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Drouin et Danault font amende honorable

Penguins 3 - Canadien 4 : les faits saillants

Quand le Canadien a payé cher pour mettre la main sur Jonathan Drouin en juin 2017, c'était certainement pour voir éclore le joueur qu'on avait sous les yeux samedi soir.

Un texte d’Alexandre Gascon

Ce n’est qu’un match, mais c’est joli.

À l’image de ses coéquipiers, c’est à partir de la deuxième période que le Québécois a sonné la charge dans cette victoire de 4-3 du Tricolore (2-1-1) en tirs de barrage contre les Penguins (2-1-1).

Il a affiché une combativité qui, avouons-le, n’a pas toujours été au rendez-vous dans son cas.

Drouin a préparé le deuxième but du match de Tomas Tatar en avantage numérique.

À sa présence suivante, presque constamment en possession du disque, il a d’abord repéré Artturi Lehkonen seul dans l’enclave. Chance ratée, Evgeni Malkin transportait alors la rondelle hors de son territoire avant que le no 92 fonce sur lui de l’arrière, lui vole le disque et reparte dans la zone ennemie.

En prolongation, il a offert le match à Max Domi d’une passe romanesque, mais celui-ci, aussi surpris que tout le monde, a frappé le poteau.

« J’avais la rondelle, quand je patinais avec elle, je me sentais un peu plus comme l’année passée ou dans mes bonnes années. C’est de la façon qu’il faut que je joue, faut que je sois plus impliqué. Plus je suis impliqué, plus je vais avoir la rondelle », a lancé Drouin.

C’est une mathématique simple, qui a fait ses preuves.

La force de frappe du CH cette saison, ou son inefficacité, passera en bonne partie par ce qu’offrira Drouin.

Claude Julien en est bien conscient.

Il voulait créer des choses. Il doit s’aider et on va l’aider à ce qu’il soit un meilleur joueur. C’est arrivé ce soir.

Claude Julien sur Jonathan Drouin

C’est un discours qu’a tenu mot pour mot Julien l’année dernière à propos du même joueur.

Aide-toi et le ciel t’aidera, Jonathan. Le ciel, ici personnifié par Claude Julien, a été clément samedi soir et l’a récompensé de 23 min 46 s de temps de jeu.

Le plus haut total de ses 81 matchs joués avec le Tricolore. Ce n’est pas la première fois qu’on voit le jeune ailier gauche voler sur la glace, créer des revirements, s’inspirer des clameurs de la foule et faire étalage de son immense talent.

Le salut de son équipe pourrait être déterminé par la constance de ces prestations inspirées.

Après le pot, les fleurs

Phillip Danault est assez bon pour se flageller.

« Je suis très, très dur envers moi-même », a-t-il rappelé dans un vestiaire particulièrement festif.

On le croit sur parole. Il s’était accusé de tous les maux de la Terre à l’entraînement vendredi, déçu de son misérable 8 % dans le cercle des mises au jeu (1 en 13) et de sa confrontation perdue face au trio d’Anze Kopitar.

Danault, et ses ailiers Brendan Gallagher et Tatar, ont fait amende honorable.

Phillip Danault (à gauche) et Sidney CrosbyPhillip Danault (à gauche) et Sidney Crosby Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Le premier tiers terminé, le CH n’avait toujours pas marqué après quatre périodes au Centre Bell cette saison. Il traînait de l’arrière par deux buts contre Pittsburgh.

Dès l’entame de la deuxième, le trio du Canadien a renversé la vapeur.

Le centre de 25 ans a remporté la mise au jeu contre Sidney Crosby, l'équipe a attaqué, petit bond favorable et Tatar en a profité pour inscrire son premier but dans son nouvel uniforme.

« On a la chance de démontrer notre caractère et notre leadership, s’est exclamé Danault en parlant de son trio. Ça allait quand même bien et il nous manquait juste une petite étincelle. »

Il l’a déclenchée. Ce but était le premier de trois réussis en 8:40.

« On va avoir des matchs difficiles. Mais il n’y a pas d’excuses. On a affronté Kopitar (jeudi soir) et on a été surclassé. Ce soir, contre Crosby, ils ont eu leurs moments. C’est un trio qui va avoir ses chances, mais on a senti qu’on avait vraiment fait un bon travail contre ces gars-là », a ajouté Gallagher.

