bouge la rondelle rapidement cette année. C’est ça la rapidité », a expliqué Claude Julien.

De l’équipe dont il a hérité et qui a été éliminée aux mains des Rangers de New York au printemps 2017, il ne reste que neuf joueurs. En à peine plus d’un an et demi, plus de la moitié de la formation a changé. A-t-il lui-même évolué?

« Oui. J’ai changé mon approche envers l’équipe. Parce que l’équipe qu’on a bâtie cette année est bâtie comme ça parce qu’on en a discuté. On avait des joueurs qui étaient de bons patineurs. On a ajouté des gars comme Peca, Domi, des joueurs qui patinent bien aussi. On a ajouté des joueurs qui formeraient le genre d’équipe qu’on recherchait.

« Je n’ai pas la même équipe que l’an passé où on n'avait peut-être pas le même luxe qu’on a cette année. Je me suis adapté, absolument », a renchéri le Franco-Ontarien.

« Les amateurs apprécient notre style parce que c’est excitant, intense, les choses se passent. On est dans l’industrie du divertissement, on doit offrir un bon produit. »

Il vaut la peine de noter cette dernière citation. Le résultat a toujours primé sur le spectacle. C’est ce que les amateurs et les médias se sont fait répéter dans les dernières années. L’on comprenait que ça pouvait être ennuyant, nous assurait-on, mais c'était tout pour la victoire.

Malgré le bon début de saison, Julien demeure prudent. Il n’y a que cinq matchs de joués et atteindre les séries éliminatoires prend des allures des 12 travaux d’Hercule pour le CH. Et une version où ça finirait mal.

Mais le film risque d’être bon.

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