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Lance Stroll ou la sérénité de savoir où l'on va

Lance Stroll met son casque.
Lance Stroll Photo: Getty Images / Charles Coates
Radio-Canada

Le circuit de Suzuka lui a permis de revivre cette sensation grisante de faire corps avec sa machine plutôt que de se battre avec elle, mais la sérénité de Lance Stroll en terre nippone venait surtout du fait que le moment approche où il pourra enfin commencer à parler de 2019.

La nomination de George Russell comme titulaire en 2019, annoncée vendredi par l'équipe Williams, confirme le transfert attendu de Lance Stroll à Racing Point (anciennement Force India).

L’annonce est imminente et l’équipe Force India pourrait profiter du Grand Prix du Mexique pour annoncer le renouvellement du contrat de Sergio Pérez, qui sera chez lui, et du même coup l’arrivée du Québécois.

C’est donc à la fin du mois d’octobre qu’on saura ce que Lance Stroll fera en 2019.

Alors, d'ici là, et dans les quatre courses à disputer, il s'est donné comme ambition de prendre le maximum de notes dans le garage de Williams et en piste, pour les emporter avec lui dans sa nouvelle équipe l’an prochain.

Et il a noirci quelques pages à Suzuka. Avec une 17e place à l'arrivée, il serait facile de conclure qu’il est passé à côté de son week-end nippon. Mais Stroll a cette faculté analytique d’aller chercher le meilleur du pire.

Lance Stroll sur le circuit de SuzukaLance Stroll sur le circuit de Suzuka Photo : Getty Images / Clive Mason

De son dernier week-end de course, il retiendra surtout son tour de qualification sur un circuit à l'ancienne, tout en courbes et en rythme où le pied ne fait qu'effleurer le frein plutôt que de l'écraser dans un virage à 90 degrés.

Pour une rare fois cette saison, le pilote canadien a senti la voiture « prendre vie ». C’est l’expression qu’il a utilisée en anglais : « when the car comes alive ».

Les sites spécialisés lui ont donné une note de 6 sur 10. Le Québécois a en effet rappelé à tous ses qualités sur un tour dans une voiture en configuration de qualification. Marquer 6 points en un tour, faut le faire.

« Donnons-lui tout le crédit pour son tour qui lui a permis d’avancer en Q2. Un rare moment d’éclaircie dans une saison bien sombre », écrit le réseau britannique Sky Sports.

Mais il a commis une erreur – rare – dans le premier tour, un écart de conduite dans la courbe rapide 130 R qui l'a déporté et ralenti, et qui a permis à la McLaren de Fernando Alonso de revenir à sa hauteur.

S’en est suivi un léger contact qui a ruiné la course du Québécois, pénalisé de 5 secondes et relégué en dernière position.

Invité à expliquer sa version des faits à la direction de course, il a dit que son geste n'était en rien intentionnel, qu'il n'avait pas vu la McLaren à sa hauteur (elle ne l'était pas, mais plutôt dans son angle mort).

Les conclusions et les leçons de cet incident sont dans son calepin de notes.

Lance Stroll trop large dans la courbe 130R, Fernando Alonso tente de passer au freinage, mais le Québécois reprend sa trajectoire et le touche. Alonso sort de piste.Lance Stroll trop large dans la courbe 130R, Fernando Alonso tente de passer au freinage, mais le Québécois reprend sa trajectoire et le touche. Alonso sort de piste. Photo : TSN

Lance Stroll a troqué l'ambition de « s’inscrire au pointage » pour l'ambition d'ajouter à son jeune bagage. Ainsi, il pourra mieux s’exprimer quand la voiture sera plus performante, comprenez la voiture 2019 de Racing Point.

Faire aussi bien qu'Esteban

Quand on regarde les résultats d’Esteban Ocon, qui finit régulièrement dans le top 10, 9e à Sotchi et à Suzuka, on se met à rêver que Stroll fera forcément un bond en avant en 2019.

Le Français n’a-t-il pas déjà marqué 49 points depuis le début de la saison, avec encore 4 courses à disputer?

Ce n’est pas garanti que Racing Point construira une voiture aussi performante que la VJM11 de Force India cette saison.

Jacques Villeneuve en Allemagne en 1998 dans la Williams FW20Jacques Villeneuve en Allemagne en 1998 dans la Williams FW20 Photo : Getty Images / Bongarts

Pensez à la Williams FW20 de Jacques Villeneuve en 1998 qui ne lui a donné que deux podiums. Retour brutal sur terre après avoir gagné le titre l'année précédente. Mais Villeneuve savait que son ami et gérant Craig Pollock coulait les fondations de son équipe (British American Racing) après avoir racheté l'équipe Tyrrell, et qu'il ferait partie de l'aventure.

Sans boule de cristal

Lance Stroll sait qu'il fera partie de l'aventure de Racing Point, mais il ne sait pas si la voiture de 2019 sera meilleure que celle de cette saison.

La seule chose dont on est certain, c’est que la nouvelle voiture de 2019 de Racing Point que dirige le consortium de Lawrence Stroll ne s’appellera pas VJM12, puisque les lettres VJM représentaient les initiales de l’ancien propriétaire Vijay Mallya.

Stroll se croise les doigts pour que 2019 soit meilleure que 2018. Mais dans sa façon de mettre les choses en perspective lors des entrevues, on comprend qu'il sait qu'il sera en piste en 2019, alors que son bon ami Esteban Ocon sera son coéquipier et le regardera du muret, dans son rôle de troisième pilote de l’équipe.

Lance Stroll doit être fatigué de répéter le même discours. Depuis la fin de la pause estivale à Spa-Francorchamps, il affirme invariablement : « Je vis dans le présent, et j’y vais course par course ».

Vivement qu’il puisse se projeter en 2019.

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