Danault souhaitait ardemment connaître une meilleure soirée pour ce qui est des mises au jeu. Il a terminé avec un taux de succès de 60 % (15 en 25) et en a fait baver au 87 des Penguins qui s’est contenté d’un maigre taux de 36 %, pas tout à fait dans ses habitudes.

L’attirail du joueur du match

On vous mentirait si on vous disait que Tatar avait fière allure avec sa cape en fourrure jetée négligemment sur ses épaules. Le nouvel objet récompense le joueur du match. Et le Slovaque ne l’a pas volé avec ses trois points.

« Je pense que c’est tiré de Harry Potter », a-t-il dit.

« C’est de Game of Thrones », a répondu Gallagher, en spécifiant qu’il n’a regardé ni l’un ni l’autre.

Question mode, il fallait absolument savoir qui avait déniché ce tissu unique.

« On l’a pris à Claude », a lancé Drouin, facétieux.

Merci, mais on va poursuivre l’enquête.

« Webby l’a trouvé, a renchéri le petit numéro 11. Voilà.

« Il pensait certainement la gagner souvent lui-même parce que c’est immense. Je ne sais pas si les petits joueurs de notre équipe vont pouvoir la mettre. C’est intéressant… disons que ce n’est pas quelque chose que je porterais. »

Pour l’instant…

En rafale

Xavier Ouellet a offert une performance quasiment sans faille. Il a été le troisième défenseur pour le temps sur la glace (18:16) après Mike Reilly et Jeff Petry. Et il a affronté tous les trios.

Il a même dirigé cinq tirs au filet. Le défenseur est d’ailleurs très habile pour éviter de frapper avec la rondelle les couvreurs qui foncent sur lui à la ligne bleue.

« J’essaie de bien faire à chaque match. C’est la mentalité qu’on essaie d’amener cette année. Chaque présence, chaque match, il faut toujours se présenter », a fait valoir Ouellet.

« Une chose avec Xavier, il compétitionne très fort à tous les matchs. On voit de temps en temps des erreurs ici et là comme tout le monde. Mais son éthique de travail, c’est ce qui lui donne la chance de jouer dans la Ligue nationale. C’est un atout que plusieurs joueurs n’ont pas à tous les matchs. Lui l’a. Il nous le donne et on en a besoin », a ajouté son entraîneur.

Malgré un but plutôt chanceux, pratiquement marqué de l’arrière du filet, le Canadien a terminé la soirée 1 en 6 en avantage numérique.

Ça semble moins important, car le Tricolore a signé la victoire, mais son inertie dans cette facette du jeu aurait pu lui coûter cher. Il a obtenu un cinq contre trois de 1:49 en fin de deuxième période et n’a dirigé qu’un seul tir au filet.

Ça a été tout aussi difficile lorsqu’un inespéré quatre contre trois s’est présenté en prolongation : incapable de menacer sérieusement la cage de Casey DeSmith.

Montréal affiche un rendement de 11,76 % en quatre matchs. C’est bien peu.

Le défenseur des Penguins Justin Schultz a quitté la rencontre au premier vingt. Il est mal tombé sur sa jambe gauche après une mise en échec anodine de Tomas Plekanec.

En l’absence d’un des bons arrières de la brigade, Kristopher Letang s’est taillé la part du lion. Il a joué 31:40, a marqué un but, amassé une passe, frappé un poteau, distribué quatre grosses mises en échec et annihilé plusieurs attaques du CH, dont un trois contre un.

Soyons honnête, ils n’étaient pas nombreux à donner cher de la peau du Canadien pour les quatre premières parties de l’année. Un voyage de deux matchs à Toronto et Pittsburgh et un retour à Montréal contre les gros Kings et à nouveau la bande à Crosby.

Avec une fiche de 2-1-1, il s’en tire avec cinq points.

« C’est une preuve que le système fonctionne et qu’il faut continuer à y croire. Que ce soit contre une moins bonne équipe ou une excellente équipe, ça ne change rien, il faut continuer à rester calme et à le respecter », a estimé Danault.

« On a travaillé fort pour aller chercher ces cinq points. D’un autre côté, j’exige et j’espère que les joueurs exigent d’eux-mêmes davantage. On en veut plus. On doit rester affamés », a conclu l’entraîneur.

Le ton, comme le spectacle sur la glace, a bien changé en ce début de saison.

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