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Tomas Tatar, la carte cachée du Canadien

Il contrôle la rondelle à la ligne bleue.
Tomas Tatar s'aventure dans la zone des Red Wings. Photo: USA Today Sports
Radio-Canada

Quand Max Pacioretty a quitté Montréal pour Las Vegas, l'état-major du Canadien a mis l'accent sur la jeunesse, sur le vent de renouveau qui soufflait pour justifier l'échange. En gros, sur le centre de 19 ans Nick Suzuki obtenu contre le capitaine du CH.

Un texte d’Alexandre Gascon

« Je ne sais pas comment ça vous a été présenté à ce moment-là », a d'abord dit Claude Julien.

Comme ça. Poursuivons.

« On a échangé un joueur qui a marqué 30 buts et plus pendant plusieurs années pour un joueur comme Tatar qui peut te donner 20-25 buts dès maintenant. Il était une grande part de cette transaction. On a aussi mis la main sur un choix de premier tour et un autre [2e tour, NDLR]. Nick Suzuki sera un très bon joueur éventuellement. En attendant, Tatar est un gros morceau de cet échange », a expliqué l’entraîneur.

Un très gros morceau même. Si l’on s’arrête simplement aux statistiques, c’est impressionnant.

Le Slovaque a inscrit sept points avec le Tricolore, soit un de plus que pendant son séjour de 20 matchs dans le désert du Nevada.

Il vient de réussir pour la première fois de sa carrière, à 27 ans, deux matchs d’affilée de trois points grâce à sa prestation d’un but et deux passes dans un massacre de 7-3 contre les Red Wings, lundi.

Samedi soir face aux Penguins, c’est lui qui avait amorcé la remontée en saisissant la rondelle après un bond capricieux au tout début de la deuxième période. Huit minutes plus tard, il donnait l'avance à sa bande en avantage numérique.

Lundi contre son ancienne équipe, Tatar semblait particulièrement motivé.

« J’étais concentré sur mon équipe évidemment, mais c’est sûr que c’était spécial d’affronter Détroit. C’était le fun contre mes vieux amis, mes vieux coéquipiers. »

Question de perspective sans doute. Il les a assommés, ses vieux coéquipiers, lorsqu’il a marqué son troisième but de la saison à neuf secondes de la fin du premier vingt pour creuser l’écart à 3-1.

Il leur a fait encore plus mal quand il a capté une passe vive de Mike Reilly devant le filet avant de remettre la rondelle à Gallagher qui n’a eu qu’à la tirer dans une cage ouverte.

Plus que tout, il célèbre ses buts avec passion, encourage ses nouveaux coéquipiers, est volontaire, disponible avec les journalistes et ne se cache pas pour porter fièrement la magnifique cape tirée de l’émission américaine Game of Thrones remise au joueur du match dans le vestiaire.

« Il est content d’être ici, ça se reflète sur les autres. C’est contagieux, ses coéquipiers l’aiment, il a une belle personnalité. Les gars qui aiment jouer au hockey, qui aiment leur travail, viennent ici tous les jours et performent de cette façon », a décrit Julien.

Il est question ici d’un joueur qui a été écarté de la formation des Golden Knights pendant 12 des 20 matchs qui les ont menés à trois victoires de soulever la coupe Stanley.

Échangé par les Wings à la date limite des échanges, la sauce n’a pas vraiment pris à Vegas bien que Tatar n’ait jamais renié cette expérience. Au contraire, disait-il, être dans le vestiaire d’une équipe gagnante était plutôt inspirant.

Son salaire de 5,3 millions de dollars (les Golden Knights retiennent 500 000 $) pour les trois prochaines saisons paraissait lourd à porter sur le coup, car il venait de connaître sa pire saison en quatre ans à l'attaque.

Ce qu’un changement d’air peut engendrer parfois. Pendant ce temps au Nevada, Pacioretty a inscrit un but en six matchs. Les Golden Knights (2-4-0) en ont d’ailleurs perdu quatre d’entre eux.

Le trio composé de Tomas Tatar, Brendan Gallagher et Phillip Danault célèbre un but contre les Red Wings.Le trio composé de Tomas Tatar, Brendan Gallagher et Phillip Danault célèbre un but contre les Red Wings. Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Un trio

Cela dit, il serait injuste de louer les qualités de Tomas Tatar sans parler de ses complices.

Depuis le premier jour du camp d’entraînement, Tatar, Gallagher et Phillip Danault sont réunis. Il s’agit du seul trio auquel Julien n’a pas touché.

« Tu as besoin d’un trio qui peut jouer contre les grosses lignes des autres équipes. En Phillip, tu as un bon joueur qui joue bien dans les deux sens. On a une équipe jeune au centre si tu enlèves Plekanec. Phillip remplit bien ce rôle, a fait valoir le pilote du Canadien.

« On sait que Gally travaille fort. Tu peux l’utiliser contre les gros trios. Tatar c’est la même chose. Mais en même temps, ils doivent être capables de marquer. »

Cette combinaison a affronté leurs homologues les plus redoutables ce qui, avec le calendrier du CH, n’était pas une sinécure.

Ils se sont frottés à Sidney Crosby (deux fois), à Auston Matthews, à Dylan Larkin et à Anze Kopitar, et ils s’en sont sortis avec les honneurs la plupart du temps, exception faite de Los Angeles. On parle de 7 points en 5 matchs et d'une fiche de 3-1-1

Croire en ses moyens

Le diable est dans les détails, nous apprend l’expression. Et les « petits détails » sont si importants au hockey. Depuis cinq matchs, ce sont beaucoup de petits démons qu’on voit à l’œuvre et qui énervent l’adversaire.

Ça se manifeste quand Jonathan Drouin décide de bloquer un lancer lorsque l’issue du match est scellée.

Quand Xavier Ouellet vole au secours de Drouin qui se tordait de douleur après ce tir justement et qui s’était fait pousser, vulnérable, par Tyler Bertuzzi.

Par une cape dans un vestiaire. Par ce qui semble être une franche camaraderie.

« Ce que nous avons présentement, c’est la foi, a lancé Claude Julien. On comprend qu’il faut vraiment travailler fort pour gagner des matchs de hockey. »

C’est un bon début.

Tomas Tatar (à gauche) tente de déjouer son ancien coéquipier Jimmy Howard.Tomas Tatar (à gauche) tente de déjouer son ancien coéquipier Jimmy Howard. Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

En rafale

L’hiver sera long à Détroit. Évidemment, les quatre premiers défenseurs du club sont sur la touche, mais l’on ne peut pas dire que la relève à la ligne bleue semble prometteuse.

Les Red Wings ont perdu leurs six rencontres et viennent d’encaisser deux joyeuses mornifles de 8-2 et 7-3. Ils affichent le pire bilan du circuit avec 14 buts marqués contre 29 accordés.

Dans ce contexte, mieux vaut peut-être garder la jeune pépite Filip Zadina à Grand Rapids, histoire de ne pas trop le contaminer.

D’un autre côté, les rouges ont tellement besoin de buts qu’il pourrait être tenté de le rappeler sous peu. Et dire que, même s’ils finissent au dernier rang de la LNH, ils n’auront que 20 % de chances d’obtenir le premier choix du repêchage, promis à Jack Hughes.

Xavier Ouellet devait bien rire dans sa barbe. Le torchon brûlait entre Jeff Blashill, l’entraîneur des Red Wings, et lui à l’époque. Tandis que les arrières du Michigan pataugent dans la glaise, Ouellet cimente sa place à Montréal.

« Ça ne me dérange pas trop comment il se sent en ce moment », a laissé tomber le Québécois.

Jonathan Drouin a marqué un deuxième but avec un lancer de punition depuis qu’il est arrivé à Montréal l’an passé. Son but, le premier du match, a « donné des ailes » à sa bande selon l’entraîneur. Fait à noter, il a exécuté exactement la même feinte qu’il lui a permis de déjouer Casey DeSmith en tirs de barrage samedi soir.

« Je ne voulais pas faire le même geste. J’avais la même trajectoire, la même entrée au filet. J’ai vu le même trou que l’autre soir finalement. »

Ce n’est pas plus compliqué que ça.

Un petit mot en terminant sur Tomas Plekanec, le héros du jour, qui a été longuement acclamé par les amateurs lorsqu’on a souligné le 1000e match de sa carrière à l’écran géant. Plekanec s’est même fait plaisir avec un but, son premier cette saison.

Au sein de cette très, très jeune formation, le Tchèque souhaite apporter son expérience et surtout celle durant laquelle on apprend de ses erreurs. Le numéro 14 ne veut absolument pas revivre le cauchemar de l’an dernier.

« Ça nous est déjà arrivé d’avoir une mauvaise saison comme celle-là [2011-2012, NDLR]. Je savais que les gars arriveraient affamés après l’été et c’est exactement ce qui est arrivé. Ils sont motivés. Ils ne veulent pas vivre ça encore. Ça m’est arrivé deux fois déjà et je sais à quel point c’est difficile. »

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